‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 214 sur 351 · Diog. Laërce, IIT · texte numérisé non relu

Diog. Laërce, IIT

sédons, c'est l’iambique trimètre qui domine. Il n’est pas douteux que ce ne füt là le mètre ordinaire du dialogue dans ses comédies. Toutelois le métricien Héphestion atteste que deux de ses drames, aujourd’hui entièrement perdus, les Choreuontes et l'Epinikion, étaient écrits d’un bout à l’autre en ‘anapestiques tétramètres. Cela donne l’idée d’un dialogue où régnait un mouvement singulièrement énergique. D'autre part, nous savons par deux fragments, cités ou mentionnés plus haut, qu’il usait aussi du tétramètre trochaïque, rythme particulièrement rapide. Les ressources de sa versification étaient donc assez variées. Un seul de ses fragments nous laisse apercevoir quelques traces de rythmes lyriques !.

La langue qu’il faisait parler à ses personnages était naturellement celle des villes doriennes de Sicile. Il est bien probable que le dialecte populaire lui-même y avait sa part, dans quelquesrôles au moins ? : c'était là une des conditions nécessaires du genre. Toutefois les fragments que nous possédons nous permettent d’affirmer qu’en général le langage d'Épicharme était plutôt le dorien tempéré, qui servait sans doute à la bonne société de Syracuse*. C'était une façon de parler familière, mais non commune ni grossière. Il semble que Pinfluence de l’iambe des Ioniens, d’Archiloque en particulier, se soit exercée à cet égard sur le poète de Syracuse pour lui donner plus de liberté, en lui offrant un choix plus étendu. D'ailleurs il puisait aussi, comme tous les poètes grecs, à la source commune de l’antique ‘poésie, épique et lyrique, et bien que la nature même de son

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