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CHAPITRE II

BIBLIOGRAPHIE

Les fragments des poètes tragiques antérieurs à Eschyle sont fort peu nombreux. On les trouvera dans les recueils des fragments des poëtes tragiques grecs. Celui de Fr. G. Wagner (Poetarum tragicorum fragmenta, 3 vol. in-8°, Ratishbonne, 1846-52) a.été reproduit dans le=volume de la Bibliothèque Didot qui contient les Fragments d’Euripide. Le plus récent et le meilleur est celui de A. Nauck (Tragicorum græcorum fragmenta, 1 vol. > in-8°, 2e édition, Leipzig, 1889).

SOMMAIRE

I. Le sentiment tragique avant la tragédie. — II. Le dithyrambe et la tragédie primitive. — III. Les premiers poètes tragiques : Thespis; Choerilos ; Pratinas ; Phrynichos.

Le premier genre nouveau qui apparut avec éclat au début de la période attique, ce fut le drame; et parmi

les formes diverses qu'il prit successivement, la tragédie, avec le drame satyrique qui en dépend.

De même que l'épopée et le lyrisme, la tragédie, avant de se manifesier au grand jour, eut, pour ainsi dire, une existence obscure et inconsciente dans l’âme du peuple. Elle s’y forma lentement, s’y accrut peu à peu et y prépara de loin sa destinée future. Ce qu’on peut discerner d’elle dans celte période embryonnaire se réduit à deux éléments : l’un, mimique, et l’autre, pathétique. L'importance du second est infiniment supérieure à celle du premier.

L'idée de représenter une action fictive comme si elle était réelle est si conforme aux instincts de l’imagination humaine, en particulier chez une race vive et impressionnable, qu'elle a dû être réalisée dès les temps les plus reculés sous des formes multiples. Il serait facile de relever en détail, dans mainte manifestation primitive du génie grec, des traces d’une mimique naïve, qui peut être considérée comme un lointain prélude du genre dramatique ‘. Il nous suffira d’en dire ici quelques mots. Sans parler de l’hyporchème, dont il a été question précédemment ?, il est certain que, dans plusieurs sanctuaires helléniques, le culte local a donné lieu, dès la plus haute antiquité, à des représentations sacrées, dont on ne saurait contester le caractère dramatique *. Nous en trouvons de telles notamment en Crète, à Délos, à Delphes #. Celles de Delphes, d’après

1, C’est ce qu’a fait, avec plus de zèle que de critique, Ch. Magnin, dans le premier volume de son ouvrage sur les Origines du théâtre moderne, Paris, 1838.

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