LES ORIGINES
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I. Ancienneté de la poésie en Grèce. — II. Les Muses et la poésie thrace ou piérienoe. Orphée et Liuos. Musée, Eumolpe et Pamphos. — III. Le culte d'Apollon et la poésie apolliuienne. Olen. — IV. Chrysothémis, Philammon et Thamyris. La poésie des hymnes. — V. Les Eoliens et les Ioniens en Asie Mineure. — VI. Les héros. Les aventures héroïques. Légendes de la Guerre de Troie et des Retours. — VII. Les premiers chants épiques. Récits d'ensemble ; récits épisodiques. Leur groupement spontané.
L'histoire proprement dite ne commence pour la littérature grecque qu'avec les poèmes homériques, aucune œuvre plus ancienne n'étant parvenue jusqu'à nous*. De tout ce qui a précédé ces poèmes, il ne restait dans l'antiquité qu'un souvenir des plus confus, altéré par des fictions de toute sorte. Et toutefois plus l'intelligence des choses primitives s'est développée de nos jours, plus il est devenu impossible de négliger ces origines. Non seulement elles excitent par elles-mêmes un vif intérêt, comme tout
1. FI. Joseph, c. ApioTiy I, 2, p. 438 (Havercamp) : "OXcoç Si napà TOT; "EXXijdty où8lv ôp^XoYOiS(jLeyoy e&pioxeiai Ypdi{i(ia lîjç 'O(juf|pou 7COtv(<7£ci>( npeo€uiepov.
ce qui révèle les premières tentatives et les premiers succès du génie humain, mais il faut reconnaître de plus, qu'en les laissant absolument de côté, on s'exposerait à mal apprécier ce qui a suivi. Vlliade et VOdyssée ne peuvent être bien étudiées qu'après qu'on s'est fait une idée de la lente évolution poétique dont elles marquent la phase la plus brillante. Considérées isolément, elles remplissent l'esprit d'un étonnement profond : on ne les comprend qu'en les rattachant à toute une série d'œuvres antérieures qu'il faut essayer au moins d'entrevoir. D'ailleurs les découvertes récentes et presque quotidiennes de l'archéologie, ainsi que les progrès constants de la science historique, attirent en quelque sorte la pensée plus fortement qu'autrefois vers la haute antiquité du peuple grec. Si obscure que soit encore pour nous la période primitive, elle s'est éclairée pourtant de certaines lueurs qui encouragent l'imagination. Depuis que des recherches heureuses nous ont fait connaître quelque chose de la vie, des arts, du luxe même des anciens habitants de l'Argolide et de l'Attique, depuis qu'on s'est mis à suivre, dans les îles de la mer Egée, la trace des populations successives qui les ont habitées, depuis enfin que les vieux sanctuaires nous ont livré quelques-uns de leurs secrets, il semble qu'on soit moins téméraire en cherchant à deviner ce que les hommes de ces temps anciens ont pu penser et de quelles créations poétiques ils ont été capables. Ces Achéens, qui sont nommés dans les monuments égyptiens de la xix*^ dynastie et qui envahissaient l'Egypte sous Mcnéphtah I, vers le xw** ou le xv° siècle avant notre ère, étaient sans doute déjà un peuple puissant '.