‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 228 sur 351 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

4, Fragm. 1 et 2, Kock.

Le nom de Magnès a plus de relief. Un peu plus jeune que Chionidès, il fut vainqueur au concours de comédie dans la dernière période de la vie d’Eschyle ?. Suidas ne lui attribue que deux victoires; un autre témoin en mentionne onze, et cela semble confirmé par la façon dans Aristophane parlait de lui en 424 : — « Je savais, dil-il, ce qui est arrivé à Magnès, quand lui vinrent les cheveux blancs. Nombreux pourtant étaient

les trophées qu’il avait dressés, vainqueur de ses ri-.

vaux . » Magnès fut donc vraiment le poète comique à la mode pendant une série d'années ‘. Mais, en vieilhssant, sa verve s’affaiblit, et son succès se changea en désastre. C'est encore Aristophane qui nous l’apprend, et on même temps il nous donne une idée des inventions de son prédécesseur : « C’est en vain qu'il parlait pour vous séduire toutes sortes de langages, qu’il jouait du luth, battait des ailes, faisait le Lydien, se déguisait en cinips, teignait ses vêlements en peau de grenouille ; il neplaisaitplus ; età la fin, déjà sur l’âge, — par un malheur qu'il n'avait pas connu dans sa jeunesse, — il fut chassé de la scène, lui, vieillard, parce que sa verve railleuse l'avait abandonné 5. » Voilà en bien peu de mots toute une vie de poète, brillante et triste. Magnès dut être un homme d'imagination, qui sut donner les formes de la plus folle fantaisie à la vieille satire dionysiaque. Tant que ses inventions se renouvelèrent, il amusa le peuple; mais la force de la pensée lui manquait; on se lassa de ses bouffonneries, et on s’aperçut alors qu’une fois cela écarté il ne restait rien. D’après ce passage d’Aristophane et d’autres témoigna-

1. Suidas, Mäyvns. Cf. Schol. Aristophane, Chevaliers, 520. 2. Voir le témoignage épigraphique cité plus haut, p. 463, note 5.

Page 1