‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 48 sur 514 · Cf. Snsemllil, p · texte numérisé non relu

Cf. Snsemllil, p

!. Diog. L., IX. 6t-10S. — Cr. Brochard, Pyrrhon et U iceplieitme primtif, dans la Reout phitosophiqve de mai ISSS. 3. Cf. Dlog.L., t6iil.

jM,Googlc

Pyrrhon, comme tous les philosophes de son temps, se met à la recherche du souverain bien, c'est-à-dire du honheur. Mais au lieu de fonder le bonheur sur une eonnaissance exacte des choses, il lo place hardiment dans l'indifférence à l'égard de cette connaissance; il dirait volontiers, comme Montaigne, que le doute est un « mol oreiller pour une tète bien faite. »

Nous ne pouvons rien connaître, en effet, parce que rien n'est essentiellement. Le bien et le mal n'ont pas d'existence en soi : c'est la convention et le préjugé qui les créent. Ni les sens ni l'opinion ne nous apprennent rien de solide. La raison, par C{>nséquent, ne peut bâtir sur aucune donnée certaine. Pyrrhon répétait volontiers des apliorîsmes comme ceux-ci : « II n'y a pas de définition '. » — « Autant ceci que cela ». » — a II n'y a pas d'argument qui n'ait sa réfutation. » — a Dans l'inconsistance des choses et l'équivalence des raisons contraires^ il n'y a pas de connaissance possible de la vérité '. »

Le sage n'a donc qu'une chose à faire : suspendre son jugement, no rien dire^ avouer qu'il ne sait pas et ne comprend pas (iiîOx'lj liçacia, àx^TxM^ic-). S'il sait s'en tenir à celte prudente réserve, il sera parfaitement exempt de troubles et de soucis, et trouvera l'àTapaÇix vainement cherchée par les autres écoles.

Jusqu'où allait le doute de Pyrrhon f Suivant Diogène, il était absolu, et s'étendait à tous les détails pratiques de la vie : il fallait que ses amis lui lissent éviter les chiens et les précipices pour le soustraire au danger*. Suivant Énésidème {cité par Diogène), Pyrrhon n'allait pas si loin, et nous en croirons volontiers ce second té-

Page 1