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lait pas plus pour que le fou rire s’emparût Je l'immense assistance.
De tout cela résulte que la comédie du ve siècle, toute folle et fantaisiste qu’elle paraisse, est pourtant une comédie raisonneuse et doctrinaire. Elle mamifeste, plus qu'aucun autre genre peut-être, le goût des Grecs pour les questions générales. Ce qui l’inspire visiblement, c’est bien moins le souci de l'utilité pratique, le désir toujours un peu naïf de corriger les hommes, que le plaisir de la polémique. Elle aide à plaider pour une opinion, non par des arguments sérieux, — sa nature même ne s’y prêtant pas, — mais par des effets dramatiques et bouffons. La verve comique est chez elle en toute occasion au service d’une thèse. C’est là ce qui la caractérise principalement. Les personnalités, les hardiesses de toute sorte ne sont, à le bien prendre, qu’une chose secondaire, car ellesne sont qu’un moyen. Toutefois c'est à ces personnalités et à l’essor capricieux de l’imagination, tantôt dans la licence grossière, tantôt dans H fantaisie légère et gracieuse, que elle doit sa physionomie propre.
Cette comédie remplit les deux derniers tiers du v° siècle. On l’appelle l’Ancienne Comédie, pour la distinguer des autres formes du même genre, qui ont successivement paru au siècle suivant. Nous pouvons à présent parler de ses principaux représentants, et, d’a-
près le peu que nous en savons, essayer de montrer ce
que chacun d’eux a fait pour lui donner le caractère général que nous venons de décrire {.
4. Outre l’Historia crilica de Meïineke, on peut consulter encore sur ces poêtes Bergk, Commentationes de reliquiis comoediae atlicae, Leipzig, 1838.
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Chionidès et Magnès sont cités par Aristote comme les deux plus anciens poètes comiques athéniens qui méritent d’être nommés ; ils étaient tous deux, d’après son témoignage, un peu postérieurs à Épicharme !, On peut conclure de là, comme nous lavons déjà fait ob-
server, que la comédie athénienne ne prit vraiment son
essor qu'après les guerres médiques.
Chionidès toutefois commença, selon Suidas, à faire représenter ses pièces huit ans avant la bataille de Salamine ?. Si ce renseignement est exact, il est probable que ce fut avec peu de succès. Sa notoriété ne s’établit que quelques années plus tard. Elle ne semble pas d’ailleurs avoir été jamais brillante. Aristophane, quand il mentionne, dans la parabase des Chevaliers, ses plus illustres prédécesseurs, ne nomme pas Chionidès. Trois de ses comédies nous sont connues par leurs titres : les Héros, les Mendiants, les Perses?. Les dix ou douze vers isolés qui nous restent sous son nom ne sont peut-être pas tous authentiques, et ceux qui paraissent l'être nous renseignent bien peu sur son mérite. Deux de ces vers nous laissent deviner une vive remontrance d’un père à son fils; deux autres, une plainte assez plaisante du jeune homme, mécontent de faire campagne sous la pluie et dans la boue #. Si peu que ce soit, nous entrevoyons là des parties au moins de vraie comédie.
1. Aristote, Poélique, c. 3 : "Erityapuocs 6 morntns, [où] mod® mpôtepos ©v Xtwviôov xat Mayvrroc. Bien entendu, il ne faut pas conclure de là qu’Épicharme était mort quand Chionidès et Magnès se firent connaître. Il suffit, pour qu’Aristote ait pu parler ainsi, que la réputation d’Épicharme fût établie quand les poëtes athéniens étaient encore inconnus.