‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 195 sur 351 · Philon, IT, p. 461, Mangey · texte numérisé non relu

Philon, IT, p. 461, Mangey

Si

violence et la brutalité de ses instincts, 1l avait sa grandeur, et, au moment même oùilamusaitles spectateurs, il leur imposait du respect. C'était là une convenance qu'un auteur de drames satyriques devait sentir et observer; et sans doute parce qu'elle était aussi délicate que nécessaire, c’est celle sur laquelle Horace insiste le plus dans ses préceptes !. La pudeur qu'il demande à la tragédie, quand elle se mêle aux salyres, n’est pas

autre chose que cette dignité, par laquelle le héros tra-

gique se distinguait des enfants de Silène.

Si nous en jugconspar le Cyclope, le drame salyrique devait être, en règle générale, moins étendu de moitié environ que la tragédie. Il était naturel qu'il en füt ainsi. La fantaisie se soutient moins aisément que le sérieux. Si la comédie avait plus d’ampleur, c’est que, sous son apparente bouflonnerie, elle était sérieuse à certains égards. L'intérêt des idées s’y ajoutait à celuides inventions. Les tragédies qu’on peut appeler satyriques, du type d’Alceste, avaient au contraire à peu de chose près les dimensions des tragédies ordinaires ?. Cela prouve que l’étendue plus restreinte du drame satyrique proprement dit tenait effectivement à sa nalure même et non à l’usage qu’on en faisait.

Page 1