Celui qu’Ahrens appelle mitior Doris (p
art l’obligeät à se montrer discret dans ses emprunts, c'était cependant encore un accroissement de ses ressources.
L'habileté d’Épicharme à employer celles dont il disposait était grande. Presque tous ses fragments nous montrent un écrivain qui a le sens le plus vif de la valeur des mots, aussi bien de celle qu’ils ont naturellement que de celle qu’on peut leur donner en les rapprochant, en les opposant, en les détachant, en les accumulant. IL faut citer en ce genre lamusante gradation où un convive racontait les suites d’un banquet.
« À. On sacrifie, puis on dine ; après le diner, on boit. — B. Voilà une bien jolie fête, à mon gré. — A. Après boire, on chante ; après les chansons, on se dispute; après la dispute, on plaide ; après la plaidoirie, on est condamné, et après. la condamnation, la prison, les fers aux pieds et l’amende !. »
Epicharme se sentait adroit à jouer avec les mots, et il aimait à faire preuve de cette adresse. Son esprit, fin et précis, prenait plaisir aux distinctions et aux antithèses. Quelques-unes sont fortes et frappantes : « Habile à parler, non tu ne l’es pas; tu n’es qu'incapable de te taire ?. » D’autres sont vives, piquantes, mais d’une finesse trop dialectique peut-être : « Tantôt j'étais au milieu d’eux, tantôt à côté d’eux *. » D’autres enfin sont de véritables jeux de mots, un peu puérils comme tous les jeux de mots #. A cette finesse se joignaient des qua-