SON ESPRIT A
naître, quand elle lignore; pour les contemporains, il n’y avait là qu’une série de moqueries bien venues, qui donnaient satisfaction à leur jugement intime ou à leur malignité, tout en les amusant prodigieusement.
Les arts contemporains, poésie, musique, sont encore un des objets familiers des moqueries de la comédie. EL, dans ce domaine aussi, toujours par les mêmes raisons, elle est l’amie du passé, le défenseur attitré des habitudes prises, s’appuyant sur le goût moyen pour faire rire de ceux qui cherchent du nouveau. Les audacieux qui changent la vieille musique ou ceux qui: sur le théâtre renouvellent, commeEuripidect Agathon l'antique tragédie, elle les tourne en dérision sans se lasser jamais. Mais, en matière littéraire, ce n’est pas seulement la nouveauté quilui paraît prêter au ridicule. Tout ce qui dépasse la mesure commune, tout ce qui est pompeux, orné, tout ce qui sent l’artifice, même’le plus légitime, et la convention, même la plus naturelle, tout cela lui est bon pour s’en moquer; la tragédie en particulier. Ces personnages héroïques, ces grands’sentiments, cette éloquence solennelle, ce langage archaïque et si éloigné de l’usage courant, autant de particularités, qui lui ménagent, si elle sait les contrefaire à propos, les contrastes les plus imprévus'et les plus amusants. La comédie est donc pleine de la tragédie : elle la parodie à tout propos. C’est, entre les éléments dont elle se compose, celui dont les modernes se rebutent le plus aisément; mais c’était à coup sûr un de ceux qui plaisaient le plus au public athénien. L’allusion, que nous cherchons dans une note,éclatait pour lui avec une force comique irrésistible. Ce qu’il avait entendu tout récemment dans la bouche d'un acteur tragique, ille retrouvait soudain, transposé de la façonla plus drôle, dans celle d’un boulfon : une analogie de situations, des gestes imités, des intonations contrefaites, il n’en fal-