‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 274 sur 514 · FAVORINUS · texte numérisé non relu

FAVORINUS

bien que lui-mvine se donnât surtout pour philosophe '. Si l'on néglige certaines fantaisies oratoires qui le rattacheraient à la sophistique pure, Éloge de Thersîte, Éloge de la fièvre quarte, Apologie des Gladiateurs, q\c , ses principaux ouvrages étaient un recueil intitulé Recherches sur toute sorte de choses {llavToSotirâ icTO^;ia). des Mihitoires, ('A^O[iviif«)ve'ijJLaTx), dt^s Discours pijrrhoniens (ri'jppùvïioi iG^ot), un écrit Sur les Perceptions adéquates (IIeoL ta; xaTa^ïi-TUÀ; çxvrxcistî), enfin quelques dialologues philosophiques, notamment : le Plulargue Isur l'état d'esprit conforme à la vraie doctrine de l'Académie) ; — un entretien entre Épiclète et Onésimo, esclave de Plularque, contre le stoïcisme, écrit que (lalieu réfuta plus tard; — un Alcihiade, relatif aussi à la doctrine de l'Acadéinic. De plus, on lui attribue avec grande vraisemblance le Discours auj: Corinthiens qui figuro à tort dans les œuvres de Dion Chrysostome.

Les Recherches étaient distribuées en vingt-quatre livres, notés par les lettres de l'alphabet*. C'était un répertoire d'érudition, dont Photius vante la commodité, et qui fut abrégé au vi* siècle, scion son témoignage, parle sophiste Sopatros d'Apamée ^ — Les Mémoires, en cinq livres au moins, ont été mis à profit par Diogèno Laerce dans ses Vies des philosophes. Comme cet auteur est le seul qui les cite, on ne saurait décider s'ils se rapportaient uniquement à l'histoire de la philosophie ou s'ils embrassaient un domaine plus étendu. — Les Discours pyrrkoniens étaient distribués en dix livres, chaque livre se rapportant à l'étude d'un des dix tropes

t. AulQ-Gelle, IV, t. It.

t. Photius, cod. IGl ; texte mal compris par C. MttUer, dont l'erreur a âté corrigée par Marres, ouv. cité, p. 17. '

3. On a prâtendu, mais à tort, que la navrotanii tnopi'si avait rourni à AlhéDâe la substance de son Banquet dettopliûlea(Radûlii\i, Uiptiger Sludien, III, 109 sqq ; Phitol., Suppl. VI, 111 sqq.l. Celle Opinion doit être abandonnée. Voir Bapp, Uifz. St., YIII, ISl.

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d'j-Enésidènie. Favoriiius s'y montrait fidèle à la doctrine sceptique d'Arcésilâs. Il cnumérait toutes les raisons de douter que le scepticisme avait peu à peu amassées, pour conclure enfin que la vraie sagesse consistait à suspendre son jugement '.

Si incomplète que soit notre connaissance de ce personnage curieux, elle a sa valeur pour achever l'idée que nous avons à nous faire de la société de ce temps. S'ul ne laisse mieux voir que lui ce qu'il y avait au fond d'artificiel et de vain dans la renaissance de l'hellénisme que nous étudions en ce moment. La fausse science, la frivolité, l'abus des souvenirs, la virtuosité frivole y apparaissaient bien vite, derrière tout ce qui se faisait admirer. Philosophie à la surface, vanité au fond. Quelques natures d'élite, sérieusement occupées des queutions morales, mais d'ailleurs dénuées de méthodes scientifiques ; et, autour d'elles, une foule sans direction d'idées, sans goût de recherches, sans volonté sérieuse, se laissant amuser, écoutant indifTéremmcnt les muralistes et les beaux parleurs, en un mot faite pour remplir les auditoires des rhéteurs à la mode. Voyons à présent comment la sophistique se développait alors sur ce terrain si bien approprié.

I. Voir, sur 1(! Bccplicisme (ie Fiivorinus, Zeller, l'Ml'. der Gr. (. V, |i. 66 et suiv. (3* ùditionï.

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