Hercher. ouv. cité. II. p. LKIV
S. Voir dans Hinck, ouv. cité, p. 46, le discours du mnltre atcv- ■aut son esclave d'adultère, et, p. 49, la description du cortège du roi de Babylone.
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793GHAP.VI.— DESEPTIME-SÉVÉRE A DIOCLÉTIEN succès de son livre. Les nombreuses citations de Suidas attestent qu'il demeura populaire jusqu'au x' siècle au moins.
Nouveau progrès avec Xcnophon d'Éphèse ', qui semble appartenir au m* siècle. Si nous étions plus sûrs des dates, c'est à ce moment, et par le fait do cet écrivain, que nous pourrions considérer le genre comme définitivement constitué. Malheureusement, la seule raison qu'on ait de croire que Xénophon a écrit au m' siècle, c'est que, d'une part, les caractères de son style et de son œuvre ne permettent guère de le faire remonter plus haut, et que, d'autre part, il parait ignorer la destruction du temple d'Éphèse, qui eut lieu sous Gatlien, en 263. Rien de tout cela n'est bien probant ni bien précis, même en ajoutant qu'il semble avoir mis à profil l'œuvre de Jamblichos, et qu'il a été imité à son tour par Héliodore et par Chariton, ainsi que par Arislénète '.
Son roman est intitulé Récits éphésiens relatifs à Anthéia et à Habrocomès (Karà "Av9eixv xai 'ASpoxôjtTiv 'Eipeoiajwt Xôyoi), ou^ par abréviation, les Èphésiaques, CEfE<;ixxx] '. 11 a pour sujet les amours du bel Habrocomès d'Éphèse et de la jeune Anthoia, ou plutôt les tristes aventures qui les séparent aussitôt après leur mariage et qui neprennentQn qu'avec le roman lui-même. Ces aventures, en elles-mêmes, sont analogues à celles qui remplissaient les Babijloniques; mais voici la nouveauté du livre. D'abord, elles ne se passent ni dans des
1. Suidas, Sivofùv 'EfEmof. En dehors ( Doua apprend à peu près rien, nous n'avons biographique sur Xénophon.
3. E. Rohde, Gr. R., p. 388 et sniv. Cf. Schnapf, De imilalioni* ratUme inler lletiodorum et Xenophonlem Epkesium, Kemplen, 18S7.
3. Da.QS le texte qaa nous possédons, il forma cinq livres, qui conduiaenl l'aventura jnsqu'à son dénouement. Selon Suidas, il formait dix livres. H est donc poseible, mais nullement certain, que notre texte représente une édition abrégée. E. Rohde, p. 401.
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LE roman; XÉNOPHON D'ÉPHÈSE 793
pays lointains ni dans un temps fabuleux. Le lieu de la scène est le littoral de la Méditerranée, lonie, Rhodes, Chypre, Cîlicîe, Syrie, Egypte, Sicile et Grande Grèce. Le temps, sans être strictement délerminô, est celui de l'empire romain ; l'administration impériale apparaît çàet là. A un monde fabuleux a donc succédé le monde réel. En outre, si les événements continuent à se produire au hasard; du moins il y a eifort pour resserrer le lien moral des situations, en donnant plus d'importance aux volontés des personnages principaux. Ilabrocomès, avant son mariage, a offensé Éros par ses dédains ; la colère du dieu le poursuit, tandis qu'Apollon, Artémis et Isis prêtent leur appui aux deux victimes. Puis, les deux jeunes époux se sont juré l'un à l'autre de se rester fidèles, quoi qu'il arrive; et la plupart des dangers qu'ils courent résultent précisément de l'observation volontaire de ce serment. Par là, un intérêt plus vif s'attache à eux : ce ne sont pas simplement des jouets de la destinée, ce sont des cœurs passionnés, qui obéissent à des sentiments nobles et profonds. 11 y a d'ailleurs, dans le récit, sinon des portraits vivants, du moins certaines esquisses assez nettes. Si l'auteur avait su serrer de plus près la réalité, le roman de mœurs eût été créé. Mais il lui manquait pour cela la puissance qui donne la vie. Son récit, léger, rapide, d'un tour assez élégant, est superficiel jusqu'à la sécheresse. Il n'approfondit rien, ne détache rien avec vigueur. Dans l'expression même de sentiments vrais et touchants, il se contente des conventions faciles de l'école. En cela, bien qu'il s'exprime dans un langage souvent négligé, qui n'est ni attique ni même classique ', Xénophon est sophiste de tradition ; son plus grand mérite, comme écrivain, consisteàéviter la prolixité vide, trop commune en ce siècle.