LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE
pour nous. Mais nous voyons, par les lémuignagcs de Photius et par d'aulres, que ces productions fasUdicuses furent beaucoup lues et très admirées dans les siècleii du moyen-âge byzantin;et,à partir du xi' siècle, (|uand une certaine renaissance d'art liltéraire se produit à By/ance. sous les Comnène, le roman reparaît '. Iléliodore et Acliille Tatios, considérés comme les maitreu du genre, trouvent alors des imitateurs dans EustaUiios Macrembolilès, dans Constantin Manassès, dans Théodore Prodrome, qui est lui-même imité par Nikétas Kugénianos. Ce nouveau roman est l'imago ou la caricature de l'ancien, déliguré par un mélange de raflinement puéril et de grossièreté barbare.
Outre ces romans, les sophistes des derniers siècles nous ont laissé aussi un assez grand nombre de lettres, qu'il est impossible de passer complètement sous silence. Elles se répartissent on trois classes : lettres réelles, lettres fictives, lettres apocryphes. Chacun do ces groupes a ses caractères propres; mais tous ont en commun le manque de vérité, l'affectation et la recherche, qui caractérisent la rhétorique d'alors. En cela, ce sont les mœurs qui font sentirleurinlluence, non les préceptes. Car la théorie scolaire fait do la simplicité la loi même du genre ; et cette théorie s'affirme alors plus que jamais dans les écoles. Démétrius de Phalère, autrefois, était censé avoir composé un opuscule conservé sur les diverses sortes de lettres (Tû:»i i::t<;ToXt«(). L'auteur de même nom, qui a composé le traité De télocution (n<pi IfjinvBiaî), a, lui aussi, un chapitre sur le même sujet; et, au v* siècle, le platonicien Proclos le traitait encore dans des pages que nous pouvons lire*. Tous re-
1. E. Rolide, Dtr Grieck. Roman, p. 5!t et suiv. KrumbachiT, Getch. d. fr'jiant. LUI., \ 1S6.
2. Ces différents opuscules ou chapitres dilachée ^e trouvent en été des Epitlolographi grsd de Uercher, Bibl. Didot, Paris, 1871.
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990 CHAP. VIII. — LA FIN DE L'HELLÉNISME commandent d'éviter l"enilure. Proclos en particulier '. Celui-ci demande avant tout la clarté, labrièvelé, avec un certain « archaïsme », c'esl-à-dire un choix de mots classiques qui s'éloigne un peu de l'usage courant. Mais, en réalité, on aimait trop le l»el esprit alors pour n'en paii motlre>dans ces courtes compositions dont il semblait faire le principal mérite. Nous l'y trouvons à satiélc.
Comme lettres réelles, nous devons citer celles des Bophislcs Dcnys d'Antioche, Énée et Procope de Gaza, qui appartiennent à la Cm du iv' siècle ou au commencement du V».
Denys d'Antioche nous a laissé quatre-vingt-cinq lettres, toules fort courtes ', L'auteur vise à la concision ôléganle. Sur chaque sujet, une ou deux phrases, ciselées avec coquetterie. La lettre ainsi conçue ressemble à une épigramme. Un tel recueil pouvait faire apprécier l'art de l'auteur dans le milieu contemporain, mais ces jolies phrases ne nous apprennent rien, ni sur les personnes, ni sur les choses.
Le recueil d'Knée de Gaza comprend en tout vingtcinq lettres, un peu plus développées que celles de Denys^. Ce sont d'ailleurs des morceaux travaillés avec le même soin et tout aussi futiles. Parmi ses corre.spondants figurent les sophistes Sopatros, Zosime, Denya, Théodore, Epiphanios- des prêtres et des évèques, quantité de gens qu'on aimerait à connaître : aucun d'eux n'est vraiment caractérisé dans ces lettres.
Le plus étendu de ces recueils est celui de Procope
t. Diilot. p. ^ : 'H fàf iicip TÔ Hdv -J^^iYOp'" ^ii t'a ^iC f pioiu; C>n(|>oyxov xa\ m intpHTTixii^tiv àXliiTpiov -roC tûv tniotoliûv japaxcîipoi xaBiotiiuv, û;nxvti; d1 nnXaiol (iipTupDwi. El il rappelle le précepte lie PliiloElrale : Stî tV if,î tniorg/ii! çpâaiv... h^tî Xiav 6-jT,ïiiï eMi |1T|TE taneiviiT ÔEyoïv, àWi [iJaT,v tivx.
a. Epiilol. grgci, Hercher, p. 259.