Suidas, 'Aptorapyoc
3. Eusèbe (Chronique, II, 105), rapporte le nom d’Aristarque à la 4e année de la 81e Olympiade (453 av. J.-C.), date que Bergk (Gr. Liter., III, p. 602) considère, avec raison sans doute, comme celle de ses débuts.
. Ribbeck, Scen. Rom. poes. fr. t. I, 3° éd. p. 19. L’Achille d’A-
LEE est cité aussi dans le prologue du Poenulus de Plaute : : c'était donc une pièce connue, même à Rome.
Néophron de Sicyone semble avoir appartenu à la même génération !. Le premier, dit-on, il fit paraître sur la scène des esclaves gouverneurs (ratdxywyoi) et des serviteurs mis à la torture (oïxer&y fäcavor) ?. On sait l'importancedes rôles de pédagogues dans le théâtre d'Euripide : ce fut donc l'exemple du poète sicyonien qui luien fit sentir la commodité. Quant au fait d’avoir représenté une enquête judiciaire avec des aveux arrachés par la souffrance, c’est l’indice certain d’une tendance réaliste, vraiment curieuse à noter. Mais le principal titre de Néophron est d’avoir composé avant Euripide une Médée, que celni-ci imita, comme on Pa vu plus haut, en 431. Il nous reste de cette pièce trois fragments, dont un, emprunté au monologue de Médée, est fort remarquable. Le voici :
« Soit Que vas-tu faire, âme emportée? Réfléchis avant de mal faire et de traiter en ennemis ceux que tu aimes plus que tout au monde. Où se porte ta fureur, Ô malheureuse ? contiens ta volonté et cette énergie détestée des dieux. Hélas! à quoi bon m'apitoyer ainsi, quand je me vois abandonnée, trahie de ceux qui devaient le moins me trahir? Allons-nous faiblir au point de supporter pareilles injures? Non, mon cœur, ne va pas te trahir toi-même dans ton malheur. Ah! c'est décidé; enfants, éloignez-vous de mes regards; déjà, la rage meurtrière a pénétré une fois jusqu’au fond de mon âme violente. O mes mains, mes mains, pour quelle action allonsnous nous armer? Hélas! cruelle audace! en bien peu de temps, je vais détruire ce qui m’a coûté de longues souffrances 3. »
Pour la première fois sur la scène grecque, nous voyons là le trouble de la conscience, l’hésitation de la volonté. Le poète qui a écrit ce morceau aété, même à
4. M. Weil, dans la notice de sa Médée d’Euripide, citée plus haut, a bien établi que Néophron est antérieur à Euripide.