‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 220 sur 261 · Lucien^ Entret, avec Hésiode, 1, ^capaiyeaetç Yeoipyixo · texte numérisé non relu

Lucien^ Entret, avec Hésiode, 1, ^capaiyeaetç Yeoipyixo

choix des serviteurs sont naturellement les premiers qu'il expose (v. 405-447) : quelques faits d'expérience, quelques observations pratiques, et rien de plus. Après quoi, il aborde le cycle des travaux qu'il doit énumérer. C'est à l'automne qu'il le fait commencer, par le labour et les semailles (v. 448-492), car c'est là le travail qui prépare et rend possible tout ce qui suivra. Sur ce sujet même, il est bref; peu ou point de préceptes techniques; il s'agit de choses simples et traditionnelles, que chacun connaît; l'activité, Tà-propos, la prière adressée aux dieux avant d'ouvrir le sillon, voilà tout ce qu'il recommande, ou à peu près. Une fois la terre ensemencée, il faut s'arrêter. L'hiver (v. 492-563) interrompt tout; dure saison, dont le poète décrit les rigueurs avec une vérité saisissante, comme un homme qui a souffert du froid et vu souffrir la nature; ce froid, c'est peut-être pour le paysan, s'il s'en garantit mal, la maladie et la mort; aussi insiste-t-il sur les précautions à prendre, lui faisant un art de se bien vêtir. EniSn le printemps revient (v. 564) « cinquante jours après le solstice d'hiver », l'hirondelle se montre, on taille la vigne, et la vie active recommence. Alors se déroule la série des travaux de rélc. Ici encore, môme rapidité; ces travaux sont connus et toujours les mômes, le poète ne les énumère pas; ce qu'il indique, ce sont les vertus qu'ils exigent, fuir la mollesse, subir la fatigue et la chaleur, demander beaucoup à ses serviteurs et à soi-môme. Il vient pourtant un moment où le travail serait dangereux: les jours de la canicule sont des jours de repos (v. 582-590), intermède nécessaire dans la vie laborieuse du cultivateur, courts instants où le poète lui permet de se délasser à l'ombre du rocher en buvant du vin de Naxos. Avec la fin de l'été, les soins et les

plaisirs de la récolte (597-617): plus de soins que de plaisirs, comme on peut s'y attendre. Il faut battre le blé, l'emmagasiner, le faire garder, rentrer les fourrages. C'est aussi le temps de la vendange, dont il n'est dit qu'un mot, comme pour terminer.

Les Conseils sur la navigation (v. 618-694) sont encore bien plus incomplets dans leur genre que les préceptes d'agriculture. La navigation, pour le poète, n'est pas une profession: c'est en quelque sorte un complément de la vie agricole; le cultivateur se fait marin pendant quelques semaines pour aller vendre les produits de son champ. Brièvement, Hésiode rappelle les soins à prendre en vue de conserver l'embarcation pendant l'hiver, puis les rares moments de l'année favorables à la navigation : c'est de préférence la fin de l'automne, à condition qu'on soit de retour avant l'hiver; au printemps, quelques jours aussi peuvent être mis à profit, mais on s'expose alors à de bien plus grands dangers. A ces conseils s'ajoutent des souvenirs personnels (v. 631-660); onus avons dit plus haut pourquoi ils avaient été justement suspectés, en partie ou en totalité, par la critique ancienne et moderne*.

Toute cette seconde partie du poème étonne le lecteur par son manque de proportion et par ses lacunes. Sur certains points, les préceptes techniques qu'on attend font défaut; d'autre part quelques descriptions semblent trop développées. Presque rien des semailles, de la nature des terrains, rien du choix des céréales, rien des travaux d'irrigation ou d'assèchement dont il est fait mention pourtant dans V Iliade^ rien de la culture des arbres fruitiers, et fort peu de chose en somme à propos des travaux

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