Pauly-Wissowa, art. cité
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AHRIEN ; L'HISTORIEN ET L'ÉCRIVAIN 671 raît un souci d'exactitude et un air de vérité qui fait bonne impression. Du reste, Arriea, comme ses auteurs, est manircsicment favorable à Alexandre, bien que son esprit de justice l'oblige aie blâmer quelquefois. Ce qu'il ne sait pas faire, c'est de réagir contre le préjugé hellénique, de façon à juger une telle entreprise d'un point de vue plus largement humain; et il n'a pas non plus toute la souplesse qui eût été nécessaire pour bien comprendre, dans ses inégalités cl dans, ses écarts, une nature aussi exceptionnelle que celle de son héros. Enfin toute la partie politique de l'entreprise n'est réellement qu'entrevue.
De même que la critique, l'art littéraire est chez lui de qualité moyenne. Un exposé clair et int6ressant, rapide sans l'être trop, bien ordonné, suflisaniment animé. Los récits de batailles sont d'un homme du métier, qui sait d'ailleurs se mettre à la portée de tous; les descriptions de pays cl d'itinéraircK ont quelque chose de dégagé, les personnages sont caractérisés surtout par leurs actions; s'ils ont peu de relief, la physionomie qui leur est prêtée semble en définitive assez juste. Ce sont là des mérites très estimables, qui rendront toujours le livre d'Arrien agréable cl utile. Mais la grande originalité lui faitdcfaut. Ni éclat de style, ni vivacité d'imagination, ni couleurs brillantes, ni mouvement entraînant, ni force de pensée ou de sentiment, rien en un mot de ce qui crée une supériorité dans l'art d'exprimer la vie par le langage. ¥A cette médiocrité est d'autant plus sensible qu'il s'agit d'une aventure héroïque, d'une sorte d'épopée rapide et brillante, qui, par sa nature même, semblait exiger plus impérieusement du narrateur des qualités dramatiques. Arrien n'avait aucun de ces dons exceptionnels, et l'apprentissage laborieux qu'il avait fait du métier d'écrivain n'avait pu lui donner qu'une remarquable habileté d'imitation.
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Sa langue est celle qu'il avait apprise dans les livres, un composé de tout ce que les écrivains classiques avaient autorisé. Visiblcmenl, il a beaucoup pratiqué Hérodote, Thucydide, Xénophon, et il écrit sous l'influence d'une sorte de réminiscence perpétuelle, sans qu'on puisse dire quel est celui de ses modèles auquel il s'altaclic le plus. Il use avec aisance d'une diction attique pure et correcte (sauf la petite part nécessaire des inadvertances), et il en tire bon parti. Entre tous les écrivains du temps, — si l'on met à pirt Lucien, dont l'originalité est tout autre, — il est un des meilleurs incontestablement, et il en a conscience '.Mais cela revient à dire simplement, qu'entre des imitateurs plus ou moins adroits, il est peut-être celui qui a eu le plus de goût, ie plus de naturel et le plus de sincérité.
Appien est tout à fait, par l'âge, un contemporain d'ArrIen : né, comme lui, dans les dernières années du premier siècle, il était déjà un homme âgé avant la fm du règne d'Antonin (mort en 161). Toutefois, par sa réputation d'écrivain, il lui «st un peu postérieur; car il ne composa probablement son histoire qu'à la fin du règne d'Antonin, ou même sous Marc-Aurèle. Ce que nous savons de sa vie se réduit à bien peu de chose ^. Il était d'Alexandrie, et ce fut là que, sous Trajan et Adrien probablement, il se fit une situation importante au barreau'. Plus tard, sans que nous puissions suivre en détail toute sa carrière, nous le trouvons
1. Voyez la phrase, très fière, qui lermine la préface de VEjTtidilion d'Alexandre. Ct, PholUis, cod. 92 fto.
i. PhotiuB, cod. 57. La notice de SuidaH ('AirKiovj;) ne contient qu'âne analyse très Incomplète de ï'Hiit. romaine, sans détails biographiques. Les seuls que nous poasàdions proviennent de la Préface d'Appien lui-même, ch. iv, et des Lettres de Fronton, citées plus loin. Consulter Pauly-Wissowa, Appianaa.
3. Pholius,cûd.LTii.'Hxiu«i31 lvTDTf](pdvoi( TpntEivoDxttl 'Alpixvoû.
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