‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 242 sur 514 · FL. JOSEPH; L'ANTIQUITÉ JUIVE · texte numérisé non relu

FL. JOSEPH; L'ANTIQUITÉ JUIVE

mciliocro, très inférieur aux éloquents écrits de Philon surlcuièincsujet. Pour que ce livre révélât vraiment la Judée au monde g;réco-romain, il eût été nécessaire que l'auteur eût eu plus fortement conscience du grand rôle que la tradition juive était appelée à jouer dansl'liistoire de l'humanité. Joseph, quoique intelligent et croyant, était un esprit trop positif, trop attaché aux choses présentes, pour être capable de ces larges vues. U fallait interpréter la Bible eu penseur et en poète : il s'est conlenlé de ta transcrire en chroniqueur >. — Heureusement, cette insuffisance cesse dès qu'il n'est plus enchaîné à un texte vénéré, et voilà pourquoi les derniers livres de l'ouvrage sont pour nous très supérieurs aux premiers. Lorsque Joseph redevient vraiment historien, il retrouve ses qualités. Le caractère et la politique d'Ilérode le Grand sont bien étudiés et bien exposés. Le narrateur est un homme de sens, qui comprend les affaires et la politique, qui connaît les passions humaines, sait démêler les intrigues et mettre en lumière les motifs des actions. Son récit, bien qu'un peu long, a du mouvement, parce qu'il est conduit avec ordre et marche constamment ïk sa fm; et les tragédies de palais, causées par l'humeur soupçonneuse et jalouse du vieux roi, en rompent dramatiquement la monotonie. Ilérodo el Mariamne, Antipater et les fils de Mariamne, sont des figures vivantes, qui ont été presque populaires chez nous au xvii* siècle, grâce à l'influence du théâtre, inspiré par riiistorien juif '. En outre, cette partie de l'ou-

1. Sa pensée dominante eal de dùmontrer que Dieu rérinnppnse matériellemenl ceux qui lui sont llilélca et punil ceux qui l'oublieot : voilà, selon lui, la priucipale lC(on ft tirer de ce qu'il rteonte (Prâface, cb. til).

1 C'est au XVIII* 1. de V Antiquité juive (cti. ii[. (3) que sa trouve le paEsago célèbre sur Jt^aus. Ces quolquea lignes, qui ne sa rattachent ni & ce qui précède, ni à ce qui suit, aemtilent résulter du mélange de plusieurs interpolations Buperposéaa, — 1,'Aniiiiuilé

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442 CUAPITRe II. — D'AUGUSTE A DOMITIEN vrago do Joseph nous fournît les renseignements les plus intéressants sur l'histoire morale et religieuse de la Judée, depuis le temps des Asmon^ens jusqu'à celui do l'auteur, c'est-à-diro dans la pérîodo de eod existence où elle s'est le plus transformée. C'est parlai surtout <^uo nous connaissons d'une fa^on précise les Pharisicna, les Sadducéens, les Esséuions. 11 est vrai qu'on a pu lui reprocher avec raison de chercher à «helléniser ses compatriotes ' ». La remarque est excellente, et elle indique bien en quel sens les informations qu'il donne doivent être en quelque sorte transposéet. Il n'eo est pas moins vrai que, sans lui, touto une partie notablb des antécédents judaïques du christianisme serait presque inintelligible pournous.

En achevant son Antiquité juive, Joscplt annonçait l'întentioD de composer un ouvrage en quatre livres Sur Dieu et son essence et sur les lois {nejii Cwù xaî ttiç oûsuf otâToÙ xat! Tiapi TiSv vî[Mi>v) '. Cet ouvrage n'a prohablemcDt pas été écrit. Ce qui semble en avoir ompéclié la composition, ce fut l'incrédulité soulevée par les récits de l'Antiquité juive. Le public gréco-romain avait son opinion faite sur les Juifs, et il acceptait légèrement l>eaucoup de calomnies sur leur compte : tout ce que Joseph racontait, d'après la Bible, des origines du peuple élu, do la vocation d'Abraham, de la captivité on Egypte et de l'exode, était naturellement accueilli comme un tissu do fables. Étonné sans doute et afOigé de ce jugement sommaire, notre historien comprit qu'il ne eufûsait pas àunhommo de sa race do raconter pour être cru, mais qu'il était encore obligé do raisonner et

juive lut traduite eu lalin an ti* siècle par ordre da Cassiodore, avec les deux livres coDtre Apiou : cette version est veone jusqu'à

i. Benan, lllit. du peapU d'iiraël, t. V, p. 6S. t. Anliq. juive, 1. XX, cb. Xii, ÛD.

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