ANTHOLOGIE DE PHILIPPE
rhétorique, spécialement de la rhétorique asiatique, en opposition avec l'art rafQné des Alexandrins. C'est peutêtre même pour nous l'intérêt principal de cette anthologie do Philippe, que de montrer très vivement cette réaction, qui caractérise un temps nouveau.
Antipalros ', né à Thcssalonique comme Philippe, vécut sous le règne d'Auguste et passa probablement une partie de sa vie à Rome. 11 eut pour prolecteur L. Calpurnius Pison, consul en l'an ti avant J. C; parmi ses épigrammcB, la dernière à laquelle on puisse assigner une date fut adressée au roi Cotys après l'an 12 de notre ère *. Antipalros était un improvisalour. Une curieuse épigramme (Anth. Pat. vu, 409) nous montre en lui un admirateur passionné de cet Antimaquo, que le goût exigeant d'Alexandrie avait autrefois décrié par la bouche de Callimaquc. Ses propres poésies semblent dénoter un travail rapide. Il aime les pointes, qui plaisaient tant à tout un groupe de rhéteurs asiatiques; «on style est d'ailleurs banal, nourri d'emprunts, peu personnel. Dans ic choix de ses sujets, il s'inspire volontiers de Léonidas de Tarenle et de son homonyme Antipalros de Sidon. Aalipliile de Byzancc *, vécut, comme Antipalros, sous le règne d'Augusle. Les cinquante épigrammes qui portent son nom dénotent un art prétentieux et médiocre; des combinaisons de mois, au lieu d'impressions vraies, une vaine rhétorique, dissimulant la pauvreté de la poésie *.
Crinagoras deMilylène * est, lui aussi, un contempo-
1. Pitul;-WiBsow&, Anlipatrot, 23. CF. Anthol. Jacobs, t. XIII, p. BiS.
1 Anlhol. Pianudea, TS.
3. Panly-WiBsowa, AniiphUot. t. Cf. Anthol. Jacobs, XIII p. S51.
i. Voir par exemple l'ôpigr.XII, où la poète veut dépeindre l'ombrage d'un châne : cela n'oat ni vu ni aenti. Ne compare-t-ll pas le Maverl de l'arbre à un toit de briques T
5. Anthol., Jacobs, t. XIII. p. 876. Strabon, XIII. 918. — Ëditioa
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rain d'Auguste; et nous voyons par sosépigramincs qu'il fut en relations avec la famille impériale. Plus poète qu'Antipatros et qu'Antiphile, plus sensible et plus délicat, il est souvent, comme euxj contourné, obscur, et il se travaille, comme eux, à poursuivre de vaines antithèses.
D'autres poètes de la même période, que Philippe n'a pas nommés ou qui lui sont postérieurs, figurent aussi dans l'Anthologie : Archias, le client de Cicéron dont il a été question plus haut, l'historien Théophane, ami de Pompée, Alphéc de Mitylène et Thallos de Milel, contemporains d'Auguste, LolUus Bassus, sous Tibère, Gsctulius, sous Caligula, Léonidas d'Alexandrie, Erykios de Cyzique, Lucilius, contemporains de >éron. Aucun d'eux n'a d'originalité bien marquée.
Lesgenresdramatiques sont particulièrement déhissés au premier siècle. Nicolas de Damiis nous dit bien, dans son autobiographie, qu'il avait composé en sa jeunesse des tragédies et des comédies. Mais il est clair qu'il s'agit là de jeux de lettré, qui n'eurent et ne pouvaient avoir aucun retentissement. Nous savons pourtant qu'on jouait, alors, encore des tragédies grecques, même en ftalie 1. C'étaient presque sûrement des tragédies anciennes; nulle part, il n'est question de tragédies nouvelles alors mises à la scène, ni d'aucun poète tragique contemporain ' . D'ailleurs le succès croissant des pantomimeB
spùciale ; Crinagoras Mitylenxu», Epigrammata, de Rubensobn, Berlin, ISSS.
1. Ilaigh, The tragic drama of the Gretki, p. 456. — Suet.. Jnl-, 39. Octave, ii. Plutarque, B'-ulut, ch. xxi. Beprésentations tou Claude. Diou Casaius, lx, 29. Reprâsentatioas privées ordonnées par NâroD, où rien nobles RomaÏDS sont obligés de jouer en grec, Tac, Ann., xiv, IS.
t. Faisons exception pour le premier des PttiloGtrale, ceini qui. au dire de Suidas, vivait sous Néron. Le même biographe lui attribue t3 tragédies et 14 comédiea. Mai^.il va sans dire qu'il s'a-
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