Aristote, Poélique, c. 16 et
trouvait-on encore chez lui certaines peintures de sentiments qui n’étaient pas sans valeur. Dans son PAhiloctète, il avait représenté le héros luttant contre la douleur, longtemps muet, et tout à coup, malgré lui, à bout de force morale, éclatant en plaintes!. Mais son principal mérite provenait de son talent d’orateur. Théodecte excellait dans la dialectique. Aristote emprunte à ses tragédies plusieurs exemples de distinctions ingénieuses, qui révèlent un esprit subtil et adroit, expert danstoutes les roueries du métier?. Dans un fragment où il justifie la providence divine du reproche de lenteur, nous reconnaissons en lui un philosophe socratique digne de ses maitres :
« Dans le cas où quelqu'un des hommes ferait un reproche aux dieux de ce que la peine, au lieu d’atteindre sur-le-champ les coupables, se fait attendre, qu’il en apprenne la raison. Si le châtiment était immédiat, beaucoup d'hommes honoreraïent les dieux par crainte, non par piété. Au contraire, le châtiment étant éloigné, les mortels suivent leur nature. Quand ils se sont révélés méchants et qu'ils ont été convaineus par les faits, ils sont punis dans la suite du temps 3. »
Quelques-unes de ses pensées rappellent celles d’Euripide, mais en général son style semble avoir eu moins d'élégante précision et un tour plus oratoire #.
Nous ne savons rien de la biographie de Chérémon*. Aristote le nomme parmiles poètes dont les œuvres sont
1. Aristote, Éthique à Nicomaque, VII, 8. Cf. schol. Anecd. Pari is. LT D. 248.
2: Aristote, Rhétorique, IT, 23, 24. Dans son Alcméon, le parricide, après le crime, disait : « Ma mère devait être mise à mort, mais, moi, je ne devais pas la tuer. » (Fragm. 2 Nauck).