‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 191 sur 351 · Cyclope · texte numérisé non relu

Cyclope

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Par celui-là nous pouvons juger des autres. Dans la tragédie, les plus pervers ont de beaux discours à leur service; dans le drame satyrique, l’impudence est sans limite, parce qu'elle n’est pas assujettie à la vraisemblance. Il semble toutefois que certains poètes plus délicats, Sophocle tout au moins, aient eu peu de goût pour ces fanfarons d’athéisme et de cruauté. En revanche, nous remarquons, parmi les personnages de ses drames satyriques, celui de Momos, ce dieu du blâme, dont Lucien devait plus tard se servir si ingénieusement. Nous y trouvons aussi d’agréables inventions, telles que le rôle de la coquette Aphrodite dans le Jugement, où on la voyait se parer pour le concours de beauté qu’elle allait affronter. Le forgeron de Naxos, Kédalion, qui enseigna son art à Héphestos, figurait dans une autre de ses pièces. Ces noms seuls donnent l’idée de tout un groupe de personnages fabuleux, qui, n'ayant rien de monstrueux ni de sauvage, devaient amuser le public par un tour d’esprit ou par des travers assez voisins de ceux qui défrayèrent plus tard la comédie moyenne et nouvelle.

C'est par les héros proprement dits que le drame satyrique tenait à la tragédie. On retrouvait en effet dans les pièces «le ce genre un certain nombre de ceux que l'épopée avait illustrés et que l’art tragique contemporain ne cessait de mettre en scène. Au début même, lorsque le drame satyrique n’était qu’un acte d’un caractère particulier dans une ample tétralogie, il arrivait le plus souvent que le héros de ce drame avait déjà figuré dans une des tragédies du mème groupe. En passant d’une pièce à l’autre, il ne perdait pas sa dignité. Dans le Sphinx WEschyle, le principal rôle appartenait nécessairement à (Edipe, qui avait déjà paru comme protagoniste dans la seconde pièce de la même tétralogie. Le sujet du drame exigeait qu’il s’y montrât avec ses qua-

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