Voir plus loin, chap. XITI
Hist. de la Litt. grecque. — T. Ill. 24
concours dont la date nous est inconnue; enfin, en 429, quand Euripide donna son Æippolyte couronné, Ton concourut avec lui et avec Iophon, et n’obtint que le troisième rang. Il mourut peu avant 421, comme on peut le conclure d’une allusion contenue dans la Paix d’Aristophane ‘. Les fragments de ses œuvres scéniques sont en somme de peu d'importance. L'auteur du Sublime, qui avait pu les lire dans leur entier, les met, dans le genre dramatique, sur le même rang que celles de Bacchylide dans le genre lyrique. Chez l'un et chez l’autre, il loue un talent sûr delui-même, qui ne tombe jamais au-dessous d’un niveau moyen, mais qui en revanche ne s'élève guère au-dessus ?. Cette sorte d'élégance impeccable, ce savoir-faire suppléant au génie sont des caractères intéressants quiimarquentle moment où un art s’est mis en possession de tous ses moyens et a pris une conscience claire de ses lois.
Il semble que des qualités du même genre aient recommandé les tragédies d’Achéos d’Érétrie *; ces qualités étaient réellement celles du temps. Un peu plus jeune que Sophocle#, Achéos représente assezibien tous ces poèles de second rang qui, versle milieu du v® siècle, durent prendre part aux concours de tragédie. Le style tragique était alors fixé; des poètes bien doués, mais d'un génie ordinaire, s’en servaient adroitement. Toutes leurs pièces devaient se ressembler : cela était correct, bien écrit et bien construit, estimable et monotone. Aristote nous apprend que cette monotonie était une des causes qui faisaient tomber le plus sou-