‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 409 sur 514 · Panegyr. in Orig., eh, vii-xv · texte numérisé non relu

Panegyr. in Orig., eh, vii-xv

OaiGËNE 84d

■encore confus dans les ouvrages de celui-ci s'offre ici sous l'aspect d'une construction simple et puissante. Nous voyons, par une lettre d'Origène lui-même dans Eusèbe, que ses cours furent suivis quelquefois par des philosophes étrangers au christianisme ' : il n'y a pas lieu d'en être surpris; car si ce large enseignement aboutissait à la théologie chrétienne, c'était, commeon le voit, en traversant presque tout le domaine du savoir hellénique '. Et c'est justement cette influence profonde de la pensée grecque, pénétrant dans toutes les parties d'une doctrine d'ailleurs chrétienne, qui a constitué ce qu'on peut appeler l'Origénisme et qui l'a rendu bien vite suspect à une orthodoxie défiante.

En elle-même, et par l'effort sincère qu'elle révî-le, l'œuvre d'Origène inspire le respect. Mais, au point de vue de la critique littéraire, il faut reconnaître qu'elle demeure secrètement viciée par quelque chose de hâtif et d'incomplet. On ne peut s'empêcher de regretter qu'un homme d'une si haute valeur ait ou si peu de temps pour mûrir sa doctrine et pour dégager sa personnalité. Chargé d'enseigner à un âge où les esprits réfléchis commencent seulement à apprendre, Origène fut contraint toute sa vie de se faire rapidement ses idées, à mesure qu'il les exposaîl : il n'eut jamais le loisir de se recueillir, de réviser ses méthodes, de se juger lentement lui-même, d'éliminer les parties faibles de sa philosophie et de condenser les autres. Par suite,

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