‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 210 sur 351 · Id., v · texte numérisé non relu

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sont, mais il les voit plaisamment; son badinage n'est rien, et pourtant 1l anime tout. Çà et làde magnifiques mots composés (LEYXANYAGUOVAS TE YAVVAS ANATPATEAOYAGrôgæs ovou:), drôles par eux-mêmes, par leur son et leurs dimensions, mais plus drôles encore par leur précision pittoresque et par le contrasie de leur majesté avec le réalisme de leur signification. Épicharme a la vision nette et forte des petites choses; en plus, la moquerie prompte et légère, avec un sens de l'effet des mots, qui est d'un artiste en fait de style. Ce curieux mélange de fantaisie et de réalisme n’est nulle part plus sensible peut-être que dans quatre vers de son Bustris, où il représente Héraclès à table. Un narrateur quelconque le décrivait ainsi : « Rien qu’à le voir manger, c'est à en mourir de peur. Grondement sourd du gosier, fracas des mâchoïires, bruit sec de molaires, grincement de canines, des narines qui sifflent, des oreilles qui s'agitent !, » Par ce côté de son talent, Épicharme restait voisin du simple peuple, auquel il avait emprunté la comédie, quand elle n’était rien, pour en faire quelque chose. Il lui faisait d'excellente poésie avec des matériaux vulgaires, il la tirait sans effort du marché oudu cabaret, non en se délectant dansla grossièreté, mais en se servant librement de toutes les choses vues et entendues chaque jour, qu’il agrandissait par la force naturelle de son esprit.

Ainsi doué, Épicharme ne pouvait pas ne pas prêéter à ses personnages un relief frappant. Il devait exceller à les décrire à la fois par le dehors et par le dedans, saisissant d’un coup d’œil le trait caractéristique, soit dans l’âme, soit dans l'extérieur, et le développant avec son amusante faculté de grossissement. Lorsque, dans un passage de l'Espérance, il montrait

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