LA SICILE
comiques, ce fut, comme Aristote Patteste, le sicilien Épicharme. Il faut donc nous transporter maintenant en Sicile pour assister aux débuts de la comédie, avant de pouvoirétudier en Attique les premiers développements du même genre.
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Il n’est pas douteux qu’au vi° siècle la comédie, sous la forme primitive que nous venons de décrire, n’ait existé en Sicile comme dans les autres parties de la Grèce. La population de Pile, telle que l’avait faite le mélange des races, était remarquable j ar la finesse de son esprit, par son enjouement, parses sailliesspirituelles. « Un Sicilien, dira plus tard Cicéron, n’est jamais si mal en point qu'il ne trouve à dire un bon mot. » Mais, là comme ailleurs, les éléments de la comédie étaient dispersés. Ce qu'elle avait produit de plus remarquable, semble-t-il, c’étaient les iambesd’Aristoxène de Sélinonte, qui devinrent, après les innovations d’Épicharme, comme le type de « l’ancienne manière ?. » Cetle ancienne manière ne différait sans doute que fort peu de celle que nous venons de caractériser sous le nom de farce mégarienne. Qu’elle comportät un peu plus d'idées générales, cela est possible, car cela ne dépendait que de la portée d'esprit du poète. Mais elle consis-
1. Cicéron, Verrines, IV, 43. Cf. Divin. in Cæcil., 9; Orat. IT, 54.
Voir aussi Quintilien, VI, 4, 31.
2. Héphestion (p. 45, Porson) cite ces deux vers d’Épicharme : OÙ roùs idubouc xartov Gp{aTov TPOÔTOV Ov rpätoc etoxynoab” ‘Aprotokevoc… Il cite aussiun vers d’Aristoxène, qui est une moquerie à l’adresse des devins : tis œhufoverav mciotay mapéyer Tv avÜpurwy ; Toi BAVTLES. Cf. Schol. Aristoph. Ploutos, 487. D’après ce passage, Aristoxène se serait servi, quelquefois au moins, du tétramètre anapestique catalectique, qui fut appelé plus tard Aristophanien, à cause du fréquent emploi qu’en fit Aristophane,
tait toujours en courtes scènes; des morceaux de comédie, mais point de comédie à proprement parler. Le genre futur n'existait qu’à l'état diffus; il s'agissait de le condenser, et pour cela il fallait un maitre !.
Au lieu d’un, 1l y en eut deux : Phormis ou Phormos de Syracuse, et, avec lui, Épicharme, le seul vraiment grand ?.
Épicharme naquit à Cos dans la seconde moitié du vie siècle *, À l’âge de (rois mois, il fut transporté à Mégare Hybla, sans doute lorsque Cadmos, tyran de Cos, quitta son pays pour la Sicile avec un certain nombre de ses concitoyens #. Mégare le considéra toujours comme un des siens*. Plus tard, il passa de Mégare à Syracuse, et, selon Suidas, il y fit représenter des pièces en 486 f. Devenu célèbre dans cette ville, 1l y demeura sous les règnes de Gélon et de son frère Hiéron et mourut à 90 ans 7. Quelques récits nous le montrent accueilli à la cour d’Hiéron, malgré ses relations avec des hommes qui étaient suspects au tyran %. — Quant à Phormos, c'était un Syracusain, contemporain d'Épicharme. Familier de Gélon, il fut chargé par lui de l’éducation de ses
4, Bibl. Didot, Sch. graec. in Aristoph., Prolegom. III : Oùroc (Épicharme) pros thv xwuwblav DLEPOULULÉ VV VEXTAGATO.
2. Sur Épicharme, les principales études littéraires sont celles d’Artaud (Fragments pour servir à l’histoire de la comédie antique, Paris, 1863), de M. J. Girard (Épicharme, dans la Revue des Deux Mondes du 15 août 1880; réimprimé dans les Études sur la poésie grecque), enfin le chapitre de M. Denis dans son ouvrage sur la comédie grecque.
3, Diog. Laërce, VIII, 8.
4. Hérodote, VI, 164. Diog. Laerce, pass. cité. Spa ’Ertyapuoc.