‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 344 sur 514 · Zeller, Ph. d. Gi:, t. V, [.. il6 et suiv · texte numérisé non relu

Zeller, Ph. d. Gi:, t. V, [.. il6 et suiv

4. Sourrps prlncipalt-s : son livre Ki; Sautiv ; sc^s ItUrts ; Dion Cassius, abrvRé el tragtnenls dn 1, LXXI; Hûrodien, T^t nità Mâpxou ^do'ilitiac lotopimv I, i-k ; Jul. Capiltflinus, Vitn Marei Anlonitii phiUitophi ; Suidiis, Màp«o(. — La vie de M. Aur^le ost (■tudiùe en détail, avec renvoi aux sourct-s et indications l>il,IioHra|dii.|ui;a, dansPauly-Wlssowa, arl. M.Aniiius Verus (t. I, p. Ï279). I.'ou- ■vraga d'enseiuble li> plus célél.ru sur Maro-AurOlo est !■■ vuluiiio de Renan, Marc-Auréle et ta fin du momie anti'/ue, l'^iris, ISSa.

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696 CHAP. V. — HELLÉNISME ET CHRISTIANISME famille (la gens Aimia), Marc-Aurèlc fui remarqué, loutenfanL.par l'empereur Adrien, qui l'aimailpour son ingénuité. Enjouantsurlonomde son père, AnniusVerus, il se plaisait k l'appeler yerissimus. Un peu avant sa mort, en (38, quand il se décida à désigner Antonio pour son héritier, il lui ordonna d'adopter le jeune homme, alors âgé de dix-huit ans. Sous Antonin, de 08 à 161, Marc-Aurèle vécut dans la maison impériale, avec la qualité de fils adoptif de l'empereur et d'héritier présomptif. Lorsque Antonin mourut, en IGt, il devint empereur à son tour et régna pendant dix-neuf ans, de 161 à 180, dahord associé avec son frère d'adoption, L. Vérus, de 161 à 169, puis seul, et enQn, à partir de 177, avec son (ils Commode, qu'il avait appelé à partager le pouvoir.

Ce qu'il fut^comme homme, tous ceux qui ont parlé de lui dans l'antiquité l'ont attesté. Selon le mot de Capitolinus, il vécut en philosophe depuis son premier jour jusqu'à son dernier (C. i : in omni viia philosophanti tJiVo).Dès son enfance, ses hautes qualités morales se révélèrent, et l'application constante de toute sa vie fut de s'améliorer lui-même. Instruit par les maîtres les plus illustres du temps, il lui fut impossihle, malgré sa bonne volonté, jointe à l'iniluence d'un Ilérodu Alticus et d'un Fronton, de se donner de cœur à la rhétorique. La philosophie l'attirait invinciblement : il fallut qu'il lui abandonnât toute son âme. Il fut l'élève de plusieurs philosophes de sectes diverses, parmi lesquels il est juste de distinguer Sextus de Chéronée, le neveu de Plutarque. Mais, de bonne heure, le stoïcisme le prit, et il le garda jusqu'à la fin. Ses vrais éducateurs furent les deux stoïciens Apollonios de Clialcédoinc et Junius KusticuB. Au reste, il était de ceux qui se font surtout par eux-mêmes. L'homme qui se montre dans son livre s'est formé par la vie intérieure, par l'observation

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constanlo de Boi-mèinc, par un désir ardent de la perfeclion, qui était lo fond de sa nature.

Les écrits qui nous reBlent de Marc-Aurèlc sont les uns en lalin, les autres en grec. Romain de naissance, il semble que le grec n'aurait dû être pour lui qu'une langue étrangère. Pourtant il n'en est rien. S'il écrit en lalin à Fronton, il écrit en grec quand il se parle à lui-même, quand il se met seul en face de sa conscience ; et la façon dont il le fait prouve qu'il n'y apporte aucun efTort ni aucun apprêt^ C'est que le grec, étant la langue de la pliilosophie, a été celle de son éducation morale. Rien là qui ressemble à un jeu de lettré, à une transposition arlificielle de la pensée. Marc-Auréle, qui est romain dans la société et dans son rôle officiel, est vraiment grec comme penseur et comme moraliste. C'est en cette langue que sus maîtres lui avaient révélé tout d'abord le bien, les règles de laconduite, toute la sagesse et toute la vertu ; c'est en celte langue que sa conscience continuait à lui parler et qu'il lui répondait instinctivement.

Laissons donc de côté la correspondance latine, quelque intéressante qu'elle soit d'ailleurs ',elallonsdroitaux Pensées (Ti et; âxvrôv.)

Ce petit volume, aujourd'hui divisé en douze livres ', semble avoir été écrit par Marc-Aurèlc, au jour le jour, dans les dernières années de sa vie. Le premier livre, acbevé au bord du Gran chez les Quades, est postérieur à ItiO, probablement même à l(î9, mais antérieur à 171!, date de la mort de Fauslinc {I, 17), l^o second, composé

I. M. Coenel. Pi-onloiiiatt M. Auit/ii impei-alora e.pittulm . rec. Nolior, Lipsiie. IHST ; une parlïc de cette corrHspondancQ a été étudiée pur M. G. Boissier, Lajeuneue de M. Auréle et les Mires de Fronton, Bet. des Deux Mondes, 1°'' avril 136S.

3, Cette division est déjà signalée par Suid.is.Etlf nVat aiilorisé'' qa"en partie par le Valicanus A, Il est fort douttuv qu'elle remonte à l'original.

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698 CHAP. V- — HELLÉNISME ET CHRISTlANlSilE à Cariiuritum, a dû être écrit entre 170 et 174. Le liuilième est eu toul cas postérieur à 169, date de la mort de Verus (voy. 23 et 37).

Comme doclriuc, les Pensées u'offrent rien d'original. La ptiilusophie qui s'en dégage est celle des Stoïciens do ce temps, en particulier d'Épictète, que Marc-Aurèie a bien connu par les Entretiens d'Arricn et le Manuel. Du reste, le goût de la recherche lui est plus étranger encore qu'à aucun do3 autres pliilosoplies contemporains. Pour fond de croyance, un acte de foi envers la raison et la bonté divine. Rien n'existe, rien ne se produit, qui ne serve au hico commun. Si l'individu se croit lésé, c'est qu'il ignore le dessein universel, auquel sa souffrance contribue. Le philosophe, lui, croit de toute son àme à ce dessein, bien qu'il ne puisse ni le comprendre ni le deviner; persuadé qu'il est souverainement hou, il s'y associe sans réserve. D'ailleurs, le seul mal réel, c/est le mal moral, celui qui vient de la volonté. Ur, selon le mot d'Épictète, personne ne peut nous prendre notre volonté (XriOTïiî -poxiptcaa; o'j yivetai.

XI, 36). Mettre celte volonté en accord avec les prescriptions de laraison, qui est dieu en nous (to èv coi 6eîov

XII, 1), c'est le but de la vie. Ainsi se réalise la double formule du sto'icisme : vivre selon la nature et se rendre semblable à Dieu.

Mais si ce fond de pensées n'est pas propre à Marc- Aurèle, voici ce qui lui appartient ; c'est la manière dont il s'en fait l'application à lui-même. Aucun livre de l'antiquité n'a uu caractère aussi intime que celui-ci. Il consiste en une sorte d'examen de couscience perpétuel, au sens élevé du mot. Chaque jour, celui qui l'a écrit s'est interrogé lui-même. 11 ne catalogue pas ses faiblesses, ce qui eu tout cas n'eût pas mérité d'être transmis à la postérité; mais il se rappelle ce qui l'a troublé; et il fixe sa pensée sur les réilexions qui, dé-

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is, devront le consoler ou le forlifier. Le cliarme de ces notes, c'est de nous laisser deviner l'iiomnie sans lo dévoiler. L'auteur ne se confesse pas à nous : il ne nous parle guère de ses peines secrètes, des froissements de sa vie quotidienne, de ses doutes, de ses découragements, des désirs bas qui ont pu venir inquiéter son austérité, de ses appréhensions, de ses souffrances physiques el morales. A peine, çà et là, quelques allusions légères à ces choses. En général, une sorte de pudeur les tient cachées. Ce que le moraliste nous dit, c'est la réaction qu'elles ont provoquée en lui; el si nous les devinons, c'est justement par cette réaction. Son livre est une méditation, non une confession, mais une méditation qui sort des incidents quotidiens, qui les suppose, qui permet de les soupçonner.

Pour ceux qui partagent, sous une forme ou sous une autre, l'optimisme imperturbahlc de Marc-Aurèle, qui ont foi comme lui en une raison suprême toujours orientée vers le bien linal, ce livre peut devenir, et il a été souvent en fait, une sorte de manuel de la vie intérieure. Pour les autres même, il est loin d'être indifférent. Car il puffil de s'intéresser à ce qui est humain, pour observer avec sympathie Icsctrorls incessants d'une raison et d'une volonté très nobles vers l'idéal qu'elles se sont fait. D'ailleurs, comme Marc-Aurèlo n'enseigne pas, son ascétisme n'a pas le caractère dogmatique, autoritaire, et quelquefois rebutant, de celui d'Épictète. Le philosophe do profession nous fait la leçon; l'homme simple et modeste qui était dans l'empereur se contente de réfléchir. Et, dans ses réflexions, toutes les qualités attachantes de celte âme. qui fut au fond très douce, se montrent sans cesse. Tantôt, c'est la reconnaissance délicate envers ses parenls, ses maîtres, ses amis, tous ceux auxquels i) a du de bons exemples ou de bonnes pensées. Tanli'il, c'est nue mélancolie

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703 GHAP. V. — HiiLLÉNISME ET CHRISTIANISME aaiis amertume, qui inct une ombro sur la scrénîtc du sage et qui la rend par là même plus louchante. Quoi qu'il dise, on se sent en présence d'une nature en qui rien n'est vulgaire et qui inspire à la fois la sympathie et le respect.

Comment ce livre tout intime at-il été publié ? Nous l'ignorons. Sans doute, il se sera trouvé, dans l'entourage de l'empereur, des amis pieux, qui, à défaut du fils indigne, en auront senti la beauté et l'auront donné au public après sa mort. Laréputationde sainteté qu'avait laisstte MarcAurèle dut contribuer ensuite à le conserver '.Luî-mèmCj à coup sûr, ne l'avait pas destiné à la publicité. Ce sont- quant à la forme, de simples notes, à peine rédigées. En les écrivant, il ne s'est soucié ni d'élégance, ni même de correction et de clarté. Il accepte s:ms scrupule tes expressions techniques, la phraséologie lourde, le jargon de l'école. Les qualités de style qu'on peut appeler nécessaires sont précisément celles qui lui manquent le plus. Par compensation, il en a d'autres, qui viennent moins de l'écrivain que de l'homme: l'émotion, la sincérité, partout; souvent, la concision énergique, le trait, l'image vive et qui frappe ; parfois, une certaine grandeur, qui sans doute est plus dans les idées elles-mêmes que dans le style, mais qui n'en fait pas moins impression sur le lecteur. Toulefois, dans un livre de celte sorte, un a quelque scrupule à noter de tels mérites : car c'est traiter en auteur l'homme qui songeait le moins à l'être. La beauté qu'il y a mise est de nature morale, non littéraire. S'il est éloquent, c'est qu'il est impossible de ne pas l'être, quand on a une grande àme et qu'on la laisse parler sincèrement.

1. Capitol., M. Ant. Philos , IS : Deniquc hodicquc (au temps Je Diocl6ticn) in multis domlbus Marci Antonini stature consistiinl inter <leoB peQates. — Suidas le cite {au mot Mâ;ixo;) sous ce Ulre îoesact: ToO [Sio'.j piou àf<^fit iv ^lexioi; i«'.

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L'importance du livre de Marc-Aurèle, dans l'Iiisloire des idées, c'est de représenter l'état le plus élevé de la conscience morale dans l'hellénisme, avant l'avûnemeiit du mysticisme néoplatonicien, et en dehors des influences chrétiennes. Et lorsqu'on veut juger équitablemcnt où en était rhumanilé formée par la culture grecque, au moment où le christianisme allait se répandre, ces méditations d'un sage sont un de» éléments les plus indispensables de l'enquête à faire.

Il est curieux qu'en face de ce croyant, l'ordre chronologique nous force à placer le plus déterminé des sceptiques. C'est vers la fin du second siècle en effet que le scepticisme grec a produit le livre qui est resté devant la posiérilé le principal témoin de ses doctrines, celui de Sestus Ëmpiricus.

Sextus, surnommé Vempirigue. du nom de la secte médicale à laquelle il appartenait, parait avoir écrit après Galien, qui ne le nomme jamais, donc au plus tôt dans les dernières années du second siècle. D'autre part, il est antérieur d'une génération à Diogène Laërco, qui parte non seulement de lui, mais de son successeur (IX, 116); ce qui ne permet pas de le reculer au delà du commencement du troisième siècle*. Qu'il ait tenu école ou non, toujours est-il qu'il prit à tâche de rassembler en un corps tous les arguments inventés par ses prédécesseurs en scepticisme. Il le fit dans dcuv ouvrages. L'un, plus court, intitulé Esçttisses pyrrhoniennes (riuppùM'.ot ûnoTunû»:;), est une sorte de formulaire abrogé, qui contient en trois livres tout l'essentiel de la doctrine : les vues générales dans le premier, la réfutation spéciale de la logique dogmatique dans le second, celle do la physique et de la morale dans le troi-

\. Suidas (SiEtoî) le confond ayec Sextus da Ch^ronée, le neveu de PlntarquB et l'un des maUrcs de Marc-Aunl;.

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sième. 1,'aulre, beaucoup plus étendu, avait probablement pour tilre Commentaires sceptiques (SxeKTixi, ou "V^aip^iiaTsc (TxeTTTixà) ' . Dans les nianuscrilsqui nous l'ont transmis, il est divisé en onite livres '. Les cinq premiers, qu'où réunit souvent sous une dénomination commune, Cott/w/e5rfo5ma^îç«cs(npoîSoy|AKTUioij;), sont une discussion complète de la philosophie dogmatique : les livres 1 et II traitent de la logique (ripô; loyuio'j; A, B);. les livres 111 et IV, de la physique (Opô^ çucixoiî A, B); le livre V, de la morale (llpoî y.OîxoOî); les six livres suivants forment ensemble le traité Contre renseignement des sciences {IIpo; [jia&ii;xaTWoti;), et ils se divisent comme les sciences elles-mêmes : un livre contre les grammairiens (npi;Yf*fi;**'^'''*"î)» "" contre les rhéteurs l,n^;o; pï;TOpx;), un contre les géomètres (npii; yeuiAtTpaç). un quatrième, très court, contre les arithméticiens (Ilfi; àptOjtTiTowJî), un contre les astrologues (Upoî àcTpoXoYouî), un enfin contre les musiciens (npù; [unj>7txo'j{). Sextus parcourt ainsi le cycle entier des études {ix*.-j£h.x ]f.%hr,-j.f7x, p. 600, 1. 23 Bekker), pour ruiner toutes les disciplines l'une après l'autre. Car ce qu'il prétend démontrer, c'est ([ue rien ne peut être enseigné,

Uien déplus fastidieux, à vrai dire, que cette démonstration d'un paradoxe toujours identique au fond, et qui n'a même pas le mérite de l'originalilé, Sextus reproduit les sophismes de ses devanciers: il ne semble pas y avoir rien ajouté. Et ces sophismes, s'ils peuvent avoir quelque intérêt pour l'historien de la philosophie

1. SxEinsxc! est le titre donné par Suidns et par Diogène Laërcc : Sextus lui-mâme se sort du mot <ni4(Lvr,tia pour désigner chacune des parlicsde Bonoavrnge. Contre les Géom., p. 721, 13 Bekker.

2. Suidas eX Dioi;ène ne parlent que de dix livres. Sans donle ic livre très rourt Contre les Arithmiliciem était prîmilivemeat réuni nu livre Contre lea Géomètres.

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qui en recherclie la filiation, n'en ont vraiment aucun pour le simple lecteur;tant ils sont le plus Rouvenl artificiels et fragiles. La seule chose qui les recommande à l'attention, c'est qu'ils nous renseignent sur tes sciences qu'ils prétendent détruire. A ce point de vue très spécial, le livre de Sexlus a son prix. Mais c'est là un mérite de document, non d'œuvre littéraire. Quant à la personnalité de l'auteur, ces séries interminables d'arguties, ces petits raisonnements secs, subtils, captieux, et souvent puérils, ne la montrent guère sous un aspect favorable. Quoiqu'il fasse profession do considérer la croyance comme une maladie, dont il prélend avoir & cœur de guérir les hommes, on se demande à chaque instant s'il est sérieux. Ht en admettant qu'il le fût au fond, il parait difficile de nier qu'il n'ait cédé bien souvent au plaisir de jouer avec les idées et de taquiner les pédants trop convaincus de leur importance'. I,e malheur est que son pédantisme à lui dépasse toute mesure , Autant le doute sincère sur des matières graves intéresse et provoque à réfléchir, autant ce bavardage stérile, qui, sous prétexte de raisonner, déraisonne à prix fait, . est dénature à dégoûter les esprits sensés.

Unautreincrcdule,maisd'un tout autre tcmpéraupcnt. peut figurer àcôté do lui : c'est un philosophe cynique, un Grec syrien, (Enomaosdc Gadara. Sa vie ne nous est pa.s connue; les dates même en sont incertaines; on ne peut dire s'il appartient à la fin du second siècle on au commencement du troisième*. Comme Lucien, mais avec

I. Contre les Gramin., p. 0S9, li Bt-kknr : 'AXX' âitu; îva (iti vaivaiipuv (Ut^uï iitoplfv 8ox(û|«v, Ttpooïoivnniov x: xâviavfta TOÎ( TpaiinaTixoIc. — M. ouvr., p. 6!fl, lî. '\i\' àçéniu^i ^i Taûtr,; tÎ|1j ;)itT|iTfo)! (Mïio ïï ïi^oi- |uv s )iîXlov î-jïar«i BXiSnv îau; Tpiiinïiixoûî.

!. Selon G. Syncolle, 3i9. il vivait sous Adrien. Sfijjn Suiilas (OIv>l(ic<o: rolîapi-j;), il est de peu antérieur à Porphyre. Eusèbc, Frép. Ènang., V, 18, le cite comme > récent >. tIî rûv veûv. Voir sur Œnomaos, J. Bernays, Liikian und die Kt/nikei; et Saarmann, de (Bnomao Gadarenti, Tubingue, 1887.

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704 CHAP.- V. — HELLÉNISME ET CHRISTIANISME plus de violence et moins d'espril, il semble s'être donné pour tâche de décrier la croyance aux dieux cl surtout la divination. De ses divers ouvrages, un seul nouii est connu par d'importants fragments. C'était une diatribe virulente contre les oracles, intitulée Les charlatans pris sur te fait (FoviTwv çupi) '. Les extraits étendus qu'Eusèbe en a insérés dans sa Préparation évangélique nous permettenl encore de nous en faire une idéo '. Dans une discussion moqueuse et mordante, il y tournait en dérision un certain nombre des oracles célèbres rapportés par les historiens, surtout par Hérodote: et au nom de la liberté humaine, il protestait contre le déterminisme des Stoïciens. Sa dialectique, parfois obscure, paraît plus pressante que subtile, plus emportée <jue souple et pénétrante. Mais il a une verve, un éclat, une sincérité âpre, qui frappent vivement. Julien lui a reproché durement sa grossièreté '; CËuomaos est pour lui le type du cynique qui déshonore le cynisme; mais Julien était un dévot du paganisme; les railleries d'OEnomaos l'avaient blessé dans ses croyances. Son jugement ne doit donc pas être accepté sans réserve. (Enomaos, tel qu'il nous apparaît dans ce que nous lisons de lui, n'est ni un grand esprit ni un rare écrivain, mais c'est une des figures marquantes de ce temps.

Après la philosophie, un autre élément non moins nécessaire à l'appréciation de l'hellénisme d'alors serait l'exposé de l'état de la science contemporaine. Mais cet

1. Julien, Or. VII, p. ilO D, mentionna de lui des tragédies, qui resiemblaient par l'esprit à ses écrits en prose.

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