‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 384 sur 514 · LA POÉSIE DU III' SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE DU III' SIÈCLE

Diverti témoignages nous font entrevoir d'abord une poésie ornciellc, qui a pour centre Rome, pour sujet l'éloge des eiupereurs, vivants ou morts, ou encore la célébration des événements qui les touchent. C'est ainsi que la vie de Seplîme-Sév&re, et en particulier son expédition contre les Parthes, avait été racontée en détail dans divers poèmes pscudo-bistoriques, dont nous ne connaissons même plus les auteurs ' .Vers le même temps. Gordien, le futur empereur, composait, tout jeune encore, un poème épique en trente livres, intitulé VAnloniniade, où il retraçait la vie d'Antonin le Pieux et celle de MarcAurèle*. Le cercle lettré de l'impératrice Julia Domna, dont nous avons parlé, ne goûtait pas moins la poésie que l'cloqucncc : on a vu que le poème des Cijnégi'-iiques, du second Oppien, lui fut dédié. Ce goût se perpétue à travers tout le m' siècle. L'empereur Gallien, d'après Trébellius PoUion, non seulement favorisait la poésie, mais il la cultivait lui-même; quand il célébra le mariage de ses neveux, nous dit ce biographe, tous les poètes «grecs cl latins » de la cour composèrent des épitliatames, el lui-même récita des vers dont il était l'auteur*.

Le drame semble avoir complètement disparu. C'est vers la fin du m" siècle, probablement, qu'on a cessé do jouer les tragédies classiques. Philoslrate de Lemnos. dans ses Tableaux, remarque encore, à propos de Vf/ercule furieux d'Euripide, qu'un peut le voir souvent sur la scène *. Mais, cent ans plus tard, Libanios attestera que la tragédie a quitté le théâtre et est désormais confinée dans l'école '. C'est donc entre

\. Hi;-roaii.-n, II. ch. xv, 8.

S. Cajiilol., (ïorrftani, ch, m. 3. Trpb. Pollion. GalUeni, ch. ii, 6.

t. laWaiix, II, S3. Voy. Haigh, Ihe traijic draina ofihe Greeks, p- (57.

D. Lil)»»., Contre Aristide, p. 391 Hciakc.

jM,Googlc

801 GHAP.VI — DE SEPTIME-SÉVÈBE A DIOGLÉTIEN ces lieux dates qu'elle a cessé d'être jouée en public. Et non seulement on ne la joue plus, mais on ne l'imite même pins. Nous ne connaissonsaucunc œuvre déforme dramatique qui puisse être rapporico à ce temps, après les « tragédies » d'CEnomaos de Gadara, dont il a été question plus haut.

Les seuls genres qui subsistent sont l'épopée mythologique, la poésie didactique, et certaines formes de poésie lyrique.

L'épopée mythologique paraît avoir été spécialement exploitée par les érudits. Sous Septime-Sévère, le lycien Nestor, de Laranda, compose des Métamorphoses, dont il ne reste rien, et il réalise en outre le tour de force ineple de refaire une Iliade, en éliminant successivement de chacun des vingt-quatre chants la lettre do l'alphabet qui en marquait le numéro d'ordre ("IXiàç î,£!T:&Yf*l*f*'''™î)'- ^^ P^" P'"^ lard, son fils, Pisandrr, sous Alexandre Sévère, met en vers tout un cycle mythologique en soixante livres, qu'il intitule Théogamies héroïques, c'est-à-dire unions des dieux et des mortelles, des déesses et des héros '. — A''er3 le milieu du siècle, un poète dont Porphyre seul nous a conservé le souvenir, Zoticos, ami de Plotin et critique de profession, après avoir donné une édition d'.Antimaque, versifiait la légende de l'Allantido « très poétiquement » *. — Mais, en ce genre, le mieux doué parait

Page 1