‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 166 sur 351 · Aristote, Poétique, c · texte numérisé non relu

Aristote, Poétique, c

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acteurs, les fantaisies musicales qui étaient alors à la mode se donnaient beau jeu. Agathon, le premier, diton, introduisit dans la tragédie le genre chromatique t. Sa musique visait à une finesse d'expression et sans doute aussi à une sorte de virtuosité qui offensait les représentants d’un goût plus sévère; elle aimait à courir à travers ces mille détours capricieux qu’Aristophane appelait joliment « des sentiers de fourmi ?. » De même que la musique, la mise en scène, dans les pièces d’Agathon, procurait parfois aux spectateurs de vraies surprises. Dans son Thyeste, par exemple, on voyait les jeunes princes qui recherchaïient en mariage la fille de Pronax, se montrer d’abord vêtus de beaux habits et coiffés avec art; puis, après l’échec de leur demande, reparaître en prétendants humiliés, les cheveux rasés, justifiant ainsi leur surnom de Curètes (Koïontes eivar zovpiuou ydotv touyéc) %. Enfin le style même d’Agathon n'était pas plus assujetti à la tradition que toutes les autres parties de son art. Disciple ou tout au moins admirateur de Prodicos et de Gorgias, il visait à une élégance recherchée“. Platon, en le faisant parler dans sou Banquet, lui a prêté une sorte d’afféterie qui peut donner une idée de ce qu'était sa manière*. Quelques rares fragments, courts et sentencieux, nous

1. Plutarque, Moralia, p.645 E : Toù xahoù ’Aydüwvoc, 0v Tmp&tov eic Toaywbiay oaciv épéaheïv tal ÉTopiEar Td ypwpatixdv 0te Tous Mucodc édt0aoxEv.

2. Aristophane, Fétes de Déméter, 100 : uôounxns atpanouc. Ce passage nous offre la parodie d’un chant ou plutôt, comme dit encore le spirituel comique, d’un « gazouillement » d’Agathon. Cf. Suidas, ’AYafwvstos aÿhnoic ; Philod. de Musica, XIV, 39 Kemke.

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