Rôle d’Egée dans Médée
4. Par exemple, celle d'Hélène et de Ménélas dans Hélène, Hist. de la Litt. grecque — T. III 21
aucun assurément, du moins parmi ceux du premier rang, ne s’en est servi plus qu'Euripice. Les stratagèmes, les ruses — qui sont des finesses de la volonté comme les surprises sont des finesses du hasard — ne lui plaisent pas moins !. Eu cela, nul scrupule traditionnel ne l’arrête, Pour créer dessituations nouvelles, pour amener des coups de théâtre, il traite arbitrairement les légendes 2, if les combine ou les modilie à sa guise ?, Évidemment la matière tragique est devenue pour lui chose indifférente, ou peu s’en faut. S'il n'ose pas encore se débarrasser tout à fait des données anciennes, du moins il les arrange dans le détail selon ses besoins. Ainsi, libre de ses moyens, 1l peut combiner des effets dramatiques saisissants. Entre tous ceux dont il use, 1l faut mentionner spécialement les reconnaissances. Sa science délicate du théâtre se laisse voir tout entière dans Ja manière habile dont il Ies prépare, les fait désirer, les retarde et les amène brusquement, au moment où elles peuvent être le plus émouvantes. Mérope, dans une tragédie perdue, reconnaissait son fils, quand elle avait déjà le bras levé pour le frapper, et Plutarque nous a conservé le témoignage du grand effet que produisait cette scène sur le publie *. Parmi les pièces conservées, plusieurs nous permettent encore de juger de l'habileté du poète. La meilleure partie d’Iphigénie en Tauride aboutit à une scène de reconnaissance, et il n’est personne qui n’y sente et n’y admire
la fine et touchante gradation des effets et des senti-.
ments. Dans Jon, dans Électre, nous trouvons des scènes analogues, plus ou moins pathétiques. Il y a là toute une parlie originale de l’art dramatique, où Euri-
1. Iphig. en Tauride, fin; Hélène, fin; Oreste, Médée, Électre, ete.