Philoalr., V.dti Soph., 1, c. U
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DIVERSES t;SPlii:iiS DE DISCOURS 5Gj
ralion, de remerciement, de félicitalions, adressés aux grands personnages ou débiles devant eux. Unedes plus célèbres lut celle que Polémon prononça devant Adrien pour rinaug;uration de l'Olympieîon d'Athènes, acbcvé par ce prince. « L'Empereur, nous dit Pbiloslrate ', » cbargea Polémon dcclianterl'bymne après le sacrilice » ((çufiv/îcxi T/iôixîîsf). Etlui, selon sa coutume, arrèlant •» d'abord ses regards sur les pensées qui déjà se pré- » sentaient à son esprit, s'abandonna ensuite aux dis- » cours (î-ocpT.xsvêïUTCiVTûXtyf!))- Debout sur le seuil du » temple, il exprima en abondance des pensées admirait blcs, tirant son oxordc de cette idée, que l'inspiration » dont il était plein ne pouvait venir que d'un dieu. »
Une sorte de contrefaçon plaisante do ces éloges, qui eut grand succès dans les écoles du temps, fut le genre des compositions dites paradoxales, telles que l'Éloge du perroquet, VÈloge de la mouche, simples jeux d'esprit qui nous paraissent puérils, mais qui donnaient à un public frivole le plaisir, très vif pour lui, d'admirer les ressources d'invention et les gentillesses inépuisables des artistes en discours qu'il aimait le plus.
Aux MeVtx'., dont la définition même impliquait la recherche del'effel et qui reposaient sur une liclion bistorique ou juridique, s'opposait le genre de la AidD^^i;, qui avait quelque chose de moins apprêté dans la forme, puisque l'orateur, au lieu do jouer un rôle convenu, y parlait en son propre nom. Le sophiste qui voulaitdonner une séance oratoire cornment;ait en général par une sorte de petit discours d'introduction, dans lequel il se présentait au public et cticrchait à gagner sa bienveillance. C'était une $tx>a;i;. Il nous en reste un certain nombre de cegenre dans les œuvres de \.\icie\\{Hérodote,Zeuxis, le Sct/.'/te, Bacchus). Le ton en est familier, l'invention
i. Y.deiSopl,..l,c. 25.3.
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666 CHAP. IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONINS agréable et parfois à demi plaisante; c'était en quelque sorte un lever do rideau, la petite pièce avant la trag;édie. En raison de ce caractère, on les appelait aussi caztseries (Xojkui, irpojLoXixi), nomsquî furent ensuite appliqués par extension à d'autres genres do discours.
Mais si la ^uc^cÇi; n'était pour les rhéteurs qu'un prélude, elle était tout pour les philosophes qui ensei* gnaicnt à la façon des sophistes. Eux n'inventaient pas de causes fictives, ils no jouaient pas les Xerxès ni les Thémistocle; ils venaient traiter devant le même public des sujets de morale. Leurs discours, appelés SutXé- ^nç, étaient proprement ce que nous nommons des Conférences. Le recueil de Dion Chrysostomc, dont nous avons parlé plus haut, celui de Maxime de Tyr, sur lequel nous reviendrons plus loin, peuvent donner une id^ assez complète du genre en lui-même et des variétés qu'il comportait. Pour quelques philosophes beauxesprits, dont Maxime de Tyr peut être considéré comme le type, la philosophie n'était guère qu'un prétexte, et leur auditoire n« différait pas sensiblement de ceux des sophistes. Déjà, au siècle précédent, le stoïcien Musonius en connaissait de tels, et Aulu-Gelle nous a conservé la vive critique qu'il faisait d'eux. « Lorsqu'un » philosophe, disait-il, exhorte, convertit, conseille, » réprimande, ou en général donne un enseignement » quelconque, si ses auditeurs lui prodiguent, d'un » coeur léger et libre, des louanges banales, si même » ils poussent des cris, s'agitent comme Irajisportés, » si les gricesde sa voix et les modulations de ses phra- 9 ses les émeuvent et les mettent hors d'eux-mêmes, sait chee que celui qui parle et ceux qui écoutent perdent > également leur temps; ce n'est pas un philosophe qui » parle, c'est un joueur de flûte qui se fait entendre ^ »