‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 219 sur 261 · Daus sa forme aclucllc, il compte 828 vers · texte numérisé non relu

Daus sa forme aclucllc, il compte 828 vers

france s'est appesantie sur Thuinanité. Le mythe des cinq Ages du monde (v. 108-201) a au fond la même signification : sorte d'histoire fabuleuse du monde s'enfonçant peu à peu dans les ténèbres et dans la misère ; il en ressort que la condition de la vie humaine, c'est une lutte constante contre des maux inévitables. V apologue de tépervier et du rossignol (y. 202-212), condamnation de la violence et de l'injustice, sert indirectement à montrer encore que le travail est le seul moyen de s'enrichir. Enfin un parallèle dramatique entre les Bienfaits de la Justice et le Mal de la Violence (v. 213-264); le poète y donne à ses idées une consécration religieuse, en représentant la surveillance exercée secrètement sur les hommes par les trente mille gardiens invisibles qui parcourent sans cesse la terre au nom de Zeus (v. 248-255). Quelques admonitions spéciales (265-335) se ramènent à la même pensée. Tel est, pour ainsi dire, le corps de la première partie, dépouillé de ses accessoires \

Tout cette première partie, sauf les recommandations de la fin, est étroitement rattachée à la donnée dramatique du poème, c'est-à-dire au dissentiment d'IIésîode et de son frère Perses. Le nom de Perses y revient fréquemment, et les allusions à la situation respective des deux frères y sont môlccs au développement. Elle porte donc la marque personnelle de l'auteur. Si l'unité fondamentale n'en est pas très apparente, elle se laisse néanmoins sentir, comme

1. Nous y trouvons en outre au début une sorte d'hymne en l'honneur de Zeus (v. 1-10), débris probable d'anciennes poésies, que nous avons précédemment cité comme tel (voir plus haut, p. 78), et à la fin (v. 336-383) une série de recommandations détachées, qui n'ont vraiment que des rapports très incertains avec la pensée principale.

on vient de le voir, sous des additions et remaniements probables, qu'il est aussi difficile de nier que de déterminer en détail . Dans Tensemble du poème, V Exhortation se distingue par le nombre des mythes qui y figurent; elle doit ce caractère à ce qu'elle est particulièrement consacrée aux idées morales et philosophiques, dont le mythe était alors la forme par excellence.

II. Viennent ensuite les Préceptes d'agriculture ^ et les Conseils sur la navigation, formant la seconde partie du poème (v. 383-694); ensemble d'observations qui constituent un tout bien défini.

Rien de savant, ni de très réfléchi, dans l'ordre du développement; mais cet ordre est naturel et facile à suivre. D'abord une courte introduction (v. 383-404), où le poète détermine la durée des travaux rustiques ; habitants du rivage, de la plaine ou de la montagne, tous sont conviés par lui à la tâche nécessaire ; mais c'est à son frère Perses qu'il entend s'adresser en particulier, et il l'interpelle avec une sorte' de dureté impérieuse qui donne à ses conseils l'accent d'une sommation :

« Travaille, insensé ; le labeur est la loi que les dieux ont assignée aux hommes ; crains qu'un jour avec tes enfants et ta femme, inquiet et accablé, tu ne te voies forcé d'aller demander à tes voi:-ins de quoi vivre, et qu'ils ne se détournent de toi. Deux ou trois fois peut-être, tu obtiendras quelque chose ; mais si tu les importunes plus souvent, ce sera en vain, et tu perdras tes paroles; on te fera largesse de discours. Ecoute-moi : songe à te libérer de tes dettes et à te préserver de la faim. »

Les préceptes généraux sur l'installation agricole, sur la confection des instruments de culture, sur le

Page 1