‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 102 sur 351 · Plutarque, An seni, etc., c · texte numérisé non relu

Plutarque, An seni, etc., c

pas ne pas être nombreuses et variées. Si nous les ignorons, nous en sentons du moins l'influence dans ses œuvres. Elle s’y reconnaît à la souplesse de la dialectique, à la richesse des idées, à une grâce alerte et à une finesse d’intentions qui ne pouvaient se développer que dans les entretiens d'hommes spirituels et distingués. |

La principale préoccupation de Sophocle fut le théâtre. Selon le témoignage positif de Plutarque, il fit représenter sa première tétralogie sous l’archontat d'Apséphion (en 469-8 avant J.-C.). Agé alors de vingt-huit ans, il fut vainqueur du vieil Eschyle. S'il faut en croire Plutarque, le prix aurait été décerné par Cimon et les autres stratèges, choisis exceptionnellement comme juges !. À partir de ce moment jusqu’à sa mort, il dut faire jouer en moyenne une tétralogie Lous les deux ans. Aucun poète ne fut plus souvent vainqueur que lui. Jamais, diton, il ne descendit au dessous du second rang?. Dans sa jeunesse, 1l joua lui-même quelques-uns de ses rôles, selon l’ancien usage; plus tard, il y renonça, à cause de la faiblesse de sa voix.

Ces quelques indications suffisent à nous montrer en Sophocle l’Athénien par excellence. On comprend qu’Athènes lait aimé et qu’il ait lui-même aimé Athènes. Des souverains étrangers voulurent, dit-on, l’attirer chez eux : il refusa leurs offres. La ville qui l’avait vu naître était doublement sa patrie : car il y tenait par l’inteligence autant que par le cœur. Il s’y éteignit doucement, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, en 405 avant notre ère, laissant le souvenir d’un homme heureux #,

4. Plutarque, Cimon, 8. Cf. pour la date, Marbre de Paros, ép. 56.

2. Carystios dans la Vie anonyme. Le nombre de ses victoires fut, selon le même témoignage, de vingt; selon Diodore (XIII, 103), de dix-huit; selon Suidas, de vingt-quatre.

3. Fragm. des Muses de Phrynichos, pièce jouée en 405 (Kock, Fragm. comic. gr., Phrynichos, fr. 31) ;

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Geux qui ornèrent son tombeau y firent sculpter une sirène, comme emblème de cette merveilleuse poésie dont l’enchantement survivait. Quant à Athènes, elle rendit un culte à Sophocle en lui élevant un sanctuaire, où elle Jui offrait des sacrifices annuels comme à un héros.

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Nous ne savons qu’approximativement combien Sophocle avait composé de pièces. Il semble que le critique alexandrin Aristophane de Byzance en reconnüt cent vingt-trois pour authentiques. On peut admettre en tout cas que ce nombre ne s'éloigne guère de la vérité!.

Fidèle à la tradition de ses prédécesseurs, et surtout aux exemples d’Eschyle, Sophocle n’eut certainement pas la pensée de renouveler la matière dramatique. Un grand nombre des sujets qui avaient été mis avant lui sur la scène lui parurent bons à reprendre, et il n’y a pas lieu de croire que son théâtre, s’il nous eût été conservé dans son ensemble, eût offert, quant aux événements choisis, un aspect très différent de celui d’Eschyle *. La guerre de Troic et les Retours y étaient représentés par environ trente-cinq pièces, tragédies ou drames satyriques #: c’était à peu près le quart de l’en-

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4. Les lecons des mss. du Bio: varient entre 104 et 140 : le Laurenlianus porte 130. De ces 130, le biographe dit qu’il faut défalquer 17 pièces non authentiques : resteraient donc 113. Mais Suidas (ZooxAñc) dit 123. Dindorf accorde les deuxtémoignages en substituant, dans le chiffre des pièces non authentiques donné par le B'oç, 7 à 17 ({’au lieu de &’). Le même savant a dressé une liste de 115 titres connus.

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