‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 365 sur 514 · CLÉMENT D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

CLÉMENT D'ALEXANDRIE

des auteurs prûd'ilemment l'iudins. Il n'est pas étonnant (|ue, sous cet afflux d'ôiéinents étrangers, le sens dt'licut du beau se suit obscurci chez presque tous. Leur style est l'image des bouleversements intérieurs par lesquels ils ont passiS.

Quoi qu'il en soit, après Clément d'Alexandrie, le christianisme a définitivement pris pied dans la littérature grecque. Ce n'est plus seulement la croyance d'un petit groupe d'hommes, c'est une des phîlosophies qui se proposent aux esprits en quôle de vérité, une des formes désormais essentielles de la pensée hellénique . Celle-ci, pendant tout le siècle suivant, se resserrera do plus en plus dans les deux courants parallèles que nous venons d'étudier, l'un païen, l'autre chrétien. De plus en plus, ces deux conceptions intcllecluelles et morales s'opposeront l'une à l'autre, se rencontreront, se modi- Qeront mutuellement, et, de plus en plus aussi, la conception chrétienne prendra le dessus sur sa rivale.

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7Ô6 CHAP.VI.— DE SEPTIMESÉVÈRE A DIOCLÉTIEN nier éditeur, P, Boissevain. On trouvera dans les préfaces de son édition tous les renseigne iients désirables ii ce sujet. Les frugments des livres perdus (I li XXXV) doivent être recherchés dans Zonarns, dans les recueils d'extraits de Constantin Porphyrogénète, dans quelques palimpsestes, dans le lexique de Bekker. Pour la partie conservée (1. XXXVI-LX), deux msî. seulement ont une valeur propre, comme indépendants l'un de l'autre : le Laurenliamit 70, 8 et le M<irctini/s 395. — Étl'tiom. Voir également 1 1 préface de Bolssevain. Éd. princeps, R. Estienne, Paris, <a48. Principales éditions : Reimar, 4 vol. fol., Hambourg, I7:i0-3î, avec des notes de Fabricius et de Ueiske; Sturz, 9 vol. 8°, Leipzig, (82i-43, le tome IX contient les compléments tirés par Angelo Mai d'un vol. du Va- Ucan; Dindorf, 3 vol. 8°, Leipzig. 1863-63, Biblioth. Teubner; Melber, 5 vol., Leipzig, (896, même collection. La meilleure éJilion est aujourd'hui celle de Boissevain, Berlin, Weidmgnn, commencée en 1893.

Héhodien. — Sur les manuscrits, voir la préface de l'éditioTi de Mendelssohn. Edit. princ, Aide, Venise, 15ti3. A citer ensuite : l'édit. de Sylburg, t. III de la collection des Seriptores hist-i'ix romanx, Francfort-sur-le-Mein, (590 ; celle de Schweighreuser, avec un.' traduction latine et des notes, Bftle, 1781 ; celle de Irmisch, 5 vol. in-8°, Leipzig, 1789-1803; celle de Bekker, Leipzig, ISjS, Bibl. Teubner. La meilleure est celle ie Mendelssohn, Leipzig, 1883.

Historiens SECONOiiaES. — Les textes se trouvent dans les Fragmenta histori':. grxcorum de G. Maller (Bibl. Dtdot) et dans les Histor. grxci minores de Dindorf (Bibl. Teubner). Voir pour chaque auteur les renvois au bas des pages.

DioaËNE Laerce. — Manuscrits. Consulter Max Bonnet, Rheîn. Mus., t. XXXH, p. 578 ; Corpusc. poesis epicK grascx ludibundœ, fasc, 1, p. 51, et Usener, Epiewea, Préf. p. VI. Les principaux sont le Botbontcut 353 (Bibl. de Naples, xii* s.) et le ixiurentianuf LXIX, 13 (xii" s ), témoins indépendants d'une même tradition. — Édition'. Edit. pr., Bàle I53't. Éditions principales : Meibom. Amsterdam, 169i, avec les notes de Ménage; Teubner, Leipzig, 1828-33, 4 vol., dont les deux derniers contenant les commentaires, notamment ceux de Ménage et de CasauboD ; Cobet, Paris, <85t>, Bibl. Didot. H n'y ap^is encore d'édition pourvued'un api>arejl critique suriisant

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PLoTi.s. — itanuseWts. Voir Ijpréfiic-e de l'édition (l'Oxtord de Crenzer. Le meilieur paruit être le MeiUceu^ A, du xiii* siècle. Notre texte représente, d'aprùs Creuzer, la reuension de Porphyre, mais tronquéo dans certaines parties, et même mélangée. Les Byzantins conniiss:iient deux recensions, celle de PorpSiyre et celle d'Eustochios (voir la préface de Creuzer). — ÉJitions. Lu première élition fut celle de Marsile Ficin, Bâle, )j80, avec trad. latine. Ln plu3 importante est ensuite celle de Creuzer, Oxford, 1833, 3 vol. in-S-, dont le texte a été reproduit par le uiêrae sjvantdnns la Bibl. Didot, Paris, 1830, avec la trad. lutine corrigée do Marsile fc'icin. Nouvelle édition des Enndades par H. F. Mdller, Berlin; le tome I a paru en 1878. — Traduction française pur Bouillet, 3 vol. in-8', Paris, 1837,

Porphyre. — Il n'y a pas encore aujourd'hui d'édition complète des œuvres de Porphyre ni par conséquent d'étude d'ensemble sur les manuscrits. On trouvera quelques renseignements dans la préface de la seconde édition des Opmcuia jefacfudeNauck. — Les éditions à citer ici sont peu nombreuses. Les 'Aftp-iv.i rraà; ri mt,-:x, pat Creuzer, se trouvent dans son édition de Plotin de la Bibl. Didot. Nauck a donné sous le titre de Opuscula selecta un choix comprenant les Fragments de l'hUt. de la }'Mlosopkie (y compris la Vie de Pythagorej, l'Antre des Nymphes, le Traité de l'AbUiaence, la Lettre à Marcellj, Leipzig, 1860 (i» éd. 1836), dans la bJbl. Teubner. L'Antre des Nymphes a été publié aussi par Hercher dans l'Ëlien de la Bibl. Didot. Les Queilions homériques, par Schrader, ont paru à Leipzig, 1880. Wolf a publié à Berlin, en 1856. les fragmenU de l'ouvrage Sur ta phitosophte des oracles. La fie de Plotin, revue par Westermann, est jointe au DiogOne Laërce de la Bibl. Didot.

ÉCRIVAINS CHRÉTIE.NS. — La bibliographie des écrlvains chrétiens doit être réduite ici à quelques indications, puisque la plus grande partie de leurs œuvres sont étrangères à l'objet de cette histoire. Nous renvoyons pour Je plus amples renseignements à Hjrn.ick, Gcs:h. der Altchrisitichea Literatur, \'" partie, en 'i vol., Leipzig, I8!I3, et -i Bardenhewer, Patrotogie, Fribourg, 1891, où l'on trouvera toutes les indications désirables.

HiPPOLYTE. — Les Philosophumtna, E. Miller, Oxford. 1831 ; Duncker et Schneidwin, Gœttingue, 18j9, texte reproduit dans la Patrol. grecque de Migne, t. XVI, 3" partie, parmi les

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768 GHAP.VI.— DESEPTIME-SÉVËRE A DIOCLÉTIEN

œuvres d'Origêne. Nouvelle recension du 1. I dans les Doxograyihi srxciâe Diels, Berlin, 18*9. Pour le reete des œuvres, P. A. de Ltigarde, lUppolyti romani gox ferunlur omnia grxee, Leipzig et Londres, 1838.

Ohioëme. — Ëdilion des œuvres exêgétiques, de Huet, 3 vol. in-fol., Rouen, 1668. Édition compiète des Bénédictins, Paris, l'33-1'?99, 4 vol. in-fol. Édition de Lommatzscta, 25 vol. in-8», Berlin, 1831-48. Le lexte des Bénédictins a été reproduit dons la Patrologie grecque de Migne, t. XI-XVII, Paris, 1857.1860. — Pour les autres écrivains de rang secondaire, voir les notes au bas des pages.

1. Vua générale sur la liltérature du m- siècle. — II. Lea continuatenrs de la sophistique. Lea Philoatrate. Philoatrata l'Athénien ; Vie d'Àpoltonios de Tyane, Vie» des sophiatts, Traité dt la gymnatiique, Lellret. Pbilastrate de Lemnoa : L'Hiroïgue, les Tableaux. Pbilostrato le Jeune, le-i Tableaux. Gallislrate, les Descriptions de tlatuM. Èlien, sa Tie et ses œuvres ; Sur tes animaux; Histoire variée. Athénée : lo Banquet dei tophistes, — III. La rliétorique. Apsinél. Rhéteurs secondaires. Ménandre. Cassius Longln. — IV. Le roman. Ses origines. Antoniue Diogéne ; Jamblique \ Xénopbon d'Ëphése; l'antenr anonyme à'ApoUoniu* de Tyr ; Hèliodore i Longns. — V. La poésie. — VI. L'hisloire, Dion Cassius. Sa vie et son œuvre. Hérodlen. Historiens secondaires : Dexfppe. L'histoire de la phiicsophfe : Diogéne Laërce. ~- VII. La philosophie. Sou état an commencement du iiil siècle. Le néoplatonisme. Plotin ; sa vie ; son œuvre : Les Enniades. Grands caractères de sa philosophie : spirltnalité, amour de Dieu, mysticisme. Puissance et dangers du néoplatonisme. Son influence. — VIII. Disciples de Plotin. Porphyre. Sa vie. Son (ruvre. Ses principaux écrits de philosophie et da philologie. — Les livres hermétiques. ~]X. Le CbrisUanlsme au m' siècle. Hippolyte ; les Philosopfioumena. Origène ; sa vie et son

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VUE GÉSÈRALE 759

(BUTrf, Son enseignement ; l'Origânisme. — X, Les écrivains cbrûlicns scconJaires aa ni< siècle. Ëculu d'Aleiamlrie ; «cole d'Antiocho. Grôgoiro la Thaumaturge. Mt'thode; le Banquet de» dix vierges, Pamphile. Jules AFricain, Ce quo le lit* siècle a préparé.

Le III* siècle, qui va do Septime -Sévère à Dioclétien, olTre, au point de vue liU6rairc, deux spectacles opposés : d'un côté, déclin manifeste, de l'autre, effort de création et croissance.

La sophistique, qui avait fait la gloire du siècle précédent, tombe dans le bavardage prétentieux et vide, qui était son terme naturel. Les Philostrale, les Élien, les Athénée sont, pour la valeur de l'intelligence et pour le talent, fort au-dessous d'un Dion, d'un .-Eliua Aristide même, et surtout d'un Lucien. Deshistoriensestimables, comme Dion Cassiusou Hérodion, compensent mal cette infériorité. D'autre part, la science hellénique, qui faisait grande ligure encore avec Plolémée et Galien, disparait alors, ou peu s'en faut. L'art et le savoir méthodique s'abaissent à la fois. Vu sous cet aspect, le mouvement général du siècle est une décadence.

Mais voici la contre- partie. L'hellénisme, au second siècle, avait fait effort pour dégager de ses vieilles traditions une religion qui satisfît la conscience humaine en lui donnant à la fois une doctrine du devoir et une conception do Dieu appropriées à ses besoins. C'est à cette tentative, plus ou moins consciente, qu'avaient collaboré Épictètc, Plutarque, Marc-Aurèle. Ils n'y avaient réussi qu'imparfaitement. Leur morale restait trop indépendante pour beaucoup d'àmes, leur dieu n'était ni assez défini ni as.sez vivant. Or, ce qu'ils n'avaient fait qu'ébaucher, les grands esprits du m* siècle

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7C0CHAP.VI.— DE SEPTIME-SÉVIiRE A DIOCLÈTJEN vont l'acliever. l'Iotin et Porphyre créeiiL réellement un lielténismc nouveau avec des élémenls lires de riielléiiismc ancien. Ils coiisliluent une morale profondément religicuae cl une religion appuyée sur une sorte de révélation. Ce qui était confus et obscur chez leurs prédécesseurs s'organise entre leurs mains. Ils établissent, sur la base de la tradition, un mysticisme rationnel, qui est à la fois dévotion et pensée, foi et réflexion. Que ce fùtlà au fond une altération fâcheuse du véritable hellénisme, on peut te soutenir, et la suitt; même du néoplatonisme le démontrera. Mais, en tout cas, cet hellénisme transformé est en soi une œuvre puissante d'adaptation, qui équivaut presque à une création. El, sous cet aspect, le m" siècle se montre fé-

. cond.

Il ne l'est pas moins pour le christianisme. C'est le tempsoù prend vraiment naissance la théologie. La philosophie chrétienne, qui inspirera au siècle suivant les pères de l'Église, est tout entière, non plus seulement en germe, mais en voie d'organisation, chez Origènc.

.Comme Je néoplatonisme, qu'elle côtoie, mais dont elle se sépare, cette philosophie cherche lalliancc du mysticisme et de la raison, de la foi et de l'examen. C'est donc bien là au fond la tendance commune des hommes d'alors. Chez le.s chrétiens comme chez les pa'fens, elle est la seule qui produise de grandes choses; et c'est par elle que le m' siècle prépare celui qui suivra.

Si nous on cherchons les raisons, nous en découvrons de plusieurs sortes. D'abord, une raison ancienne et profonde, cette force des choses qui depuis plusieurs siècles poussait l'hellénisme à évoluer vers une forme nouvelle. l'uis, des raisons récentes, qui résallent du moment, et qui sont décisives. Jamais l'empire n'a été plus troublé. Après la mort d'Alexandre Sévère, pendant trente-trois années consécutives, il est vraiment en

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proie à l'aiiarcliie (23o-2C8); le spectacle du mundc esl si décuuragi-aiit que les moillours esprits s'en détournent et clierclieiit ailleurs où placer leurs espérances. Or, justement en ce temps, le conflit des rcli(^ions, devcitu plus sensible, excite les intelligences à éclairer leurs croyances, à les développer, à les aciiover. Le clirislianisme, dont on sent cnlin la force, devient un stimulant pour la pliilusopliie jjrecciue; et, de son coté, celte pliilosopliie, dont les docteurs chrétiens ne peuvent môconnailrc la science cl la méthode, so tourne pour eux, qu'ils l'avouent ou non,eii un exemple l'écond. Cestcnips d'échanges sont des temps de pensée. Ce qui avait manqué au monde grec depuis longtemps, c'étaient des courants inlellecLuels d'origines diverses. Depuis plusieurs siècles, tout, en matière d'idées, venait de la même source et suivait le mi^me cours. Il y avait protît pour lui à sentir maintenant sa tradition battue en brèche ot à se voir obligé de la inodilier.

Voilà en .somme bien des choses dignes d'inlérèl dans ce siècle d'assez médiocre réputation. Il faut essayer de les mcttieeit lumière successivement. Mais, avant d'arriver à ce qui csl nouveau en lui, commen(;ons par ce qui le rattache le plusdirectcmentau précédent, à savoir la survivance de la sophistique.

Nous avons énumcré plus haut les principau.x représentants de l'éloquence à la mode dans là dernière partie du second siècle. Cette liste pourrait être continuée à travers le iii« siècle. Elle serait sans intérêt. Uélachons seulement ce qui mérite d'èlro mentionné.

D'abord la lignée des Philostrate '. Celle-ci semble

1. Sur celle famille, assez difficile à dûbrouillcr, consulter Burgk,

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LES PBILOSTRATE 783

tes, peut-être aussi du traité Sur la Gymnastique et des Lettres.

Philostratc do Lemnos, dit aussi Philostrate l'ancien *, le troisième du nom, était fils de Nervianus, et neveu du précédent par sa mère. Nous ne connaissons de sa vie que ce qui en est dit dans les Vies des Sophistes de son oncle et dans une courte notice de Suidas. Il fut à la fois avocat, orateur politique, sophiste, écrivain. Un détail fixe approximativement les dates do sa vie. Il eut 24 ans sous Caracalla, donc entre 211 et 217 {Vies des Soph.M, c. 30).Parmi les œuvres que Suidas lui attribue, nous n'avons conservé que l'Héroïque (appelé TfbKxô; par Suidas) et les Tableaux '.

Enfin un dernier Philostrale, dit Philostrate le jeune, petit-fds du précédent par sa mère, s'est fait aussi un nom par un second recueil de Tableaux, composé à l'imilationdu premier. Il dut vivre dans la seconde moitié du m* siècle.

Philostratc l'Athénien, quelle qu'ait été sa réputation, nous apparaît aujourd'hui comme un homme singulièrement surfait. Avec des dons d'imagination et de style, qu'il gâte d'ailleurs par une insupportable prétention, il est tellement dénué de sincérité, il pense si peu par lui-même, qu'il donne partout l'impression de la médiocrité. Son plus grand mérite est de représenter fidèlement l'esprit et le ton qui dominaient alors dans les cer-

I. On l'appelle ainsi pour l'opposer à son pclit-Qls dont il va élra question ensaite, Pbilostrate le jeune, parce qu'ils sont tous deui auteurs de Tableaux. 11 faut bieu remarquer qu'il n'est aucunement le plus BDcien des Philostrate.

S. Les attributions de Suidaa sont confuses et conlradiclojrei. Hais celles-ci sont condrmâes par une scolie anonyme ajoutiSe au titra de l'abrégé des Vies <lei lophiiles du Vatican (voir Kayser, Fiei <lei loph., édition d'IIeidelberg, 1838, p. XXVllIJet parle rhéteur Ménandre (RA. Gr., de Spcngel, t. 111, p. 390).

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miracle et opi'-ration divine ; et. en consl'îquence, le surnaturel ('tait le fond mémo de la vie de son personnage, tel qu'il le concevait. Du moins, ce surnaturel aurait pu avoir sa beauté, s'il n'eût vUi que la manifestai ion merveilleuse d'une nature vraiment supérieure. Maïs il aurait fallu, pour dégager celte supériorité, que le liiograplie eût lui-même une raison élevée et une grande àme. Sophiste de nature et de profession, il n'a bu faire de son liéros qu'un sophiste insupportable.

Les huit livres dont se compose son récit nous racontent surtout les voyages d'.XpoIIonios. Après quelques renseignements rapides sur sa naissance, son éducation, sa jeunesse, l'auteur nous conduit avec lui à travers toute l'Asie jusqu'aux Indes, où il séjourne parmi les sages et est témoin de toute sorte de merveilles (I. I — 111). Au IV* livre, nous sommes en lonie, puis en Grèce, puis à Rome. La prédication morale du sage, son iniluence, sa doctrine y sont superficiellement indiquées; les dehors que lui prête le biographe sont ceux d'un thaumaturge, et c'est par là qu'il croit le grandir. Le livre V nous conduit d'abord à Gadès,d'oii nous revenons en Orient, pour assister dans Alexandrie à une consultation fabuleuse ; Vespasicn, encore simple général, prend conseil d'Euphrate, de Dion et d'Apollonios sur la politique présente et future. C'est l'occasion première de l'inimitié d'Euphrale. dont il est fréquemment question dans les derniers livres. Dans tout cela, le rôle d'.\pollonios demeure aussi médiocre. Le YI« livre est presque entièrement consacré à son voyage en Ethiopie ; il y rencontre les (îymnosophistes, dont la sagesse lui parait fort inférieure à celle des Indiens. De là, il revient en Asie, puis en lonie au temps de Titus et de Domitien. Dans les doux derniers livres {VII et Vlll), Domitien est empereur, et l'auteur veut nous montrer l'attitude héroïque d'Apollonios en face du tyran. Dénoncé par Kuphratc pour ses libres

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