‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 421 sur 514 · LA PHILOSOPHIE : JAMBLIQUE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE : JAMBLIQUE

le Traité sur la science malhcmatique en général (Hîf'- t?,î xoiirS; {mOnjXKTDfïî; îm(jirr,[j!.ï);) i; l'Introduction arithméligue ('ApiOitniTiJcv; ït(ï«Y**p. ou mieux llspi Tri; Nixojti^ou àpiO[iiiTixr,i stiatYw^î) ' ; la Théologie de l' Arithmétique (Ta ôsc?.OYO'i[AEvx Tii; iptôfjiïiTixïii;) ^. Un autre grand ouvrage, qui parait avoir formé une Ireolaine de livres, avait pour objet la Théologie chaldaîque (Xa>.Saï)CT) Oeoloyia), dont Jamblique prétendait faire une des sources principales de sa doctrine : il ne nous en reste rien. De son écrit, très important. Sur tâme (llîpi <Jft>/^'^;), subsistent seulement les fragments assez étendus qui Ggurent dans les recueils do Stobée et de Jean de Damas. Kous savons en outre qu'il avait composé des Commentaires sur Platon et sur Aristote, entièrement perdus, et plusieurs autres ouvrages encore, parmi lesquels les plus notables étaient, d'une part, un écrit Sur les dieux, probablement celui dont Julien s'est inspiré dans son discours au Soleil-Roi, de l'autre, une Apologie des idoles (HÈfî àyaXfjLiTwv) , dont Photius analyse le contenu (cod. 2i3), et qui fut réfutée au vi" siècle par l'évèque d'Alexandrie, Jean Philoponos.

Plusieurs des ouvrages conservés présentent, comme on le voit, un caractère singulièrement lecbnique; ils sont faits de considérations mystiques sur la science des nombres. D'autres, comme V Exhortation, n'offrent guère qu'un assemblage de morceaux empruntés à divers écrivains et paraphrasés dans des vuesd'édilication. Ceux qui appartiennent le plus à leur auteur, comme la Vie pythagorique, sont sans mérite littéraire : la forme en est banale, le style diffus, la composition molle et

1. Jamblichi de commuai mathemaiica libei; ail Qiem cod. eJi<l. FeBta, mâme collection, Lipsice, 1S9I.

2. Jamblichi in Nicomachi arilhmelicam introduclionem liber, eil. U. Pistelli. même collection. LipsiiB, 1892.

î. Theologumeaa arithmeticat, edid. Ast, Lîpsi», 1817.

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890 GilAP. VII. — L'OaiENT GREC AU 1V° SIÈCLE fastidieuse; null» critique; un ton de panégyrique, une crédulité superstitieuse et puérile. Si Jainblîque intéresse néanmoins l'iiistoire littéraire, c'est uniquement parce qu'il représente, mieux que personne, l'état dame d'une partie de ses contemporains. Nous voyons en lui l'hellénisme devenu une religion exaltée, dont les fidèles, de plus en plus détachés des intérêts terrestres, vivent en plein surnaturel. La foi l'emporte en eux sur la raison; ils demandent à la révélation divine ce qu'ils n'attendent plus de la recherche; ils s'adonnent avec une ferveur étrange à la divination et à lalhéurgie; ils sont en commerce avec les hons démons et en guerre avec les mauvais. De plus en plus, leur esprit perd le contact de la réalité, pour se laisser aller à des spéculations extravagantes. Jamblique réalise l'idée de dieu en une série infinie d'êtres imaginaires, de triades superposées et emmêlées, et ses disciples acceptent tout cela sur la foi du maître. On ne sait plus et on ne se soucie plus de savoir quelles sont les conditions de la démonstration et les caractères de la vérité ; la raison a perdu sa force. En revanche, l'imagination et la sensihilité sont excitées d'une manière maladive. Tout atteste un dérangement intime de l'équilibre mental, qui est surtout manifeste chez les mieux doués.

JVulte part cela n'apparait plus clairement que dans un opuscule longtemps attribué à Jamblique, l'écrit Sur les mystères, qui ne semble pas être réellement do lui, mais qui provient certainement de son école '. L'objet

I. Le vrai litre de cet ûcrit eut Réponie du mailre Abammon à la lettre de Porphyre à Anébon et tolulion de) doutes qui y sojtt proptui* ('ASâ|iit(>)VD( iiSoiaxEiïou Rpôc triv IlDpf upiou npàc 'Av«Eci> inimoliitv àn£xpivi; xal Ttôv tv avifi ànopTuiàiuv Xùiti(). Zellcr, Phil. d. GHechen, t. V. p. 7iâ. Éditions; voir Gale, De mynteriia /Egypliorum, 161S; Partey, Jamblichi de mysteriU liber, Berlin, ISoT.

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