‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 317 sur 514 · LA RHÉTORIQUE : HERMOGÈNE · texte numérisé non relu

LA RHÉTORIQUE : HERMOGÈNE

en quatre livres, dciiic à un certain Julius Marcus; l'auteur y étudie successivouicnt les ressources de l'invention oratoire dans les exordes (t. 1), dans les narrations (I. H), dans les preuves (1. 111), dans le style (1. IV). Un troisième écrit en deux livres, le plus connu de tous, traite des Espèces de style (Hepi ïSîùv). Ilermogène s'y est proposé une lâche qui lui paraissait nouvelle ', celle de déHnir chacune de ces espèces avec plus de précision qu'on ne l'avail fait encore, et, par conséquent, d'offrir les moyens de les produire toutes à volonté; il faut reconnaître qu'elles sont en ellel caractérisées et analysées par lui avec une subtilité remarquable. Les derniers chapitres contiennent une série d'appréciations critiques sur divers auteurs, qu'il cile en exemples. Enlin, cet ensemble se complète par un court traité, assez improprement intitulé Sur la méthode de l'éloguence (llept jte^Sou SitvÎTr.To;), qui contient en fait des notes passablement incohérentes sur diverses particularités du style oratoire .

Ce qui manque le plus à Hermogène, c'est l'esprit pliilosophique. Non seulement cet ensemble considérable n'est dominé par aucune vue générale, mais, dans le détail mêiiic, jamais le moindre effort pour remonter aux principes, pour ramener par exemple la rhétorique à la psychologie et à la logique, ou tout simplement pour synthétiser ses observations. Ses écrits, indistinctement, se réduisent à de simples recueils dcdétinitions, d'excm pies et de recettes. Son mérite propre, assez vain d'ailleurs, c'est la linesse dont il fait preuve dans les divisions et les distinctions. Malgré celte médiocrité, Her-

loriicl. Giieehen und Bàmer. Leipzig, 2» âJ. 1885 (abn'ig^e dans le Manuel d'Iwan Millier, t. IIj.

1. Ilip\ iSrûv, I, {p. 267 Spengel}: OJSi ^kp ïviiv £a:it «pô i,y.ùi ôaa l\ii TiviôoMiii îiî Ti-vîî tr,v r,(Up«v âxpiSiî ti Bïpi Toirioï «p«f[iartV0Hiie-

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inogène a eu dans les derniers siècles de l'hellénisme une réputation durable : toute la rhétorique pratique était comme condensée dans ses écrits sous une forme élé mentaire; il en devint le représentant par excellence. De siècle en siècle, les professeurs ne crurent pouvoir mieux faire que de répéter ce qu'il avait dit ou de le commenter. Citons, parmi ces commentateurs, le phrygien Métrophanès, de date inconnue, dont l'ouvrage est perdu ' ; le néoplatonicien Syrianos * et le sophiste Sopatros au v' siècle; les critiques Marcellînos, Troïlos, enfin plusieurs Byzantins, dont les plus connus sont Grégoire de Corinthe et Planude '. Cette longue popularité prouve simplement qu'Hermogène a contribué plus que personne à faire de la rhétorique, autrefois vivante, une scolastique immuable et stérile.

Les maîtres de rhétorique, qui étudiaient les méthodes du discours, avaient pour auxiliaires naturels les grammairiens, qui déterminaient les règles du langage, et les lexicographes, qui établissaient en quelque sorte ['état civil des mots. La grammaire et la lexicographie. Fort actives ausecond siècle sont aussi ence temps, l'une st l'autre, en rapports plus étroits que jamais avec la littérature.

La théorie grammaticale, comme ou l'a vu plus haut, semble être restée longtemps ce que l'avait faite Denya le Thrace au premier siècle avant notre ère. Au second iièclc seulement, un progrès important se produit avec iVpolIonios Dyscole et son fils Hérodien, probablement sous l'influence de la rhétorique et de ses méthodes d'analyse.

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