Ces dcax A» Platon
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Du mémo fund de philosophie procède un des livres curieux do ce temps, celui (|ue le platonicien Celse avait écrit contre le christianisme., sous le titre d'Exposé de la vérité [Wtfi'r.i Wy»;). Nous ne connaissons rien de la personne ni de la vie de l'auteur '. Quant à son livre, bien (|ue perdu, il a pu être restitué en partie par les citations qu'en a faites Origënc en le réfutant *. Autant que nous pouvons encore en juger, c'était une œuvre de discussion acerbe, mais sérieuse, qui marque une date dans l'Iiisloire morale de l'hellénisme. Pour la première fois, il se sentait menacé, quoique vaguement encore, et il éprouvait le besoin de se défendre. Celse a vu, avec un sentiment qui paraît avoir été un mélange d'inquiétude, d'impatience et de pitié, le mouvement qui commentait à entraîner vers le christianisme beaucoup d'esprits hésitants '. Ce mouvement, avec ce qu'il comportait de foi, lui a paru une sorte d'abandon de ta raison ; et c'est de ce point de vue tout hellénique qu'il le juge. Si l'on essaie de grouper ses objections en négligeant lesdétails, les points essentiels de sa critique paraissent avoir élé les suivants. D'abord, la notion fondamentale du christianisme, celle d'un dieu fait homme, lui est inintelligible : il la combat, historiquement et logiquement, par la discussion des té-
). Sur Celsf!, lus principaux ouvrages à consulter sont : Baur, Kii'chtngeschichle.l,Z'M-\m;Ke\m,CeUiit Wahret Worl. Zurich, 1873; Pélugaurl. Élude tur Celte, Lyon, IK7S; Aulié, Le Ditrourt véritable de VeUe. Paris, iSTS; 0. lluine, PhiloL Abhandl, tu Ehren Mari. Herl:, 18HS. p. 197-^14. Ci: dornior parait avoir ûtalili (|u'il est impossible lie confondre le platonicien Celse avec, l'épicurien ilu mètne nom auqui'l Lucien a ctoiliâ son Alcj:andrf.
i. Keim, ouv. cité, :i Uùpouilli^ lus huit livres ilu traité U'Origéne contre Cetse et on a tirû le pamphlet de Celse, morcuau par mor-
3. L'AXr.eii; W-fo; parait avuir été ûi-rit dans les dcrniprea années du rè«n.! de M. Aurèl.', on ITT-ITS, selon Keim (p. i61 si\q.) et Pélagaa.l (p. IS'Jsqq.).
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moignages <|u'ellc invoque el par ce!l« des idéos qu'elle implique, l'uis, au delà du récit évangélîque, il découvre dans le christianisme une conception du gouvernement du monde qu'il ne peut accepter : c'est celle d'un Dieu qui se conduit par des décisions cliangeanles et particulières ; conception à laquelle il oppose son dûterminisme rationali»le. Enfin, considérant l'intérêt public, il s'inquiète, en politique réfléctii, de celle religion qui n'a point de pairie, et il estime qu'il est bon que les hommes restent attachés au culte de leurs pères, à leurs coutumes, à leurs dieux locaux et nationaux, en d'autres termes, que la religion, tout eD se faisant philosophique, s'arrange des formes anciennes et particulières qui se sont transmises d'âge en âge. Ce sont là, comme on le voit, d'intéressantes et sérieuses pensées; et si, d'une part, elles jettent une vive lumière sur l'hellénisme du second siècle, de l'autre il est curieux de noter combien elles font ressortir les ressemblances de la philosophie grecque avec le rationalisme moderne.
A côté de ces platoniciens, une place importante appartienti dans l'histoire des idées de ce temps, au pythagoricien >'ouménios, d'Apamée en Syrie '■ C'est, de tous les penseurs qui ont vécu au siècle des Antonins, celui qui doit être considéré comme le précurseur le plus immédiat du néoplatonisme. Un de ses principaux écrits avait pour litre Comment l'Académie s'est éloignée de Platon (flepE tïîî tùv 'Axz$7i,u.ocUâ>v -poî FlXaTUv» Si«- <jT£aM>(). Un autre, en trois livres au moins, traitait du
i. On ae sait rien de sa vie. La courte notice de Suidas (Nou|it,ïHî 'Airiifievî) n'en Ûxe même pas l'époque. Mais celle-ci résulte approximativement du caractère de sa philosophie et de ce doabla fait que lui-même est nommé pour la première fois par Clément d'Alexandrie, et que son disciple Har|>ocration fut aussi l'éléTS d'Atticos, qui enseignait, comme on l'a vu. sousMarc-Aurélc.
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NOUMÉXIOS. MARC-A.URÈLE 695
Bien (riifi TàyattoCJ) '. Dans ces écrits, el pcul-èlrc dans d'autresque nous ne connaissons plus, il s'attachait à établir que la vraie doctrine de Platon était identique à colle de Pytliagorcet que celle-ci îi son tour ne se distinguait pas de celle dos sages de l'Orient, Bralunanes, Mages, Egyptiens et Juifs. Il avait en particulier la plus vive admiration pour Moïse, en qui il trouvait toutes les idées de Platon :si bien qu'il ne craignait pasd'appeler ce philosophe « un Moïse parlant alticjue » (McayTr,; àTTixiCuv)*. La tendance vraiment néoplatonicienne de Nouniénios consistait à distinguer, d'abord un dieu suprême, simple, immuable, sans relation avec la matière, puis ua second dieu, participant à la divinité du premier, mais inférieur, intermédiaire entre lui et la matière, et enfin un troisième, qui était le monde V II ne lui a manqué que de développer ce système dans ses détails pour faire d'avance l'oeuvre de Plotin.
Mais aucun de ces philosophes ne présente, au point de vue littéraire, un intérêt comparable à celui qu'excite Marc-.Vurèle. Car, entre tous, il est le seul qui ait écrit un livre ofi se révèle un homme.
La vie de Marc-Aurèle appartient à l'histoire politique*. Nous n'en rappellerons ici que les dates principales. Se en 121, à Rome, d'une illustre et ancienne
1. Ces litrta nous sont donnas par Eusèbi; {Prépai: évang. XIV, +. 13. et IX, 7 el 3, 1), qui nous a conaervo duiis ces jmssagos (l'importants fmgincnts Ai: Noumènios.
2. Clùment. Strom.. I, Sî, IJiO : Ti T<ip È«i HliTioï ^ Muii;<rTi; im-