LES POËTES TRAGIQUES DE SECOND RANG
BIBLIOGRAPHIE
Pour les éditions générales des fragments des poètes tragiques, voir la bibliographie du chapitre II.
Aucune édition particulière à signaler.
SOMMAIRE
I. Remarques générales. Nombre des poëtes tragiques au ve et au 1ve siècle. Les familles de poètes. Part d'Athènes et des autres villes grecques. — IT. Les successeurs d’Eschyle. Son influence. Contemporains de Sophocle : Aristarque, Néophron, Ion de Chios, Achéos. — III. Temps de la guerre du Péloponnèse. Les novateurs. Agathon. — IV. Déclin de l’art tragique. La rhétorique sur la scène. Influence d’Euripide. Théodecte et Chérémon. — V. Le Rhésos.
Si grande que soit l’œuvre dramatique d'Eschyle, de Sophocle et d’Euripide, elle ne nous donne qu’une idée très incomplète de ce qu’a été la tragédie sur le théàtre grec. Non seulement en effet ils ont eu des succes-
seurs, dont les noms figurent souvent à côté des leurs dans la Poëétique d’Aristote, mais, de leur vivant même, ils ont dù lutter dans les concours publics avec des concurrents nombreux, qui leur furent bien des fois préférés. A distance, ils nous semblent isolés ; et, ne voyant plus qu'eux, nousimaginons involontairement que leurs rivaux ne comptaient pas. Mais il faut bien dire que ces grandes supériorités ne sont jamais aussi incontestables qu’elles le paraissent. Le temps exagère les avantages de ceux qui ont conquis l’immortalité et déprécie à l’excès ceux à qui elle a échappé. L'histoire a pour tàche de réparer en partie cette injustice, et, tout en tenant compte des victoires définitives et des oublis irréparables, elle doit s’efforcer de ressusciter le spectacle tumultueux et complexe de la vie, en dehors duquel il serait malaisé de saisir les proportions véritables des hommes et des choses. Ceux qu’Athènes a mis parfois au dessus des maîtres que nous admirons n’ont guère pu ne pas justifier par certains mérites un jugement si glorieux. Essayons de voir s'il est encore possible d’en deviner au moins quelque chose.
Ce qui nous reste d'eux n’est presque rien; ce que les témoignages nous en apprennent est souvent incertain et toujours insuffisant. Dans ces conditions, nous ne devons pas songer à les étudier l’un après l’autre. Quand les hommes sont si mal connus, ce sont les faits principaux qui attirent seuls l'attention. Mais ceux-ci même ne peuvent plus être présentés d’une façon complète, ni analysés dans tous leurs rapports mutuels. Partout des doutes, des lacunes, une connaissance comme rompue et intermittente. Plus que jamais, il faut ici se résoudre à secouer l’insignifiance des petites choses, pour découvrir celles qui ont de l’intérèt !.
1. Sur tous ces poètes et leurs œuvres, consulter Welcker, Griech. Tragædien, t. III.