I. PUiloslrate, V. d. S., I, c
*. Ibid.. c. 21, 8. Cf. c. as, 1, Pulùinoii : II).,[oTOu Ei i;n>; tj ndl
3. Ibld., C. SI, S -, Scopjlion : 111;/,!! lï xiL 1; ;o-i; Sf,|io'..i iv!,^(-,i,>
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ô70 CtlAP. IV. — SOPHISTIQUE SOUS LESANTONINS Outre les discours, les sophistes cultivaient un certain nombre do genres littéraires qui servaient d'exercices aux écoliers dans les écoles, et dont les maîtres se plaisaient à donner des modèles. Ainsi les lettres el les descriptions. Il suffît de les indiquer ici ; nous aurons l'occasion d'y revenir plus loin, à propos de quelques écrivains qui s'y sont fait une notoriété.
La faveur que les hommes do ce temps accordaient à ce qui leur paraissait être l'éloquence ne se marquait pas seulement par leur empressement à applaudir les orateurs à la mode. La sophistique fut considérée par eux comme une des choses nécessaires à la vie sociale, cl ils prirent leurs mesures pour en assurer le développement ■. Les premières écoles qui acquirent une large réputation lors de la renaissance de l'éloquence grecque, celles desNikétès, <!eslsée,des Scopélien, semblent avoir été des écoles purement privées. Mais bientôt les villes voulurent en avoir de publiques, avec des professeurs salariés. Faute de documents précis sur ce point, nous en sommes réduits à quelques faits incomplètement éclaircis. Nous savons par exemple qu'Antonin le Pieux accorda aux rhéteurs dans lesprovinces, non seulement des privilèges, mais des traitements, probablement payés sur les revenus des villes et complétés, en cas d'insuffisance, sur les fonda du Dsc impérial '. C'est ainsi sans doute que Lollianos, comme nous l'avons vu plus haut, occupa le premier la chaire do sophistique d'Athènes'. Un peu plus tard, en 176, Marc-Aurèle créa, dans la
1. L(^s Sophistes en renom se faisaient payer Tort cher. Philostrato (V. Saph,,Il. S3, 3) nous apprend que Damianos d'Épbèsopaya dis mille francs à Aristide et autant à Adrien de Tyr pour suivra leurs lG<:ons.
2. Jul, Capitol-, Anlon. Fias, II. 3. Voir Hertiberg, Hisl. dr la Gi-èce loia ladoin. rom.. trail. Botiché-Leclercq, t. Il, p.3Si. note i.
3. Chaire muni ci pâte, qui subsista ensuite àcdté de la chaire iiO' périalo : on l'appelait û noXti^xà: «piva; (Phil., V. Soph., II, 20, ob l'on voit que les honoraires étaient d'un talent.)
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SOCCÈS ET MŒUKS DLS SOPHISTES 571 môme ville, une chaire impériale pour le même enseignemenl; et il y appela un des disciples d'Hvrode Attious, Théodoto'. Partout, d'ailleurs, soit à Rome, soit dans ses voyages, il témoignait le plus vif intérêt aux sophistes en renom; ii allait les entendre et les comhlait de présents '. Ce fut prohablement lui aussi qui institua & Aome la chaire de rhétorique grecque, où parurent successivement Philagrios de Cilicie et Adrien de Tyr '. Il faut ajouter à cela que l'administration impériale offrait aux heaux esprits un certain nombre de places recherchées soit dans la chancellerie, soit dans certains offices judiciaires *,
Ainsi encouragés par l'opinion publique, par les villes et par l'État, les sophistes devinrent, dans le cours du semod siècle, une classe d'hommes singulièrement en vue, dont la vanité dépassa quelquefois toute mesure. Parmi ceux dont Phitostrate a raconté la vie, les plus illustres, les Scopélien, tes Polémon, les llérode Attieus, donnèrent tous des preuves d'un orgueil maladif. Quand Adrien de Tyr professait à Athènes, il paraissait dans sa chaire, vêtu des plus riches habits et chargé de pierres précieuses; il venait faire ses conférences sur un char dont les chevaux portaient des mors d'argent, et il s'en retournait ensuite chez lui comme un triomphateur, escorté par une fouie d'admirateurs qui affluaient de toutes les provinces grecques '. De telles fo-
t. Philoalr., V. Sop\., Il, i. Les hunoraircd élaienl de dix milla drachmes. Ibid. 11, 1.