‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 129 sur 351 · Alcestle, 962; Médée, 29 ; Hippolyte · texte numérisé non relu

Alcestle, 962; Médée, 29 ; Hippolyte

3. Mélanippe, Bellérophon ; Troyennes, 88%, Hécube, 488. Cf. fragm. 288, 508. Anecdote relative à l’Ixion.

RES, © Lt sses DR a:

9312 CHAPITRE VII — EURTPIDE

qui touchent à celles d’Anaxagore ou d’Héraclite 1. Mais qui oserait dire si ce n'étaient pas là pour lui tout simplement de belles et séduisantes hypothèses d’un jour, acceptées par son imagination sous l'influence d’une lecture récente? Un système proprement dit suppose dans l’esprit qui s’y attache une force de coordination, une constance et comme une convergence d'idées, qui semblent avoir été bien étrangères à la nature mobile d’Euripide. Qu'on relève chez lui une tendance marquée à voir dans les choses une force immanente qui les pousse et qui est leur nature même, peut-être aura-t-on raison; à une condition toutefois, c’est qu’on ne fasse pas d’un rêve Dennis une philosophie proprement dite.

Il y avait des contradictions dans ses vues sur Punivers et sur les dieux; il y en avait aussi dans ses jugements sur l’homme. Ce qu’on peut noter de plus constant en lui à cet égard, c’est une tristesse qui va parfois jusqu’à l’amertume; mais cette disposition même ne doit pas être prise pour un système. Son tour d'esprit voulait qu’il énonçât ses impressions en forme de sentences gcnérales; détachées et rassemblées, elles prennent par suite un air d’affirmations absolues, qui trompe sur leur vraie nature. Euripide a un profond sentiment de la misère humaine, quelle qu’en soit la forme ou la cause, souffrance ou méchanceté, ignorance ou faiblesse. Ce sentiment, il l’exprime en traits pénéitrants, ou il le développe avec une éloquence äâpre et pathétique. Mais combien ne sent-il pas aussi le charme de tout ce qui honore ou embellit la vie humaine! Que de peintures ravissantes de la jeunesse, des affections naïves, des instincts nobles et purs, de l'héroïsmet! Gardons-nous, en somme, d’assombrir à l’excès cette âme

1. Valckenaer, Diatribe in Euripidem, p. 34-51. Cf. fragm. 836, 890, 488. Voy. plus haut, p. 287, n. 8.

Page 1