‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 145 sur 351 · NET · texte numérisé non relu

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On ne peut dire d'Euripide, comme d’Eschyle et de Sophocle, qu’il y ait eu en lui un poète lyrique égal au poète tragique. L’infériorité de ses qualités lyriques est évidente. Toutefois, là aussi, sa personnalité se révèle. Il ne faut donc ni s’étendre trop longuement sur cette parte de son art, ni la passer sous silence ‘!, On sait avec quelle malveillance ingénieuse et clairvoyante Aristophane, dans une scène de ses Grenouilles, s’est moqué du lyrisme d’Euripide 2. Quelle que soit la valeur de sa critique, il est clair qu’il serait souverainement injuste de la prendre pour guide dans cette étude.

C'était la force même des choses qui tendait àrejeter hors de la tragédie l’élément lyrique, à mesure que l'élément dramatique y devenait plus complexe et plus varié. Chez Sophocle, cette tendance se dissimule; chez Euripide, elle apparaît clairement. Les chants de ses chœurs sont très souvent de simples épisodes. Ils ne sortent presque jamais du fond même de l’action; s'ils s'y rattachent, c’est par un lien léger, par un incident, par un prétexte. Comment aurait-il pu en être autrement dans une tragédie d’une structure - aussi incertaine ? L'unité fondamentale manquait le plus souvent à l’action elle-même. Entre ces scènes dont une combinaison du hasard formait la liaison, les parties chantées ne pouvaient être que de jolis caprices de la muse

4. J. H. H. Schmidt, Die Monodien und Wechselgesange d. attischen Tragoedie, Leipzig, 1811. P. Decharme, Euripide, p. 461-545; où le lyrisme d’Euripide est jugé avec faveur.

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