‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 367 sur 514 · Vin de> Soph., prOf^ii-e · texte numérisé non relu

Vin de> Soph., prOf^ii-e

jM,Googlc

jM,Googlc

Les moindres de ses personnages sont de grands hommes à ses yeux. Malgré cela, il s'applique à donner des rangs, à noter le fort et le faible de chacun. Kt l'on voit par ses jugements combien la critique était alors aiguisée dans ce monde de sophistes et d'amateurs de sophistique. On lui pardonnerait bien des défauts, si du moins il se piquait de précision. Tant s'en faut : comme biographe, il est vague, superficiel ; rarement, il trouve le détail qui révèle l'homme; et, quand il le trouve, son style poétique et prétentieux se prête mal à le mettre en valeur. Tout au plus peut-on dire qu'il peint le maître dans son école, l'orateur sur son théâtre; l'homme lui-même lui ccliappe,

.N'insistons ni sur le traité de la Gijmnastique ni sur les Lettres. — Le pfcmier est une étude historique et théorique, en un livre, surlesexercices des athlètes, composée probablement sous Klagabale ou sous Alexandre Sévère'. On y trouve des renseignements sur le régime des athlètes, sur les qualités spéciales qu'exigeaient d'eux les divers genres d'exercice. L'auteur s'intéresse à son sujet, mais il le traite en sophiste, plus préoccupé de briller que d'instruire. — Le recueil de Lettres comprend 73 morceaux. Les 04 premières lettres sont des exercices d'école, simples variations sur des thèmes amoureux, empruntés à la comédie nouvelle, à l'élégie alexandrine, ou purement imaginaires *. Les neuf deri nières semblent provenir d'une correspondance réelle. Ce sont des billets très courts, quelques-uns condensés en un simple trait satirique, d'autres enfermant un éloge ou une recommandation en quelques lignes, qu'un agencement savant fait ressembler aux versd'une épigramme.

). Il y ost fait mention, (ch. xLvi) <lo l'athlélc Hélii, célèbre sous Ëlagabale (Dion Cassius, 79, 10).

2. On a TU plus haut que la i Inttre » ûlall une des formes il'anipliâcation en honneur parmi tes sophistes.

Hiilolre ds U Litt. gracilue. — T. V. 49

jM,Googlc

770 CHAP.TI-— DE SEPTIME-SËVËRE A DIOGLËTIEN La7â' lettre est un reproche .à Caracalla assassin de son frère Gcta : c'est assez dire «qu'elle n'a jamais été envoyée à son destinataire. La -73% la plus longue de toutes, est adressée à l'impératrice Julia : l'auteur y défend les so ■ phistes, décriés par un certain Plutarijue. Tout cela se réduit en somme à un recueil de jeux d'esprit et de pointes, sans intérêt tiistorique et sans valeur réelle'.

Philostrate de Lemnos ne se distingue guère de son oncle que par un tour d'imagination plus poétique et une certaine affectation de simplicité dans le style *.

Une tendance analogue à celle qui avait inspiré à Philostrate l'Athénien \&yie d' ApoUonios de Tyane se laisse deviner dans l'Béroîque ou Dialogue sur les Béros ( 'Hpulxô;), qui fut écrit par lui probablement sous Alexandre Sévère'. Le mysticisme rêveur du temps avait besoin de songeries surnaturelles; et les habiles gens qui savaient écrire en tiraient profit. Voici le sujet. A Éléonte, sur les borda de l'Hellespont, un vigneron accueille un marchand phénicien : assis avec l'étranger dans sa vigne, sous les grands arbres, non loin du tombeau de Protésilas, il l'entretient de ce héros, lui apprend qu'il se montre à lui Ircquemment, qu'il s'intéresse à ses travaux. De propos on propos, il en vient à lui parler de

1. On peut en dire autant de deux Tragments qui accompagnent ce recueil de lettres. L'un est une définition des qualités propres au genre épiatolaire : il est plaisant d'y voir l'auteur recommander, en termes d'ailleurs prétentieui, la simplicité et la clarté. L'autre esVun pur développement sophistique sur l'esposition et la conciliation de la nature et de la coutume. Suidas attribue & Pbilostrate un recueil de AiotXiU't '• ce second fragment doit provenir d'une de ces ampliftcationa.

2. Ménandre (Rh. Gr., Spengel, t. III, p. 190) : 'EEan>^la.. iuXava- Tipa.. xdl àfiXiTC^pa, ola. '^', Zivof ûitoi ml ^ilostpcitDv toû tùv 'Upul- «ôï TJiv tï'^TïiffiY xal TÔî Elx&vat YpifaïToç, lppi|i|Uvii xn'i àxstcîviuuot.

3. Héroïque, II, fi, mention de l'athlète Hélix, dont il a été parlé plQB haut.

jt,Googlc

PHILOSTRATB DE LEMNOS 771

presque tous les héros de la guerre de Troie ; il lui décrit leur aspect et leurs mœurs ; c'est une évocation d'un moDde surhumain dans uo cadre rustique. A la fois crédule et bel-esprit, l'auteur viso à satisfaire simultanément le mysticisme et le raflincment littéraire de ses contemporains. Dans une sorte de pastorale dévote, d'assez pauvres hialoires de revenants se revêtent tantôt d'ornements sophistiques, tantôt des couleurs de la poésie, à quoi s'ajoute une tendance à moraliser. Son vigneron, ancien citadin, a passé par tes écoles, avant de se faire campagnard (1, 2). Ayant trouvé le bonheur avec la sagesse dans une existence simple et laborieuse, il vit auprès de son demi-dieu dans une sorte de rêve perpétuel, curieux de mieux connaître par lui les héros que les poètes ont célébrés. Grâce à ses conQdenccs, il corrige à sa manière les vieilles légendes pour les rendre ou plus morales, ou plus dramatiques '. En délînttive, de ces entretiens rustiques, se dégage une sagesse éclectique, dont la teinte générale est pythagoricienne '. 11 faut s'arrêter un peu plus sur les Tableaux (Eùcôvb;), un des livres des Philostrate les plus lus et les plus cités '.C'est un recueil de 64 descriptions de tableaux, formant deux livres. L'auteur, dans une courte préface, nous apprend que ces tableaux se trouvaient à Tfaples dans un portique attenant à une villa oil il avait fait un séjour. Un jour, nous dit-il, interrogé par des enfants, il eut l'occasion de leur en expliquer les sujets et la composition. Ce qu'il avait dit ainsi, il le mil ensuite par écrit, pour qu'en le lisant les jeunes gens pussent ap-

1. Il utilise pour cela des tragédies perdues, ce qui donoe aujourd'btU à ses râcits une certaine valeur documentaire.

Page 1