‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 450 sur 514 · Photius, cod · texte numérisé non relu

Photius, cod

*. Choricii Gatiei oralionea, deelamaiionei, fragmenta vA. Boissonade, Paris, 1846. Compléments: Graux, Rev. de Philoi, 1877; Rich. Fœrstor, Met. Graux, p. 639, et Choricii oraliont! nuplialei iluo éd. B. Fœrster, Vratial., 1891,

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986 CHAP. VllI. — LA FIN DE L'HELLÉNISME

secunduires qu'elle continue à susciter, et parmi lesquels il faut dislinguer le romao et le genre épistolaire.

Le déclin du roman sophistique est représenté par deux écrivains, dont les dates ne peuvent plus être déterminées que d'une manière très approximative, Achille Tatios et Chariton. Le premier est le plus intéressant, surtout parce qu'on voit chez lui plus nettement les effets d'une imitation servile, qui stérilise l'invention '.

Achille Tatios, d'Alexandrie, a composé, sous le titre d'Aventures de Leucippe et de Clilophon (Ta •a%t% Ae«xt'inniy kx'. KXciTOfùvra), un roman en huit livres, qui procède, aussi manifestement que possible, des Èthiopû gués d'IIéliodore. Il date donc, au plus tdt, du iv* siècle. Mais certaines ressemblances frappantes avec des passages du poème de Musée donnent à penser que l'auteur a dû être en relation avec l'école de Nonnos, à la fin du v" siècle ou même au \i* siècle. Dans ce roman, le jeune Clitophon raconte lui-même son amour pour Leucippe et les épreuves qu'ils ont subies avant d'être mariés. Avec eux, nous allons de Syrie en Egypte, d'Egypte en Asie Mineure. >'aufrages, enlèvements, combats avec tes brigands-bouviers du Delta, nous retrouvons là tout le fonds romanesque des Éthiopigues. Comme le Tliéagène d'Héliodore, Clilophoo est aimé passionnément d'une femme riche et ardente, qui ne peut le rendre infidèle à celle qu'il a choisie; comme la Chariclée du même Héliodore, Leucippe, devenue esclave, voit son honneur mis en danger par son maître, mais, comme elle aussi, elle est sauvée par la protection divine. Si l'invention des faits se réduit à peu de chose, l'auteur se rattrape sur les détails. So-

1. Suidas. 'AzilXtù; Triiiof. PUotias, cod. 87. E. Rohde, Dtr Grierh. Roman, p. «î. W. Schmid, art. Athilhus Talios, n- 1, dans Paoly- Wissowa. Selon Suidas, Arbille Tatios serait deveuii chrétien,

puis évéque.

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LE ROMAN : ACHILLE TATIÛS, GHARITON 987

plii&te de profession, il ne clierclic que l'occasion de nous montrer son savoir-faire; il abonde eo descriptions, en discours, en lettres, en plaidoyers, en lieux communs; morceaux de rhétorique qu'il soigne avec prédilection. Il a dil à cela d'être considéré dans les siècles suivants comme un écrivain; on le citait à Byzance parmi les modèles du style h la fois élégant et simple >, malgré des fautes do langue qui avaient cessé d'être remarquées; et ces qualités faisaient passer sur la liberté de ses peintures et de son langage ^

Chariton, auteur des Aventures de Chseréas et de Callirrhoé (Ti irepî XaipÉatv xai KallippÔw) se donne luimême, au début de son récit, pour originaire d'Aphrodi- Bias en Carie et i>our secrétaire du rhéteur Alhénagoras *. Personne autre ne nous renseigne ni sur sa personne ni sur son temps. Lui aussi imite Héliudoro et, de plus, Xénophon d'Ephèse *. Bien qu'il vise à l'élégance et à l'atticisme, la médiocrité de son style, pourtant soigné, semble autoriser à le considérer comme le dernier des romanciers de la période sophistique. Son roman touche à l'histoire par certains détails : Callirrhoé est fille du syracusain Ilermocrate, qui combattit les Athéniens en 413; Chierêas est fils d'Ariston, d'abord antagoniste d'Hermocrate, puis réconcilié avec lui par le mariage de leurs enfants. Le drame est censé se passer après la guerre du Péloponnèse, au commencement du n" siècle. Une

1. PholiDS, cod. 87 : Kal U\n xa'i ouvSt.xii toxil iiaicpiictiv... àçopiv- Tixa< Te lai ogif (l; val Tb f,Sù f ipavvai at «XtCoToii ncpioiai xal TÎt* àxaJiv lù fj^cd XEiaivaucai.

2. Ibid. : tb >!c<v iiitipaiirifoi xiil àxâBapiav tiûv yvw|j.ûv.

3. Sur Chariton, voir sarlout E. Rohde, Der Griech. Roman, p. 408 et SUIT. ; il conaidère cette indication comme allégorique, sans raisons bien solides, A mon avis.

4. B. Bohde.p. 489, noteSel p. 402. Certaines ressemblances arec Achille Talios ne permettent pas de déterminer lequel a imita

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partie des événemenls a lieu en Asie dans l'empire d'Artaxerct'si. IMais si l'auteur a tenu un certain compte du l'histoire pour conslituer son cadre, il n'en a plus le moindre souci dans l'invention des péripéties. Celles-ci mnl de pure fantaisie et ressemblent à celles des romans antérieurs. Callirrlioo, mariée dès le début à Cli<eréas, est crue morte, enterrée vivante, enlevée par des pirates, vendue en Asie, où elle épouse Dionysios, liche citoyen de Milel; elle passe de là dans le liarem d'Arlaxercès ; puis, par suite de la révoUe do l'Egypte, est transportée à Arados. Chjeréas, de son cûté, ayant appris <]ue sa femme était vivante, part à sa recliercho; il est pris par des barbares, vendu au satrape de Carie, Mithridate, se rend avec lui à la cour du g;rand roi, devient un des chefs des révoltés égyptiens, s'empare d'Arados à la tète de la Hotte qu'on lui a confiée, y retrouve sa femme, et la ramène à Syracuse. Au fond, l'aclion, malgré les invraisemblances essentielles, est moins chargée d'incidents bizarres, que dans les précédents romans. Elle marche assez droit à son but. En outre, le roman a un certain charme do douceur et d'humanité, dans la représentation des mœurs. Mais les figures y sont pâles et comme effacées, souvent même inconsistantes, les foules y agissent automatiquement, à la fantaisie de l'auteur, qui lasse le lecteur par l'emploi monotone de certaines conventions puériles '. Enfin, la rhétorique et le bel esprit y déQgurent trop souvent la vérité.

Après Achille Tatios et Chariton, le roman disparait

1. En réalité, HcrmotrHle âtait mort en *0B, avant la fin ,le la guerre du Pélopoonèsp, et la révolte <le l'Egypte n'ent lieu que sous le rèfine d'Ochus,

i. Par exemple, la beauté de Callirrhoé, que personne ue peut Toir sans être frappé de slnppnr, ou encore la Kenommée (*t,jit,i. dont c:huriton se sert pour faire porter au loin les nonvelles, quand cjdaluj.esJ coiumoile.

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