‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 278 sur 514 · Philostrate, Y. S., 1, iô ; Suidas, noyi^iuv Aa»SiMv · texte numérisé non relu

Philostrate, Y. S., 1, iô ; Suidas, noyi^iuv Aa»SiMv

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PRINCIPAUX SOPHISTES DU SECOND SIÈCLE 553 ^uratioD de l'Olympieion, qui venait d'èlrc achevé. Par son faste, par les honneurs qui l'entouraient , Polémon jeta sur la profession de sophiste un éclat encore inconnu. Toute l'Asie grecque se passionna pour son éloquence. Son prodigieux talent d'improvisation, la véhémence de sa parole, la puissance de sa voix, la force dramatique de son action, soulevaieotdcs applaudissements enthousiastes. On croyait voir et entendre en lui un autre Démosth%ne. 11 fut, sous Adrien et Antonin, la gloire de Smyrne, qui se montrait presque aussi fifere de lui que du souvenir d'Homère. Un grand nombre de ses discours avaient été publiés; Philostrate les mentionne, de manière à montrer qu'il les avait lus. Deux seulement sont venus jusqu'à nous <. Ce sont deux plaidoyers contradictoires dans une cause imaginaire, dont voici la donnée. Une loi d'Athènes ordonne que le père du combattaol qui sera tombé le plus glorieusement sur le champ de bataille prononce l'oraison funèbre des guerriers morts pour la patrie. Après la bataille de Marathon, le père du polémarque Callimaque el celui de Cynégyre se disputent cet honneur '. Si curieux que soient ces doux morceaux comme monuments' do l'éloquence du temps, il est impossible aujourd'hui à un homme de sens do lire sans déguât des pages où tout l'effort d'un esprit singulièrement inventif et exercé n'aboutit qu'a de sottes an-

I. Od les trouve, joints à divers autresouvrages. dans pluaionre mas. de Florence, de Rome et do Paris, qui semLleat tous dériver d'un même archétype. Le Laureatianui 56, 1 (\in' Bicclc!) iiat celui qui s'en rapproche le plus. Ces deux déclamalions ont ôtii éditées par Henri EslieDoe (1567), Prevosteau (Paris, l5Hâ), l'ossin (Toulouse, I63T), Orelli (Leipzig, IS19). Nous en avons aujourd'hui uoe éJition ci-ili<]ue, due à Hugo Hinck (Leipzig, 1873), dans la Bibliotb. Teubner. Voir aussi H. Jûttner, De Potemoni» vila, optribM, arte, Breslau, 1398.

S. On cilc souvent CCS discours sous le titre de Ora'aom funfbre» de Callimaque el de Cynégyre. et le Laurenlianus 56, I les ((ualilje de '£ic;Tipia(. Cette désignation est manifuslomcnt inexacte. Ce sont des discours judiciaires, par conséquent des plaidoyers.

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bô\ CIIAP.IV. — SOPIIISTIOUB SOUS LES AXTONIN'S tilhèseï, à (les jeux d'espril rùlicules, à des fanfaronnades ol à des hyperboles enfanlinos.

Un peu plus jeune que Polémon, Hérode Atlicus ' surpassa en côlébrité lous les sophislos do ce temps. Nô vers 103, à Maralhon, d'une illustre famille alhénienne, il dut à son père Atticus, avec une immense fortune, le goât passionné do l'éloquence. Ses maîtres furent Scopclien et Favorinus; plus tard, il entendit Polémon et profita de SCS exemples, mais il ne fut jamais son élève à proprement parler. Dès le temps d'Adrien, il occupa d'importantes fonctions publiques; ce prince lui donna la surveillance sur tes villes libres d'Asie, au temps uù Antonin était gouverneur de cette province. Malgré un différend qui s'était produit entre eux, Antonin, devenu empereur, lui conféra la dignité consulaire en 143. Nous ne savons pas au juste en quel temps il séjourna à Rome, mais il est certain qu'il s'y ût applaudir comme improvisateur'. Parvenu, jeune encore, au faîte dos honneurS: il devint le bienfaiteur de la Grèce et en particulier d'A' thènes. Ses libéralités étaient immenses; les monuments qu'il éleva excitaient l'admiration universelle. Parmi les plus célèbres, citons le Stade de l'Ilissos et l'Odéon Malgré ses largesses, il eut des ennemis qui l'attaqué' rent violemment auprès de l'empereur Marc-Aurèle, sans réussir h lui faire perdre la faveur do ce prince. U vécut sous son règne, comme il avait vécu sous celui d'Antonin, soit à Athènes même, soit, en été, dans sa magnifique villa de Kophisia', partageant son temps entre les exercices professionnels, l'enseignement de son art

1. Pbiloslrate, Y. S., If, 1. SuiJas, ■H(.uiir,î. — Vidal Lablache, Uifrode AUicas. Paris, 1872.

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