Voyez plus haut, p. G
4. Didot-Maller, Geograpki grmci minora, t. IL Millier rapporte cet ouvrage par conjecture au commencement du m* siècle.
5. ConauUer en général sur ce sujet Sprengel, Getehichte der lit-
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DIOSGORIDE 711
A mesure qu'on connaissait mieux le monde, on apprenait aussi à en classer les productions naturelles. Rien n'atteste mieux ce développement de connaissances que l'immense compilation do Pline l'Ancien, dont sept livres entiers (W-XXVIl) sont consacrés à la botanique médicale. Chez les Grecs, il est vrai, nous ne trouvons aucun ouvrage qui embrasse tant de choses à la fois. Mais, pour cette partie au moins de la science, nous avons l'œuvre de Dioscoride, qui a fait loi jusqu'au temps de la Renaissance et même au delà.
Dioscoride était un médecin d'Anazarba en Cilicio '. Le temps où il écrivit semble à pou près déterminé par ce fait que Plino, si exact & citer ses sources, ne le nomme pas, tandis qu'il est mentionné dans le lexique hippocratique d'Érotianos qui fut composé vers le commencement du second siècle. Galien le cite fréquemment. On peut donc admettre qu'il dut publier son ouvrage sous Domitien ou sous Nerva '. Cet ouvrage, on cinq livres, sur la matière médicale (iltfl ûXd; («Tpix^;), nous a été conservé dans un grand nombre de manuscrits, qui témoignent de sa vogue au moyen- Âge '. Ce n'est en somme qu'une longue série d'articles confusément groupés. Les descriptions des plantes y sont si insufiîsantes qu'il n'a été possible d'en identiRer qu'une faible partie (une centaine environ sur six cents). Ce que l'auteur développe, co sont les vertus médicina-
1. Suidas. aiDaxopIIi];. Notice où Dlosooriile est d'ailleurs confondu immédiatemeot avec un homonyme qui vivait an temps d'Antoine et de Ctéopftire. Cf. Photius, cod. 17S, fin, d'après lequel son prénom était Pcdanius. C'est celui qu'il porte dans nn ms.
2. Notez aussi que la ville natale de Dioscoride, Auazarba, qui s'était appelée longtemps Diocxsarea, ne reprit son nom que >ons Nerva. Pauly-Wissowa, Anaiarba.
3. Noue en avons en entre une analyse dans Pbotius (cod. HSJ. L'ouvrage, tel que le lisait Photius, comprenait un 6< livre sur les poisons et contre- poison s, et nn 7° sur les animaux venimeux t^t les remèdes propres à guérir leur n
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712 GHAP. V. — HELLÉNISME ET CHBISTIANISME
les qu'il leur atlribue. Une grande partie de sa ecience était empruntée à ses prédécesseurs, en - particulier à Crateuas, qu'il cite assez souvent * : c'est une des sources qui lui sont commuDes avec Pline ; il est impossible d'apprécier aujourd'hui ce qu'il y avait ajouté quoiqu'il déclare, dans sa préface, « avoir parcouru différents pays pour connaître les substances qui peuvent être utiles dans la médecine »^. Comme écrivain, Dîoscoride n'a guère d'autre mérite que de n'être ni long ni obscur. Son renom en somme est celui d'un spécialiste, au sens le plus étroit du mot.
Au contraire, les vrais représentants de la médecine, en ce temps, sont tous plus ou moins des philosophes, et quelques-uns sont des écrivains. Les sectes qui s'étaient constituées pendant la période alexandrînc continuaient à subsister; de nouvelles s'y étaient même ajoutées. Tandis que les Dogmatiques, qui se rattachaient à Hippocrate, à Platon, à Aristote, tenaient énergiquement pour la recherche des causes et expliquaient le fonctionnement des organes par des forces spécifiques (Swifiâiç) adaptées à certaines fins, les Empiriques, au contraire, n'admettant ni forces préexistantes ni causes, ne voulaient conitattre que des faits particuliers, caractérisés par les circonstances concomiLantes ou symptômes (««[«.TîTwji.a'ta). Entre ces deux sectes, une troisième, celle des méthodiques, avait surgi dans le cours du i" siècle avant J.-C., sous l'influence d'Asclépiade de Bîthynie, et surtout de Tliémison. Ceux-là, non plus, ne croyaient ni aux causes ni aux forces ; mais ils se distinguaient des empiriques en ce que, au lieu de s'en tenir aux faits particuliers, ils les groupaient en genres selon
1. Sur Crateuas o; ses rapports aTec Dioecoride, voir Wellmann, Cratevas, Berlin, 1897.
2. Il semble résulter d'autres allusions qu'il les parcourut à la saite lies armâea n
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ÉCRITS MÉDICAUX DU SECOND SIÈCLE 713 leurs ressemblances (xotyo-nin;) ; lepropre delasecte était la superstition de ces genres, qui se traduisait dans la pratique par la méconnaissance systématique des particularités. Enfin, une dernière secte, celle des Sceptiques, appliquait à la médecine les principes de Pyrrhon, d'Arcésîlets et d'^nésidèmc, et mettait en doute la possibilité même de la certitude. Comme on le voit, le dissentiment entre ces écoles rivales portait en réalité sur les questions fondamentales de la philosophie. 11 donnait lieu à des discussions, orales et écrites, qui sans doute avaient l'inconvénient de substituer trop souvent à l'observation une vaine dialectique, mais qui pourtant, ont provoqué aussi d'utiles expériences *. Ces discussions semblent avoir intéressé le public d'alors. Beaucoup de médecins, imitant les sophistes, faisaient des conférences publiques, où ils commentaient quelque point de doctrine qui leur était proposé!. En outre, presque tous écrivaient; et cette littérature, à la fois philosophique et médicale, trouvait de nombreux lecteurs '. Ce qui nous en reste n'en est certainement qu'une petite partie.
Rufus, d'Kphèse, vécut sous Trajan *. Le principal ouvrage que nous possédons de lui a pour titre Sur la dénommationdes organes de l' homme (Ilipt àw^uctnat TGivtoù cIyôpùiïou;j^opf(av). Ilest intéressant par le fond mémo des ctioses, car il nous fait, mieux qu'aucun autre, connaître
1. Gniien se plaint souvent d« cotte nécessité de discuter qui empâcbe les recherches. Force» naturelle». I, U : Où fk^ titiipiicouan ot vopioiotl Tûv àiiioi ti ÏT|T7)[iituv npo^tipiïtoSai xactoi naixniUuv ùnapfh-ntav, iXkk noitcitpifSiiv iyaf*i\iMii tôv ^pivav t\i tT\v tSiv oi>^\iu.ésiot, iv KprfâUiouoi, >Oaiï. Mais lui-même rapporte de fort belles eipé- Tîences de vivisection, provoquées par les négations de» méthodistea relativement à la fonction des reins; même ouvr., 1, c. 13 (p. 1!7 Helmreichl.