FACÉTIES DORIENNES AS
celte période primitive, nous ne trouvons chez eux en général, comme chez les populations de lAttique, que des essais informes. Sur un seul point, à Mégare, vers la fin du vi siècle, quelque chose apparaît, mais ce quelque chose n’est pas encore la comédie proprement dite. Celle-ci naît en Sicile, avec Épicharme, au commencement du ve siècle ; elle n’est donc pas une création collective et spontanée du génie dorien, mais bien celle d'un homme supérieur, favorisé par des circonstances que nous exposerons plus loin.
On peut lire dans Pollux l'énumération et la description des danses mimiques de la Laconie !. Tout cela ne mérite guère qu'une simple mention dans un exposé général tel que celui-ci. Nous voyons là que, parmi ces danses, 1l y en avait quelques-unes qui étaient de véritables pantomimes comiques. On contrefaisait des estropiés, on s’en allait clopin-clopant sur une jambe de bois, ou bien encore le dos courbé, la tête branlante, on cheminait à pas pesants, en s’appuyant sur un bâton, comme font les vieilles gens. Ceux qui se livraient à ces bouffonneries s’appelaient l'ôxoves et ’Yroyurwves. Onreprésentait aussi de véritables scènes plaisantes : des larcins de fruits et de victuailles, accompagnés de dialogues populaires, ou encore la visite du médecin étranger, que son accent et ses manières rendaient ridicule ?. Toutes ces choses malheureusement nous sont rapportées par des témoins relativement récents, qui ne tiennent aucun compte de la chronologie; de telle sorte qu’il est impossible de savoir si tel trait particulier de ce tableau est bien réellement aussi ancien que nous le supposons ÿ. Contentons-nous donc de constater d’une