‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 181 sur 351 · ESCHYLE · texte numérisé non relu

ESCHYLE

vement la spontanéité turbulente et joyeuse qui les caractérisait ; mais il ne semble pas douteux que sa réputation n'ait été faite et en tout cas consacrée dans les fêtes d'Athènes,

Aristas, son fils, fut son imitateur et son émule dans le genre satyrique!. Un de ses drames élait intitulé le Cyclope : le sujet traité ne pouvait ètre différent de celui qu'Euripide reprit plus tard sous le même titre. La pièce eut assez de succès pour qu’un de ses vers devint proverbe”. D'autres titres de pièces d’Aristias qui nous ont été transmis peuvent se rapporter à des tragédies aussi bien qu’à des drames satyriques*. En tout cas, rien de tout cela ne suffit à déterminer les caractères propres du poète.

. Quand Eschyle prit possession de la scène, le drame satyrique y était dans tout son éclat. Il s’y montra, d’après le témoignage de Pausanias, aussi excellent que dans la tragédie ; il y surpassa même Pratinas et Aristias . On a souvent beaucoup de peine aujourd’hui à distinguer sûrement, d’après les titres et les fragments de ses pièces perdues, ce qui était drame satyrique de ce qui était tragédie. Ses drames satyriques certains sont au nombre de huit : Lycurque, Prométhée allumeur de feu (rvpnzec), le Sphinx, Protée, Circé, les Hérauts, Cercyon, Léon ou le Lion. On peut y joindre avec une très grande probabilité Glaucos marin, Sisyphe fugitif, Amymone, et avec plus de doute Argo, les Nourrices de Dionysos, les Théores ou les Fêtes de l’Isthme, les’ OsroXéyor

1. Pausanias, IT, 43, 5 : Toïrw r® ’Aototia odrupor aa Ilpativa TG raro! eiot Rerormpévo: TANY Toy Aicyvhoy oxtLwTaTa.

2. Suidas, ’Arwheoac tov oivov, émtyéas Sdwo. Cf. Zénobius, IT, 16 et Diogénianus, IT, 32.

3. "Avraioc (Hérodien, nspt uovno. Aéf£ews, p. 10), Opyp:ôc6 et ’Arta- Xavrn (Pollux, VIT, 31), Kñpsc (Athén. XV, p. 684 A),

4. Pausanias, II, 13, 5. Témoignage concordant dans Diog. Laërce, H1::485.

(ceux qui recueillent les os dans les cendres du bûcher). Trois de ces drames, Lycurque, le Sphinx, Protée, faisaient partie de groupes tétralogiques auxquels ils se rattachaient par le sujet. Le Lycurgue dépendait de la Lycurgie!, et, comme son titre l’indique, se rapportait certainement à un point de la même légende, sans qu'on puisse dire avec certitude auquel. Le Sphinx fut joué en 467 à la suite de la Thébaïde ? ; il était tiré de la légende d’OEdipe, et par conséquent l'événement qu’il mettait en scène était antérieur, non seulement à la dispute d’Étéocle et de Polynice, qui formait lesujetde la troisième partie de la trilogie, mais probablement même à ce qui était représenté dans la seconde; c'était, dans l’ensemble du groupe tétralogique, un acte indépendant, bien que connexe. Protée servit à clore l’Orestieen 458: on a conjecturé, non sans vraisemblance, que le sujet de ce drame était l’aventure de Ménélas et de Protée et qu’il avait ainsi un rapport direct avec l'Orestie; ce n’est pourtant qu’une conjecture ; si elle est juste, l’événement mis en scène était postérieur à l’ensemble de la trilogie, mais il est évident qu'il n’en formait pas la suite. En somme, ces trois drames satyriques sont pour nous les témoins d’une manière de faire, probablement traditionnelle, qui s’explique par ce qui a été dit tout à l'heure. Si l’on considère chacune des tétralogies dont ils font partie comme une pièce unique, ils ont la valeur d’un divertissement libre, qui serait, pour ainsi dire, non en dehors, mais à côté de l’action, et qui la complèterait agréablement, sans lui être nécessaire. Mais, concurremment avec cette manière, nous en remarquons chez Eschyle une autre plus nouvelle, ‘jui est représentée par le Prométhée satyrique. Nous sa-

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