Hélène, 1451, 2. Hécube, 905 et suiv
grave et triste, par de sombres images : la ville découronnée de ses tours, ses murailles noircies par la fumée de l'incendie. Puis une scène tout intime : le guerrier troyen rentré chez lui après le banquet et endormi, sa femme occupée à nouer ses cheveux en se regardant au miroir, avant de se mettre au lit. El soudain, le chant des Grecs éclate ; elle fuit « à peine vêtue, comme une vierge dorienne » ; elle est prise, elle voit massacrer tous les siens, on l’emmène. Le drame se mêle ainsi à l’élégie, la haute poésie à la description curieuse et coquette. |
On comprend aisément que ces chants capricieux, sans motif profond, devaient avoir une tendance à dégénérer en jolis bavardages !. Il y en a un certain nombre dans le théâtre d’Euripide qui ne sont pas autre chose. Volontiers, il met en scène la curiosité vaine et le babillage léger qu'il attribue aux femmes, et cela devient pour lui un prétexte de poésie lyrique. Sa parodos d’Zphigénie à Aulis nous montre des jeunes filles d’Aulis attirées dans le camp des Grecs par le désir de voir ; et tout leur chant n’est qu’une description de ce qu’elles ont observé en curieuses pour venir jusqu'à la tente d'Agamemnon ?. Les compagnes de Créuse, dans Zon, vont de tableau en tableau à travers le temple de Delphes, émerveillées et multiplhant les questions ?. Dâns Hippolyte, les femmes de Trézène arrivent au palais de Phèdre en rapportant les bruits qui courent, ce qui se dit à la fontaine et au lavoir, ce que l’on suppose et ce que l’on répète #. Ces propos ne sont pas sans grâce, ni surtout sans esprit.
1. Aristoph.. Grenouilles, 1309 et suiv. La parodie d’Aristophane est du pur galimatias, mais il faut avouer que ce galimatias offre une ressemblance très plaisante avec certaines descriptions lyriques d’Euripide.