‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 156 sur 351 · Suidas, Evpirtônc · texte numérisé non relu

Suidas, Evpirtônc

Grèce leur suscitèrent de redoutables rivaux. Nous parlerons tout à l’heure de quelques tragiques athéniens renommés, tels qu'Agathon et Critias; d’autres, moins connus, étaient aussi d'Athènes, tels que Nicomaque, qui fut vainqueur d’Euripide, Diogène, Mélétos, l’accusateur de Socrate !. Mais à ces noms il est aisé d'en opposer plusieurs quiattestent combien le goût du drame s’élait répandu promptement dans toute la Grèce. Après Pratinas de Phlionte, citons l’arcadien Aristarque de Tégée, qui semble avoir exercé une certaine influence sur la constitution technique de la tragédie, le sicyonien Néophron, auteur d'une Médée qu’Euripide imita, Ion de Chios, poète lyrique en même temps que tragique, historien et philosophe à la fois, l'eubéen Achéos d'Érétrie, célèbre par ses drames salyriques plus encore que par ses tragédies, le mysien Akestor surnommé Sacas, dont s’est moqué Aristophane, le sicilien Denys, tyran de Syracuse, enfin le lycien Théodecte de Phasélis, disciple d’Isocrate. Les parties les plus diverses de la Grèce sont représentées dans cette liste, qui serait évidemment bien plus longue et plus variée, si les témoignages ne nous faisaient défaut. Mais il est remarquable qu'aucun de ces poètes ne semble avoir composé en vue des représentations scéniques de son pays : en tout cas, ils sont venus à Athènes chercher les applaudissements d’un public de connaisseurs et le bruit d’une approbation qui seule retentissait au loin. Le génie tragique rayonnait donc d'Athènes sur toute la Grèce, mais ces rayons semblaient se réfléchir aussitôt vers leur point d’origine, et la ville qui par son influence féconde suscitait au loin les poètes les attirait ensuite à elle par une sorte de charme invincible.

1. Suidas, Nixôuayos, Atoyévne, Méàntoc. Pour ce dernier, le sco-

liaste de Platon (Apologie, p. 18 B) en fait un Thrace, contrairement à l’assertion de Suidas.

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