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CHAPITRE VIII

UOHBRE ET LES HOHERIDBS

[. Les biographies d'Homère. — II. L'histoire probable; l'élémcat coliea et rélcmeat ioDiea. Les Homcridcs de Chioi. — IIL Diflusion de la poésie homérique. Los aèdes. Voyages des Uomérides. Les Créophylieas de Samoa. — IV. Les rfaapaDdes. Accueil fait aux poésies homériques dans diverses cités. Lycurgue, Solon, Pisisirate. — V. De la chronologie homérique.

Après avoir étudié la poésie homérique en ellemôine, il nous reste à ratlachcr autant que possible l'histoire tle son développement à des lieux et à des temps délerininés'.

S'il était prouvé hîstoriqucmenl qu'il y a eu un

1, On trouvera un ulile résumé de ces questions avec les textes principaux et beaucoup d'iudicntioiis bibliographiiiues dans les deux Dissertations homériques de Scngebusch, déjà citées plus haut. Rappelons qu'elles se truiivi^nlcn tête de Mliade cl de YOdyssfe de G. Dindorf, dans la Uibliothfijue des auteurs grecs et latins de Teubiicr, La première se rapporte spécialement aux oerit» des anciens sur Homère, In seconde aux questions liomcriijues ellesmêmes. Voir aussi Nitzseli, Aîeleteiiifitum de lûstoria Ilomeri. Il, pars altéra. Sentcntiae veterum de Ihmeri patria tt actatt digeriialur, Kiel, 183i.

grand poète nommé Homère, nous devrions, d'après nos précédentes conclusions, essayer de déterminer à présent quelle a été sa véritable part dans la formation soit de Vlliade^ soit de VOdyssée, soit de l'un et de l'autre poème, et il est clair que la solution de ce problème résulterait assez naturellement de ce qui a été dit jusqu'ici. Mais il s'en faut de beaucoup qu'il en soit ainsi. Les traditions anciennes relatives à Homère présentent en grande partie le caractère de fables, et ce qu'elles renferment de vérité historique semble s'appliquer bien moins à un homme qu'à une succession de poètes. Nous devons tout d'abord les faire connaître sommairement, et nous essaierons ensuite d'y démêler, à travers la légende, ce qui peut appartenir à l'histoire.

Il nous reste huit biographies ou notices anciennes ayant Homère pour objet*. Il y a quelque intérêt à analyser, comme un spécimen du genre, la plus considérable, — celle qui porte, bien à tort, le nom d'Hérodote.

C'est une sorte de roman biographique, qui n'est pas absolument dénué de mérite. Au moment de la fondation de Kymé en Eolie, nous dit l'auteur, il se fit là un grand rassemblement de Grecs d'origines diverses ; parmi eux était un pauvre Magnésien, Mélanopos, fils d'Ithagène, fils de Kréthon ; il épousa à Kymé la fille d'Omyrès ; de ce mariage naquit Krélhéïs, qui devait être la mère du poète. Voilà donc les ancêtres d'Homère déterminés ; ce sont des

1. Westermann, Vitarum scriptores, I-VIII, Brunswick, 1845. La seconde biographie, celle du Pseudo-Plutarque, n'est reproduite qu'incomplètement dans cette collection. — Consulter sur toutes ces biographies la première dissertation de Sengebusch, p. 1-13.

Ioniens d'un côté et des Eoliens de Tautre. Mélanopos, en mourant, confie sa fille déjà grande à son ami Kléanax d'Argos. Bientôt Kréthéis devient enceinte du fait d'un inconnu. Kléanax, ne pouvant la garder chez lui, l'envoie alors dans la ville nouvelle de Smyrne, chez son ami le béotien Isménias*. C'est à Smyrne, sur les bords du fleuve Mélès, que naît l'enfant de Kréthéis, et en souvenir de cette circonstance il est appelé Mélésigène. Ainsi le père reste ignoré, l'auteur ne connaît que la mère et le lieu de naissance. Quant à Tenfant, sa vie commence d'une manière heureuse. Il est recueilli avec sa mère, à Smyrne même, par le maître d'école Phémios; devenu bientôt après l'époux de Kréthéis, Phémios fait l'éducation de Mélésigène. Celui-ci montre dès son enfance de merveilleuses aptitudes. Arrivé à l'âge d'homme, il voit mourir son second père et sa mère Kréthéis, mais il recueille leur héritage, et continue à Smyrne avec un grand succès la profession de Phémios. La réputation de son école attire vers lui les étrangers qui venaient commercer en lonie. Parmi eux se trouve un marchand de Leucade, Mentes, homme intelligent cl instruit, qui se lie avec le jeune maître, le décide à quitter son école et sa ville natale pour voyager et s'instruire en observant.

Représentons-nous donc Mélésigène parcourant le monde, comme Ulysse, sur le vaisseau de Mentes; sa vive curiosité s'intéressait à tout, il questionnait tout le monde, et sans doute même, nous dit gravement Tauteur, (( il prenait des notes sur ce qu'il voyait*. » En revenant de Tyrrhénie et d'ibérie, les

1. Le souci de la vraisemblance se fait sentir jusque dans ces fantaisies : Isniénias est essentiellement un nom thébain ; Kléanax convient bien à la glorieuse Argos.

2. § 6 : E'.xô; oe jjl'.v r^v xai avr)[jLfijyva :;aviajv YP^c^EaOai. Il nous a

voyageurs relâchent à Ithaque. Mélésigène y est atteint d\ine affection de la vue, qui oblige Mentes, partant pour Leucade, à le laisser là, confié aux soins de son ami Mentor. C'est pendant ce séjour à Ithaque, dans la maison hospitalière de l'honnête Mentor, que Mélésigène recueille les traditions relatives à Ulysse. Bientôt Mentes revient, reprend son ami plus ou moins guéri, et leurs voyages recommencent, jusqu'au jour où à Golophon le pauvre Mélésigène devient complètement aveugle. Il retourne à Smyrne, et c'est alors qu'il débute comme poêle.

Là aussi commencent ses malheurs. Réduit à la misère par suite de son infirmité, il mène désormais une vie errante. Nous le suivons d'abord à Néontichos, où il est accueilli par le bon Tychios, ouvrier en cuir, qui devait un jour figurer dans l'//iWe comme fabricant du bouclier d'Ajax. Il récite là, pour gagner son pain, la Thébaîde et les Hymnes; l'auteur dit avoir vu encore la place où il s'asseyait ; un peuplier noir y avait poussé depuis lors. De Néontichos, Mélésigène revient à Kymé, patrie de sa mère, et dans cette ville, comme à Néontichos, il charme ses auditeurs par ses poésies et ses entretiens; on s'assemblait autour de lui dans les « leschés des vieillards » ; encouragé par ses admirateurs, il ose demander au sénat de la ville de lui assurer l'hospitalité au nom de TEtat, promettant de payer en gloire ce qu'on ferait pour lui. Mais les sénateurs de Kymé n'étaient ni intelligents ni généreux. L'un d'entre eux fit valoir que si l'on recueillait ainsi tous les

précédemment avertis que probablement il songeait déjà à s'adonner à la poésie : Tacaç yàp xai trj :io'.T[a£i rfir[ -zàx ejcevoei IjciOiîaeaOai.

aveugles (ôfii^pouç)*, les caisses publiques seraient bientôt vides . Mélésigène ne gagna donc à sa démarche que le nom d'aveugle fOjxYjpoç), qui lui resta désormais. Devenu ainsi Homère, il s'éloigne de Kymé, après avoir exhalé sa douleur et son indignation dans des vers qui nous sont rapportés, et il se rend à Phocée. Là, mômes récitations dans les leschés. Son succès inspire au maître d'école Thestoridès' l'idée d'un marché singulier. Il propose au poète de le nourrir, à condition que celui-ci lui permettra de s'attribuer ses poésies. Homère accepte, et compose pour lui la Petite Iliade et la Phocéide. Avec ce bagage poétique, Thestoridès abandonne Phocée et va s'établir à Ghios, pensant avec raison qu'il so ferait plus aisément passer pour poète devant des auditeurs qui ne le connaîtraient pas. Il réussit en effet, et bientôt le bruit do ses succès pousse Homère à quitter Phocée pour aller à Ghios démasquer l'imposteur. Il se rend dans cette intention à Erythrées, y trouve des pécheurs qui refusent d'abord de le transporter, mais qui bientôt, rejetés à la côte par le vent et les flots, sont forcés de céder à ses prières. Ils le prennent avec eux et le déposent sur le rivage de Ghios près de Bolissos.

Accueilli par le pauvre chevrier Glaucos, Homère le charme par ses récils. Glaucos le conduit à Bolissos et rinlroduil auprès de son maître, qui confie au poète errant l'éducation de ses enfants. Homère

1. L'auteur nous assure que les gens de Kymé appelaient ainsi les aveugles. Ce témoiijjnage, confirmé par la seconde biographie (jui esl attribuée à Plularijue et par celle de Proclos, n'en reste pas moins fort suspect.

2. On rcmar<juera que ce maître d'école porte le nom patronymique de Calchas (//., I, 69).

compose pour eux la Batrachomyomachie et d'autres poésies du môme genre, qui le font bientôt connaître jusque dans la ville môme de Cliios. Thestoridès effrayé s'enfuit; el Homère vient alors s'établir comme maître d'école à Ghios, où il amasse quelque fortune, se marie, et devient père de deux filles. C'est là qu'il compose Vlliade et VOdyssée, où il fait figurer par reconnaissance ses anciens amis Mentes, Mentor, Tychios. Sa renommée se répand dans toute la Grèce, et pour en jouir, il forme le projet de se rendre soit à Athènes, soit à Argos. Il se met en mer et débarque d'abord à Samos; une prétresse l'écarté d'un sacrifice, et il la maudit; au contraire, une phratrie l'admet à son banquet de fête, et il la récompense par des éloges gracieux. G'est là aussi qu'il compose pour des potiers le Kajxivoç, et qu'au retour du printemps, accompagné d'une troupe d'enfants, il va chanter de porte en porte, devant les maisons des riches, l'ElpectwvY;. Il s'embarque cependant pour Athènes. Un malaise le force à relâcher dans Tîle d'Ios, où des enfants lui proposent une énigme qu'il ne peut résoudre. Sa maladie s'aggrave, et il meurt à los. Un tombeau lui est élevé sur le rivage par ses compagnons de vaisseau et ses compatriotes. L'auteur achève son récit en démontrant à sa façon qu'Homère était Eolien et non Ionien, et qu'il naquit six cent vingt-deux ans avant l'expédition de Xerxès (en 1102 av. J.-G. par conséquent).

Il est bien superflu, après cette analyse, de démontrer que ce conte n'est pas d'Hérodote, malgré l'annonce du début*. Non seulement l'auteur n'est pas d'accord avec le grand historien sur la chrono-

1. 'HpcJootoç 'AXixapvaaaeùç irspi 'Ofi^ipou ^tv^aio; x«l îjXix^riç xa\ Ptot^ç Taoc îoTopTjxs, ÇrjTT[aa; èîueÇfiXOsîv elç xo aToex^oraiov.

logie homérique ni sur la façon de considérer les poèmes du cycle, mais, ce qui est bien plus grave, il n'y a rien de commun entre la bonne foi simple de l'un et les combinaisons industrieuses au moyen desquelles l'autre dissimule son ignorance des faits réels. Son roman est visiblement composé de trois éléments , qui sont : quelques traditions locales de Kymé, de Phocée, de Smyrne, de Néontichos, de Ghios, de Colophon ; quelques poésies anciennes d'origines diverses, épigrammes, fragments épiques, inscriptions, oracles, chants populaires, énigmes, qu'il s'arrange pour introduire dans son récit; enfin ses inventions personnelles, empruntées soit à des réminiscences des poèmes homériques, soit à une vraisemblance générale qu'il apprécie à sa manière. Voilà donc comment on traitait l'histoire d'Homère en un temps qui ne devait pas être éloigné du siècle des Antonins*. Le crédit obtenu par un tel récit, qui s'est transmis jusqu'à nous à travers les écoles byzantines, montre assez combien l'on était dépourvu de renseignements authentiques. C'est ce que confirment d'ailleurs les autres notices*. On s'ac-

1. La date de celte prétendue biographie est incertaine, et elle a élé fort discutée; voyez Sengebusch, Homerica dissert, prior, p. 8 et suiv. Il me semble qu'on y sent la manière de ces historiens sophistes qui imitaient Hérodote et dont Lucien s'est moqué. D'ailleurs l'école d'Homère à Smyrne y est évidemment conçue à peu de chose près comme ^auditoire d'un professeur d'éloquence. L'auteur se représente le vieux poète comme Poléraon, et sou personnage ressemble à ceux qui figurent dans les Vies de Philostrate.

2. Nous avons sous le nom de Plutarque une sorte de traité en deux livres, intitulé Vie et poésie d'Homère (îiîpl xou pt'ou xai ttj; Tiotr^aEti); 'O|i.rîpou, Plutarchi moraliay éd. Didol, t. IH, p. 100). Ces deux livres constituent en réalité deux ouvrages différents. Le premier seul est biographique. L'auteur y rapporte d'une part le

cordait à peu près, il est vrai, à représenter le vieux poète comme aveugle et errant. Mais ce n'étaient pas là des traits vraiment individuels. Ils faisaient partie du type mémo de l'aède : car les poètes chanteurs allaient de ville en ville , et la poésie était parfois une ressource pour ceux que la cécité privait d'autres moyens d'existence. Nous voyons figurer dsknsV Odyssée l'aède aveugle Démodocos, et un passage de V Iliade cité précédemment (p. 75) nous raconte comment les Muses privèrent de la vue le poète Thamyris;

témoignage d'Ephorc sur la naissance d'Homère, de l'autre celui d'Aristotc. Celui d'Epbore s'accorde à peu près avec le récit analysé plus haut, sauf quelques détails sans importance, et une parenté fabuleuse avec Hésiode, imaginée par l'historien pour honorer sa patrie. Quant au récit imputé à Aristote, c'est une pure légende; Homère y est représenté comme fils d'un satyre ou de quelque autre divinité champêtre; sa mère Crithéis épouse Méou, roi de Lydie, etc. Il est évident que si ces fables figuraient réellement dans le troisième livre de la Poétique d'Aristote, comme l'affirme l'auteur, elles y étaient rapportées comme fables par le philosophe, qui se gardait bien de les prendre à son compte. Le second livre du traité de Plutarque est une introduction grammaticale, littéraire, philosophique, religieuse, médicale, astronomique, etc., à la lecture de V Iliade et de l'Odyssée, Il n'est pas impossible que ce curieux recueil soit une œuvre de la jeunesse de Plutarque, propre à donner l'idée de la façon dont on commentait alors la poésie épique ancienne dans les écoles.

Une autre notice se trouve mêlée au récit anonyme intitulé Homère et Ilésiodcj leur origine et leur concours (IlEp'i xou *0(itJpou xat 'IIaio5ou xa\ Toi3 ^^voi»; xai à.'^îùso^ auttuv, dans les Vitarum scrip^ tores de Wcstermann, n» 8, et dans l'Hésiode de Gœltling). Cela ressemble beaucoup comme genre aux inventions du faux Hérodote. C'est l'œuvre d'un lettré du second siècle, qui écrivait, scmble-t-il, peu après la mort de Tempcreur Adrien (§ 3). On y trouve des détails précis sur quelques poèmes perdus du cycle, et en outre d'autres poésies qui semblent anciennes et que l'auteur a mises ù profit comme documents. (Voir sur cet écrit Marck-» schefrd, Ilesiodi fragmenta, p. 33-42.)

enfin Taède de VBymîie à Apollon Délien se donne aussi pour aveugle. En réalité donc, lorsque l'antiquité prétend nous raconter l'histoire d'Homère, elle compose le roman de l'aède ionien. Mais elle le compose dans l'intention manifeste de concilier des traditions divergentes en accordant quelque chose à chacune d'elles, et par conséquent d'après certaines données réelles que nous devons maintenant nous appliquer à dégager.

Nous avons vu que V Iliade et VOdyssée reposaient sur une légende dont l'origine éolienne ne saurait être mise en doute. VIliade en particulier unit les traditions achéennes d'Argos à celles de la Phtiotidc thessalienne. Elle est donc comme la poésie naturelle de ces Achéens qui se sont réunis pour fonder les colonies éoliennes d'Asie Mineure*.

Si nous cherchons, parmi les légendes biographiques dont il vient d'être question, ce qui est en accord avec celte donnée capitale, nous remarquons immédialomcnt que les plus autorisées rapportent la naissance ou l'origine d'Homère à deux villes éoliennes d'Asie, Kymé et Smyrne*. Toutefois ces

1. SigiLilons simplement, à titre de curiosité, Tupinion de B. Tliierscli qui fait d'Homère un Grec d Europe, antérieur au retour des Héraclides : Jahrbùcher fur class. Philologie^ t. 1(1826), p. 435-468, et Uehcr das Zeitalter und Vaterland des Homcr, Halberstadl, 1824 et 1832.

2. Je dis les plus autorisées par la vraisemblance générale, et non par le crédit personnel de leurs auteurs. Car le plus remarquable des critiques homériques, Arislarque, faisait d'Homère un Alhénien (2" et 5'' biographie de VVestermann).

deux villes n'ont pas des titres égaux. Kymé nous est représentée comme la patrie de Kréthéis, mère du poète ; c'est à cette ville que se rattache sa maternité ; mais c'est à Smyrne, au bord du fleuve Mélès, qu'elle donne le jour à son enfant, d'abord appelé Mélésigène. Phocée enfin etNéontichos, autres villes éoliennes, nous sont citées comme des lieux où il aurait séjourné. D'autre part, lorsque Homère est devenu homme, lorsque déjà la gloire lui semble assurée, Kymé le repousse et il abandonne Smyrne de lui-même pour aller s'établir dans l'île ionienne de Chios. Il n'est pas douteux que nous n'ayons là de précieux indices pour l'histoire vraie delà poésie homérique. Kymé peut être considérée avec vraisemblance comme le premier foyer de poésie héroïque dans la Grèce d'Asie ; c'est là sans doute que, dans l'âge immédiatement antérieur à V Iliade, les premiers chants épiques relatifs à la guerre de Troie, au roi de Mycènes Agamemnon, au héros achécn Achille, se sont formés et répandus. En ce sens, c'est en ce pays éolien qu'Homère a été conçu, car c'est là que l'épopée future a puisé les premiers éléments de la vie, et il n'est pas indifférent de remarquer que le nom de sa mère fictive Kréthéis rappelle de près celui de Krétheus, un des fils d'Eole et l'un des ancêtres des tribus éoliennes. Kymé fut longtemps la position avancée de l'Eolide grecque avant d'en être la capitale*; elle tint tôte aux Pélasges de Larissa et elle bâtit contre eux la forte place de Néontichos (le nouveau rempart), qui finit par les réduire. Au milieu de ces populations guerrières naquirent les chants rudes et belliqueux, qui furent la source prochaine des grandes inspirations de V Iliade.

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