‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 254 sur 261 · Il n'ett peraoone qui ne aoDge en tiiant cei rari i ceux · texte numérisé non relu

Il n'ett peraoone qui ne aoDge en tiiant cei rari i ceux

Le poète qui a conçu ce rôle et exprimé avec cette simplicité un tel sentiment ne doit pas assurément être oublié.

Malheureusement, la vraie poésie devait être rare dans les poèmes généalogiques, et il est probable qu'elle le devint de plus en plus à mesure que Tavénement de la prose fut plus proche. Si nous possédions les œuvres de ce genre dont nous connaissons encore les titres et celles que nous avons entièrement perdues de vue, le plus grand intérêt de cette collection serait sans doute de nous bien montrer par quelle lente transition cette mythologie historique se transforma peu à peu en histoire mythologique. Les premiers logographes succédèrent naturellement aux derniers poètes, et l'on peut affirmer qu'à ce moment les poètes devaient ressembler beaucoup à des logographes. Contentons-nous ici de quelques indications sommaires sur une série d'œuvres à peu près inconnues.

A côté des poèmes généalogiques attribués à Hésiode, l'antiquité en connaissait d'autres en grand nombre. — Les Chants de Naupacte ("Exif; NxjxaxTta) devaient leur nom à la patrie de leur auteur, Karkinos. L'expédition des Argonautes semble y avoir tenu une place considérable. C'était, comme les Catalogues^ au dire de Pausanias, « une composition en l'honneur des femmes' ». — VjEgimios du Milésien Kercops se rapportait vraisemblablement à la légende plus ou moins historique du vieux roi dorien iEgimios, que les tribus doriennes considéraient

qu'Alfred de Vigny a mis dans la bouche de son Moïse, fatigué de sa grandeur et réclamant la mort qui a toujours fui devant lui : Seigneur, j'ai trop vécu puissant et solitaire : LaisscK-moi m'endormir do sommeil de la terre! 1. Pausan., X, 38.

if 578 f^^^hCHAPITIlE XII. — LA THÉOGONIE

comme un ancêtre. Il ne nous en reste qu'un petit nombre de fragments, dont plusieurs relatifs à la légende d'Io'. — Corinthe eut son poète épique en la perBonne d'Eumélos, fils d'Amphilytos, de l'illustre famille des Bacchiades; il vivait dans la seconde . moitié du viii* siècle. La composition épique qu'on lui attribuait était ordinairement désignée sous le nom de Corint^aques. Elle offrait, autant qu'on peut en juger par les fragments, un récit continu de l'histoire fabuleuse de Corinthe, depuis ses premiers rois issus d'Hélios. Le caractère du poème semble assez nettement déterminé par le titre de poète his~ torien qu'un scoKaste donne à Eumélos. Il faut ajouter que les CormiÂùtfues furent transcrites en prose, probablement au siècle suivant. Du moment que la poésie s'attachait, comme l'histoire, à l'exact enchaînement des événements, la versification n'était plus pour elle qu'un vêtement superflu dont elle devait ae débarrasser au premier jour*. — Ce qu'Eumélos

1. L' jEgimios e»t atlribué tantôt à Hésiode, tantôt à Kercops de Milet i mais Hésiode pouvait aisément dépouiller Kercops, tandis que Ki^rcops, bien moins illustre, ne pouvait guère dépouiller Hésiode; il parait donc d'uae bonne méthode de préférer l'attri-

ne doit pas être, coufondu avec le pytlia^^oricien du même nom. Une légende rapportait (Diog. Laercc, H, 46) qu'il avait rivalisé a*ec Hésiode. Sans doute l'identité des sujets traités avait donné naissance au récit Tabuleux d'un concours : Vjt'gimios devait donc se rencontrer daus certaines parties avec les Catalogues. Nous savons qu'il comprenait au moins deux livres (Scol. Apollon. Rh., IV, 816; El. deByzancc, 'AEavTi'O- ^1 "ous en reste neuf fragments. Le plus intéressant, au point de vue bislorique, est celui qui semble faire allusion li la répartition des Doriena envahisseurs en trois groupes de populaliou (Otfr. Millier, Doritns, I, p. 29).

2. Sur Eumélos, Scol. Apollon. Rh. I, 146 ; S. Jérôme, Chron., 01. III, 2 et 01. IX, k; Cyrille, contre Julien p. 12, B; Clém.

POEMES GENEALOGIQUES DIVERS 579

avait fait pour Gorinthe, Kinaethon le fît pour Lacédémone, sa patrie. Contemporain d'Arctinos et d'Eumélos, ce poète, dont nous avons mentionné plus haut VŒdipodie rattachée au cycle, dut composer ses généalogies * vers le milieu du huitième siècle. Le titre exact du poème est incertain. Il nous en reste quatre fragments, d'après lesquels on peut conjecturer que l'auteur, remontant jusqu'aux Atrides et peut-être plus haut, exposait les généalogies royales de Sparte et de Messène ; il touchait aussi à celles de la Crète*. — Asios de Samos est bien plus connu par ses élégies qu'à titre de poète épique. Mentionnons toutefois ici son poème généalogique, dont le titre et le sujet sont mal déterminés'. — Le nom

Alex., Strom,, l, p. 144, Sylburg; Pausan., II, 1. — Scol. Pind., Olympiques^ XIII, 74, Ei»[XT)Xd; Tiç ;coit)t»)ç btoptx($( (cf. Tzetzès, ad Lycophr., 174). — Transcription des Corinihiaques en prose: Pausan.,' Il, 1; passage fort bien interprété et commenté par Marckscheflel. — Eumélos était aussi l'auteur d'un autre poème épique du même genre, VEuropie, qui devait se rapporter aux aventures d'Europe (Scol. Yen. ad Jliad., VI, 131) ; Pausanias (IX, 5) appelle ce poème ta Itit) xà e$ EûpoS7t7)v. On lui attribuait aussi la Bugonie, poème mentionné par Yarron (de re rusiicaj II, 5), mais dont il est impossible aujourd'hui de deviner même le sujet. En outre, il était en compétition avec Arctinos pour une Titanomachicy avec Hagias de Trézène pour un poème des Retours (Scol. ApoU. Rh., I, 1165; Athén., VII, p. 277; Scol. Pindare, Olymp, XIII, 31, avec une correction au texte). Enfin, Eumélos était encore reconnu pour l'auteur d'un Chant prosodique destiné à la théorie que les Messéniens envoyaient à Délos; il nous en reste un fragment de deux vers hexamètres (Pausan., IV, 4 et IV, 33).

Page 1