‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 167 sur 351 · Athénée,-XII, p.528 D · texte numérisé non relu

Athénée,-XII, p.528 D

4. Philostrate, Vies des sophistes, I, 9: Kai ’AydBwy..…, 0v ñ xwpwûtæ gopov te xal AaXAETT oide, TolayoD Toy lauBwv yopyrates. Cf. scoliaste de Platon, Banquet, p. 1120 : ’Euuziro Oë thv xouVbornra ris cécws Fopyiou toù paropoc. Protagoras, p. 315 d. et Banquet, p.198 €.

à. Platon, Banquet, 194 E.

montrent en lui un bel esprit, ingénieux plutôt que fort, habile aux antithèses, fertile en traits brillants. Ces qualités le prédestinaient à être fréquemment cité. Il donnait à des pensées médiocrement originales quelque chose de neuf et de durable; il est de ceux dont Aristote allègue le plus souvent l'autorité. Dans cette fin de siècle, où la finesse était plus estimée, d’une partie au moins de la société athénienne, que la grandeur, où la nouveauté était recherchée en tout, Agathon fut le représentant le plus distingué d'un atticisme à demi sicilien, qu’Athènes n’accepta jamais sans réserve, mais qui la séduisit à certains jours par un mélange de grâce et d’habileté étrangère.

Autour de lui, il faut mentionner collectivement, comme une foule anonyme, toute une pléiade de jeunes poètes, imitateurs d'Euripide, et par conséquent exagérant ses défauts, mais incapables de faire revivre ses qualités. Ce qui les caractérise tous, c’est l'influence manifeste de la sophistique. Ils sont subtils, bavards, raffinés; ils font de la tragédie une école de rhétorique, impuissants d’ailleurs à rien créer qui soit vraiment grand. Voilà du moins comment nous les dépeint Aristophane dans ses Grenouilles ; Héraklès y dit à Dionysos, pour le consoler de la mort des maîtres du théâtre : « Mais il te reste encore quantité de petits jeunes gens par là-bas, qui font des tragédies par cents et par mille, et qui dans la course au bavardage gagneraient de plus d’un stade sur Euripide. » Dionysos qui les connaît bien, ne veut pas être consolé, car 1l sait ce qu'ils valent :« Qu’est.ce que tout cela ? s’écrie-t-1l. De mauvais grappillons oubliés, des maîtres de caquetage, une société d’hirondelles criardes, les fléaux du métier, des gens qui disparaissent dès qu’ils ont obtenu un chœur, fatigués d’avoir une seule fois fait l’amour avec la tragédie. Quant à un poète capable de

créer quelque chose, tu aurais beau chercher, tu n’en trouverais plus un seul qui fasse entendre une parole généreuse !. » Un peu plus haut, il avait dit plus brièvement : « J'aurais grand besoin d'un bon poète; ceux que j'aimais ne sont plus, ceux qui me restent ne valent rien ?. » Ce serait perdre notre temps que de vouloir ici énumérer et apprécier tous ces inconnus. Deux ou trois seulement méritent d’être distingués.

D'abord un personnage politique assez mal famé, « le beau » Critias, qui fut un des trente tyrans et faillit proscrire son ancien maître, Socrate #. Comme poète tragique, il nous est connu par quelques fragments qui marquent dela manière la plus vive quelle influence la philosophie prenait alors sur l’art dramatique. Les deux tragédies d’où ils proviennent, le Prrithoos et le Sisyphe, ont été attribuées aussi à Euripide, ce qui montre bien à quel point la plupart des pièces de ce temps se ressemblaient par une tendance à disserter avec hardiesse sur toutes choses. À cet égard, le principal fragment du Sisyphe est particulièrement intéressant. Le personnage mis en scène s’y exprime sur l’origine des religions comme aurait pu le faire alors un Diagoras de Mélos ou un Théodore.

«Il fut un temps où les hommes vivaient sans règles, à la façon des bêtes, soumis au règne de la force; il n’y avait point de récompense pour les bons, point de châtiment pour les méchants. Plus tard, sans doute, les hommes firent des lois de punition, afin que la justice eût le souverain pouvoir et qu’elle tint l’insolence en esclavage. Dès lors, il fallut payer quand on fit le mal. Mais comme les lois n’empêchaient que la violence ouverte et qu’on faisait le mal en se cachant, alors, je suppose, un homme avisé et habile imagina d’inventer de quoi effrayer les mortels, afin que les méchants eussent

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