‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 382 sur 514 · E. Kohde, p. i05, note · texte numérisé non relu

E. Kohde, p. i05, note

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794r,HAP.VI.— DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN Du même temps à peu près semble dater le roman anonyme d'Apollonius de Tyr, qui a fait, comme on le sait, brillante fortune à travers le moyen âge et jusqu'aux temps modernes <. Le texte grec en est perdu ; et nous n'en possédons plus qu'une traduction en latin vulgaire, du vi* siècle probablement, qui l'a sensiblement altéré en lui donnant une couleur chrétienne *. Le sujet est une série d'aventures merveilleuses dont le héros est un jeune prince tyrîen, nommé Apollonius, qui voyage, résout des énigmes, échappe à mille dangers, épouse la ûlle d'un roi de Cyrène, puis la croit morte et fait jeter son corps à la mer dans un coffre, perd aussi sa fille Tharsia, la retrouve, bien des années après, en lonie ainsi que sa femme, et fmalement devient roi d'Antioche, de Tyr et de Cyrène. Plusieurs détails semblent empruntés aux Éphésiagnes, ou dérivés de source commune ^ En outre, on est frappé d'une certaine res sembtance générale, qui lient soit à la nature des événements et au théâtre de l'action, soit à la forme sèche et superQciello du récit. Mais les motifs moraux y sont moins nets, moins prédominants, et l'action est de nouveau située en un temps vague, dans une société quel-

1. Singar, ApoUoniiii von Tijitn, Untcrsuchung ueber das Fortleben des antiken Romans in apaetereo Zeilen, Halle, 18M.

2. Voir anrtout la préface de A. Rieee, en tête de sod édiUon : Hialaria Apollonii régis Tyri, Leipzig, 1871 ; 2* édition, 1893. — Cf. E. Robde. Gr. R. p. 408 et suit., et PauIy-WiBfiowa. Àpolloniui, n* 89. L'existence d'un original grec, quoique certaine, no se fonde sur aucun témoignage positif. On l'a déduite d'abord den hellénismet qu'on a cru relcTcr dans le latin du traducteur (voir A. Riew, préface: contredit par Liclmann, VeberSprache und Kritik dt» laleinitcken Apolloniui Bornant, Speier, 1831). Elle résulte surtout de la nature mémo de l'œuvre. - LeB remaniements en grec vulgaire qui ont eu cours cbez les Byzantins dérivent de la traduction la- . Une (Krumbacher, Byi. Liter., { !52).

3. Riese, Préface, seconde édition, p. XVI. Selon Krumbacher {Byz- Literaturgcscb., 3 !52), l'imitateur serait au contraire Xénophou.

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LE roman; HÉLIODORE 795

conque. Si donc le roman d'Apollonius est postérieur aux Épkésiaques, on ne peut pas dire qu'il marque un progrès du genre, malgré son succès, dû en grande partie au merveilleux plus ou moins patliétique dont il abonde.

L'œuvre la plus considérable qu'ait produite dans la littérature grecque l'imagination romanesque est celle d'Héliodore, intitulée les Éthiopiques (AiOio^ui) ou Théagène et Chariclêe, en dix livres. H n'en est d'ailleurs aucune où se découvre mieux, sous des qualités réelles, et en raison même de ces qualités, l'impuissance radicale de ce temps à dégager le principe de vérité qui seul aurait pu donner au roman une solide valeur.

L'auteur s'est nommé lui-môme à la fin de son livre : « Héliodore, phénicien, d'Emèse, de la race du soleil, fils de Théodose » '. Selon l'historien Socrate, qui écrivait dans la première moitié du v" siècle, « on disait » que cet Héliodore n'était autre qu'un évêque de Tricca en Thessalie, auquel il attribue l'origine d'une coutume propre à cette province '. La forme même de ce témoignage ne permet pas d'en faire grand cas. De nos jours, Rohde a démontré qu'il devait être absolument rejeté : le syrien Héliodore ne peut avoir rien de commun avec le chrétien en question ^ Retenons donc seulement, du dire de Socrate, qu'il a écrit nécessairement avant la fm du IV» siècle. Mais son œuvre, comme Rohde l'a fait voir, a une couleur néo-pythagoricienne, qui convient sur-

i. Nous D'avons ancuoe notice sur lui. Nos seuls renseignenienti sont ceux que nous discnlons dans le loxte.

i. Photins, cod. 13, s'exprime de même : «ûtdv SI (Héliodore) xnl ncxraoKixoù tu;(i[v â^iûtuiTac Cimpov çavi. — Nicéphore Callistos. qni écrivait bu tiv* siècle son Hiêtoire ecclétiailigue, en sait plna long. Il raconte (XII, 34) qu'Héliodore. ayant composé les Éthiopiifuei dans sa JennesBe, tut sommé par le synode de Thessalie, lorsqu'il était évoque, de les supprimer ou d'abandonner l'âpiscopat. Il se démit de ses (onctions plutôt quo do brûler son œuvre.

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